Des territoires inégaux en Europe face aux maladies cardiovasculaires

Entre 2008 et 2010, plus de 44.000 personnes sont mortes des suites de maladies cardiovasculaires (Credit: [nito]/Shutterstock)

Les maladies cardiovasculaires ne touchent pas les régions de la même façon. Des disparités régionales se font sentir dans en France. Au niveau européen, les différences entre Est et Ouest restent fortes.  

La mortalité prématurée due aux maladies cardiovasculaires a baissé de 21,7 %  en France sur la période 2008-2009 par rapport à la dernière enquête 2000-2002. Mais les inégalités entre les territoires perdurent.

Dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire, l’Institut de veille sanitaire relève d’importantes disparités régionales. Ainsi en France métropolitaine, trois régions (Nord-Pas-de-Calais, Haute-Normandie et Picardie) ont des taux de mortalité prématurée fortement supérieurs à la moyenne nationale (25,7 pour 100.000 habitants) pour l’ensemble des maladies cardiovasculaires. Cette tendance se retrouve également dans les départements d’outre-mer, qui sont dans le rouge.

De leur côté, les régions Rhône-Alpes, Île-de-France, Pays de la Loire et Midi-Pyrénées ont des taux de mortalité bien inférieurs à la moyenne nationale.

Entre 2008 et 2010, les maladies cardiovasculaires ont tué plus de 44.000 personnes en France et sont la troisième cause de mortalité prématurée (avant 65 ans). 

De nombreux facteurs jouent sur les inégalités.

Selon le document, les disparités régionales sont dues à des facteurs de risques inégalement répartis. Les facteurs liés aux comportements individuels tels que la mauvaise hygiène de vie, l’obésité, le tabac, le diabète ou encore l’alcool.

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De même, l’âge, le niveau socio-économique tout comme la qualité de la prise en charge des patients sont aussi des facteurs de risques. D’après les chercheurs, la mortalité prématurée due aux maladies cardiovasculaires est fortement liée à la prévalence de l’obésité et au nombre de bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMUc).

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Selon le bulletin, des « efforts supplémentaires de prévention primaire nécessitent d’être portés dans les régions les plus touchées afin de réduire les inégalités territoriales de mortalité prématurée par pathologie cardiovasculaire.

Des disparités visibles aussi au niveau européen

Si les différentes régions françaises ne sont pas toutes égales face à la maladie, cette tendance se vérifie aussi au niveau européen. En Europe, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité avec environ quatre millions de décès par an.

Une étude publiée en août dernier dans l’European Heart Journal indique des divergences persistantes entre les pays. Dans plusieurs pays à hauts revenus, les chercheurs constatent un recul des décès dus à ces pathologies. Ainsi le Danemark, les Pays-Bas, la Belgique, la France, le Luxembourg, la Slovénie, le Portugal et l’Espagne ont le plus bas taux de mortalité. 

D’après Nick Townsend, l’un des auteurs de l’étude, cette diminution peut s’expliquer à une meilleure reconnaissance des facteurs de risques, à la lutte contre le tabagisme ou encore à une meilleure prévention. Cependant, l’augmentation de l’obésité dans la population pourrait inverser cette tendance.

Par ailleurs, d’importantes inégalités ont été constatées entre les pays de l’Est et les pays de l’Ouest de l’Europe. Dans de nombreux pays d’Europe de l’Est, la mortalité prématurée liée aux maladies cardiovasculaires est beaucoup plus importante que dans les pays de l’ouest. La Russie, le Bélarusse sont les deux pays avec le plus haut taux de mortalité. En Russie par exemple, le taux de mortalité lié aux maladies cardiovasculaires est six fois supérieur à celui de la France.

De même, l’étude met en évidence les disparités entre hommes et femmes. En effet la proportion de décès attribuables aux maladies cardiovasculaires en plus importante chez les femmes (51 %) que chez les hommes (42 %). Selon la Fédération française de cardiologie, ces pathologies représentent la première cause de mortalité, chez les femmes de plus de 65 ans. Ces dernières sont moins protégées, moins bien dépistées et plus exposées, notamment à cause de l’évolution de leur mode de vie.

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Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires et le cancer, sont de loin la principale cause de mortalité dans le monde, représentant 60% des décès.

Environ quatre millions de personnes en Europe et 1,5 millions de personnes dans l'Union européenne meurent chaque année de maladies cardiovasculaires, selon l'European Heart Network (EHN) et la Société européenne de cardiologie (ESC). Les principales formes de maladies cardiaques sont les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux.

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