Des thromboses ont été signalées chez des personnes vaccinées par Pfizer et Moderna, mais l’EMA n’ouvre pas d’enquête

À l'échelle mondiale, plus de 300 cas ont été recensés dans lesquels des personnes ayant reçu un vaccin contre le COVID-19 ont développé des caillots sanguins et un faible taux de plaquettes. Si l'on inclut les cas européens, ils se répartissent de la manière suivante : 25 cas signalés par Pfizer et 5 par Moderna, 287 par AstraZeneca et 8 par Janssen. [solarseven/shutterstock]

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a reçu des rapports mettant en évidence onze cas de thrombose avec thrombocytopénie faisant suite à la vaccination par Pfizer et deux cas consécutifs à l’utilisation de Moderna au sein de l’Espace économique européen. Elle ne va cependant pas encore ouvrir d’enquête spécifique et va continuer à surveiller, a déclaré à Euroefe une source du régulateur.

Selon la source de l’EMA, « si quelques cas de caillots sanguins avec un faible taux de plaquettes ont été rapportéslorsqu’ils sont observés dans le contexte de l’exposition des personnes aux vaccins, ces chiffres sont extrêmement faibles et n’engendrent pas de préoccupations » pouvant entraîner le lancement d’une enquête spécifique sur le risque de développer des thromboses avec ces deux préparations, qui utilisent la même technologie d’ARN messager.

Cependant, ajoute la source, l’EMA « suit de près les cas signalés après l’utilisation des vaccins contre le COVID-19 Comirnaty (le nom commercial du vaccin Pfizer/BioNTech) et Moderna », mais « considère pour l’instant qu’il n’y a pas de signaux » d’alarme concernant le risque de caillots sanguins avec ces vaccins.

Dans le cas de Pfizer, un total de onze cas de thrombose avec thrombocytopénie (anomalie de la quantité de plaquettes dans le sang) a été signalé jusqu’au 13 avril au sein de l’Espace économique européen (EEE), qui comprend l’UE, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein, et où environ 60 millions de doses de ce vaccin ont été administrées.

Vaccin BioNTech-Pfizer : l'UE active une option pour 100 millions de doses supplémentaires

Au total, l’UE a reçu au premier trimestre 67 millions de doses du vaccin BioNTech-Pfizer, et en attend 250 millions au cours du deuxième trimestre.

Parallèlement, plus de 5 millions de doses de Moderna ont été injectées et seuls deux cas de thrombose avec thrombocytopénie ont été signalés au sein de l’EEE.

« À titre de comparaison, 142 cas de thrombose avec thrombocytopénie ont été signalés avec Vaxzevria (le nom commercial du vaccin d’AstraZeneca) au sein de l’EEE au 13 avril et plus de 17 millions de doses avaient été administrées », ajoute la source de l’EMA.

À l’échelle mondiale, plus de 300 cas ont été recensés par EudraVigilance – le réseau européen de traitement des données sur les effets indésirables des médicaments au sien de l’EEE -, dans lesquels des personnes ayant reçu un vaccin contre le COVID-19 ont développé des caillots sanguins et un faible taux de plaquettes. Si l’on inclut les cas européens, ils se répartissent de la manière suivante : 25 cas signalés par Pfizer et 5 par Moderna, 287 par AstraZeneca et 8 par Janssen.

Vaccins : l'UE poursuit AstraZeneca pour ses retards de livraisons

L’exécutif européen a également annoncé la semaine dernière ne pas avoir activé l’option dont disposait l’UE pour acheter 100 millions de doses supplémentaires.

Contrairement à ceux qui utilisent l’ARN messager, les vaccins d’AstraZeneca et de Janssen reposent sur une autre technique : un vecteur adénoviral dérivé d’un adénovirus causant le rhume respectivement chez le chimpanzé et chez l’homme, génétiquement modifié pour qu’il ne puisse pas se répliquer et provoquer la maladie et transformé par l’insertion du gène codant la protéine spike du virus Sars-Cov-2.

« L’EMA et les États membres de l’UE continueront à surveiller et à évaluer toute nouvelle information, y compris les rapports sur les effets secondaires présumés, liés à tous les vaccins contre le COVID-19, et prendront des mesures si nécessaire pour protéger la santé publique », a assuré l’agence qui, pour l’instant, maintient son aval scientifique à la sécurité de tous les vaccins autorisés sur le territoire de l’UE.

Le comité de sécurité de l’EMA (PRAC), basé à Amsterdam, a dû ouvrir deux enquêtes distinctes sur le risque de caillots sanguins avec les vaccins AstraZeneca et Janssen. Il a conclu à l’existence d’un « lien possible » entre plusieurs accidents thromboemboliques signalés et la vaccination avec ces préparations, et a décidé d’ajouter une mention de cet effet secondaire inhabituel possible dans la notice des vaccins.

Pour l’heure, les quatre vaccins mentionnés disposent d’une autorisation conditionnelle d’utilisation dans l’Union européenne et sont activement utilisés dans le cadre des campagnes de vaccination contre le COVID-19.

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