Deux fois plus de citoyens européens souffrent de solitude en raison de la pandémie

Une jeune femme devant son ordinateur portable à son domicile de Moenchengladbach, en Allemagne, le 12 janvier 2021. [EPA-EFE/SASCHA STEINBACH]

Un citoyen de l’Union européenne sur quatre a déclaré se sentir seul au cours des premiers mois de la pandémie de coronavirus, soit deux fois plus qu’en 2016, selon un rapport du Centre commun de recherche de la Commission européenne. Un article d’Euroefe.

Le sentiment de solitude a doublé dans tous les groupes d’âge au cours des premiers mois de la crise sanitaire, avec une multiplication par quatre pour les 18-35 ans par rapport à 2016, ce qui a pu avoir un impact « néfaste » sur leur santé mentale et physique, selon un rapport publié lundi 26 juillet par le Centre commun de recherche de la Commission européenne (CCR).

La solitude touche l’ensemble de l’Europe, avec des taux allant de 22 % à 26 % dans toutes les régions, contrairement à la période précédant la pandémie, où elle était plus faible en Europe du Nord.

En outre, le fait d’être célibataire engendre un impact plus important des mesures de distanciation sociale, car la proportion de personnes vivant seules et affirmant se sentir isolées a augmenté de plus de 22 % par rapport à 2016.

En revanche, pour les personnes vivant avec un partenaire ou des enfants, l’augmentation n’a été que de 9 %.

Les médias ont également intensifié leur couverture de ce phénomène, la sensibilisation au problème étant très variable selon les États membres.

Un tiers de l’information sur la solitude et l’isolement social relayée par les médias porte sur leur impact sur la santé, alors que 10 % des articles traitent également de l’impact économique de cette réalité.

Dubravka Suica, la vice-présidente de la Commission européenne chargée de la démocratie et de la démographie, a souligné que la solitude et l’isolement social existaient déjà avant le covid-19, « mais [que] le public y était moins sensibilisé ».

« Grâce à cette nouvelle étude, nous pouvons commencer à mieux comprendre ces problèmes et à les traiter plus efficacement », a-t-elle ajouté.

L’étude conclut que la solitude et l’isolement social sont de plus en plus reconnus comme de graves problèmes de santé publique qui méritent l’attention et doivent être traités par des stratégies d’intervention efficaces.

Mariya Gabriel, la commissaire européenne chargée de l’innovation et de la recherche, a pour sa part déclaré que les informations fournies par les scientifiques du CCR étaient « précieuses » et que le rapport constituait « une base pour une analyse plus approfondie afin que la solitude et la distanciation sociale puissent être comprises et traitées en Europe ».

Ce rapport constitue la première étape d’un projet de collaboration plus large entre le Parlement européen et la Commission, qui comprendra une nouvelle collecte de données en 2022 sur la solitude dans l’ensemble de l’UE et la création d’une plateforme web pour suivre, sur le long terme, l’évolution du sentiment d’isolement au sein des 27 États membres.

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