Dose de rappel Covid : les ministres de l’UE demandent une harmonisation des règles

Mardi 29 mars, les ministres de la Santé des 27 membres de l'UE se sont réunis à Bruxelles pour discuter des prochaines étapes dans la stratégie du bloc en matière de vaccins ainsi que de la crise sanitaire en Ukraine. [EU Council]

Un groupe d’États membres de l’Union européenne a demandé à la Commission européenne de soutenir une approche coordonnée pour l’administration de la quatrième dose du vaccin contre la Covid-19, alors que certaines différences entre les États membres se font déjà sentir.

Lors de la réunion des ministres de la Santé des 27 États membres de l’UE qui a eu lieu mardi 29 mars à Bruxelles, l’Allemagne et l’Italie étaient au premier rang de ceux qui ont plaidé en faveur d’une position unifiée concernant le calendrier et les groupes pour lesquels la quatrième dose devrait être administrée.

« Des choix incohérents dans les différents pays européens ne font que semer la confusion dans les esprits et n’aident pas les campagnes de vaccination », a estimé le ministre italien de la Santé, Roberto Speranza, lors d’un point presse à l’issue du Conseil.

À l’heure actuelle, la question de la deuxième injection de rappel supplémentaire est particulièrement fragmentée, certains États membres administrant déjà la quatrième dose aux personnes immunodéprimées, tandis que d’autres pays ont ouvert cette possibilité aux personnes âgées de plus de 60 ou 75 ans.

Certains États membres n’ont pas encore prévu de deuxième dose de rappel, l’Agence européenne du médicament (EMA) poursuivant son travail de collecte de données à cet égard.

Les fabricants de vaccins, l’entreprise allemande BioNTech et le géant pharmaceutique américain Pfizer, sont convaincus qu’une quatrième dose est nécessaire. Les régulateurs américains ont autorisé mardi (29 mars) le deuxième rappel du vaccin contre la Covid des deux fabricants pour les personnes de 50 ans et plus.

Une position commune est attendue « dans les prochains jours ».

La commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a répondu au ministre que les autorités sanitaires de l’UE examinent actuellement toutes les données et présenteront très bientôt des recommandations appropriées.

« Dans les prochains jours ou la semaine prochaine ce serait parfait. Nous espérons être en mesure d’avoir une position coordonnée et harmonisée », a déclaré le ministre français de la Santé Oliver Véran, qui assure la présidence tournante du Conseil « Santé » de l’UE.

Mme Kyriakides s’est fait l’écho des propos de M. Véran en déclarant que le facteur temps est essentiel dans cette affaire. « Il est essentiel que nous disposions d’une stratégie commune et appropriée, notamment en prévision de l’hiver à venir », a-t-elle ajouté.

Elle a fait référence à de nouvelles données obtenues en Israël, qui montrent que la quatrième dose pourrait permettre d’améliorer la protection de la population âgée et des personnes dont le système immunitaire est gravement affaibli.

M. Véran a mentionné d’autres études sur le deuxième rappel, qui sont actuellement réalisées en France et en Allemagne et qui pourraient venir enrichir le débat scientifique. « Nous pensons que nous devrions être en mesure de trouver un consensus », a-t-il indiqué.

« Dans tous les cas, notre approvisionnement en vaccins est sécurisé », a rassuré Mme Kyriakides. « Et je pense qu’il est important que nous donnions des messages clairs et cohérents aux citoyens dans cette situation. »

La crise ukrainienne renforce « l’urgence » de la situation

Mme Kyriakides a invité les États membres de l’UE à rester vigilants et à poursuivre la campagne de vaccination, car la pandémie de Covid-19 « est toujours parmi nous » et « la vaccination est aussi importante aujourd’hui qu’il y a quelques mois ».

« Malheureusement, nous constatons que les vaccinations stagnent au moment même où les restrictions sont levées », a-t-elle déclaré. « Et cela est compréhensible. Les gens sont fatigués. Les économies sont épuisées. »

Toutefois, elle a souligné que si 72 % de la population du bloc a reçu sa première dose de vaccin et que plus de 52 % a reçu sa dose de rappel, il y a encore plus de 100 millions de personnes non vaccinées ou qui ne le sont que partiellement en Europe.

« La vaccination reste notre meilleur outil pour lutter contre la pandémie, et nous devons être prêts pour les mois d’automne et d’hiver », a-t-elle déclaré.

Mme Kyriakides a également souligné que l’arrivée de millions de personnes en provenance d’Ukraine ajoute « un niveau d’urgence supplémentaire à notre travail » pour assurer cette protection par la vaccination.

Par exemple, il est nécessaire de s’attaquer à la faible couverture vaccinale pour les maladies à prévention vaccinale telles que la tuberculose, la polio et la rougeole, en particulier chez les enfants.

La Commission européenne a créé un système permettant de diriger les dons, qui proviennent également du secteur privé, directement depuis l’Ukraine et les pays voisins.

Mme Kyriakides a annoncé que le nouveau service de préparation sanitaire de la DG HERA de la Commission (Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire) a obtenu 200  000 vaccins contre la diphtérie et le tétanos de la société française Sanofi pour l’Ukraine. Dans le même temps, 70  000 autres vaccins seront envoyés en République tchèque, en Slovaquie et en Moldavie par le biais du mécanisme de protection civile de l’UE.

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