Andriukaitis compte mener la vie dure au «vapotage»

plus de deux millions de Britanniques se sont convertis au vapotage. [Vaping360/ Flickr]

Le commissaire à la santé ne veut pas que les cigarettes électroniques soient présentées comme un énième produit à la mode pour attirer les jeunes européens, qui se convertissent en masse au vapotage.

Non, le vapotage n’est pas « cool ». Vytenis Andriukaitis, le commissaire à la santé compte bien encadrer la publicité qui présente les e-cigarettes comme une énième technologie « cool » pour attirer les jeunes. « Ce n’est simplement pas acceptable », a-t-il affirmé à EURACTIV.

« Notre tâche est de nous assurer que nos enfants ne se mettent pas à fumer, et je ferai tout mon possible pour faire entendre ce message », a-t-il déclaré, soulignant que l’impact du vapotage, comme des autres produits liés au tabac, doit faire l’objet d’un vrai suivi.

« C’est pourquoi la nouvelle loi européenne prévoit des normes de sécurité spécifiques pour les cigarettes électroniques. Celles-ci doivent également arborer un avertissement de sécurité », a continué le commissaire. « Si elles sont vendues aux citoyens pour qu’ils arrêtent de fumer, cela doit être bien fait et la consommation devrait être suivie par un spécialiste. »

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Le vapotage a la cote

Les jeunes Britanniques sont les Européens qui remplacent avec le plus d’enthousiasme les cigarettes traditionnelles par des e-cigarettes, selon une étude sur le sujet. Celle-ci révèle que depuis quatre ans un Britannique adopte les e-cigarettes toutes les quatre minutes. Au total, 2,2 millions de citoyens du Royaume-Uni utilisent à présent des cigarettes électroniques, soit une augmentation de 55 % en trois ans. Ils sont suivis par les 1,5 million de Français, les 760 000 d’Italiens et les 750 000 d’Allemands qui ont adopté cette pratique.

L’étude, conduite par Ernst&Young pour British American Tobacco, indique également que le nombre de Polonais utilisant les e-cigarettes a explosé, augmentant de près de 250 % ces trois dernières années, pour atteindre 756 000 personnes. Ses auteurs font cependant remarquer que 850 000 Britanniques ont totalement arrêté de fumer grâce aux cigarettes électroniques.

La transition massive des Britanniques « pourrait être liée » au fait que différents organismes, notamment une agence du ministère de la Santé, ont annoncé que les e-cigarettes étaient « 95% moins nuisibles que les cigarettes ». C’est en effet ce que disent la majorité des vapoteurs, qui assurent avoir adopté les cigarettes électroniques « parce qu’elles sont perçues comme moins dangereuses ou comme une aide pour fumer moins ou arrêter de fumer ».

>> Lire : Une étude recommande les cigarettes électroniques contre le tabagisme

En avril dernier, le collège royal des physiciens, une association professionnelle britannique œuvrant pour l’amélioration des pratiques médicales, a publié un rapport soutenant l’argument selon lequel les cigarettes électroniques ont probablement un effet positif sur la santé publique.

« Les fumeurs peuvent être rassurés et encouragés à les utiliser. Le public doit savoir que les e-cigarettes sont beaucoup plus sûres que les cigarettes à fumer », conclut ce rapport.

Réactions

« Notre rapport montre que [les cigarettes électroniques constituent] un marché qui croît et évolue rapidement », a déclaré Peter Arnold, directeur d’Ernst&Young. « Les consommateurs encouragent l’innovation en termes d’appareils, de saveurs et de niveau de nicotine. Il y a aujourd’hui davantage de consommateurs et il est prouvé que de plus en plus de gens cessent d’utiliser un mélange de cigarettes traditionnelles et électriques au profit de ces dernières. »

Selon Kingsley Wheaton, directeur exécutif pour les produits de prochaines générations à la British American Tobacco, le Royaume-Uni est l’un des environnements législatifs les plus progressistes à ce sujet, ce qui se traduit par un comportement favorable du public.

« Le gouvernement britannique a créé un environnement qui permet aux consommateurs de s’informer sur les produits et de s’en procurer, et aux entreprises d’innover et de fournir des appareils de vapotage de qualité », estime-t-il, ajoutant que l’approbation des spécialistes convainc le public, et que « l’adoption des e-cigarettes ne peut être que bénéfique ».

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