« Emmerder » les non-vaccinés : nouvelle nuit de tension à l’Assemblée après la petite phrase d’Emmanuel Macron

Les propos du Président Macron dans Le Parisien ont suscité la cohue à l'Assemblée nationale dans la nuit de mercredi 5 janvier. [JOHN THYS/EPA]

Dans la nuit de mercredi (5 janvier), la séance de débat à l’Assemblée sur le passe vaccinal a été suspendue une nouvelle fois vers 2h du matin, notamment en raison de la forte polémique suscitée par les propos du Président de la République Emmanuel Macron.

Dans une interview accordée au Parisien, M. Macron a affirmé sa volonté de vouloir « emmerder les non-vaccinés », paraphrasant la fameuse phrase de Georges Pompidou, qui avait déclaré « arrêtez d’emmerder les Français ! ».

Loin de passer inaperçue, cette petite phrase a rapidement enflammé le débat sur le passe vaccinal à l’Assemblée nationale, qui avait repris peu avant minuit mardi soir (4 janvier).

Dès la reprise de la séance, un rappel au règlement a été formulé par le député et candidat à la présidentielle, le communiste Fabien Roussel, qui s’est ému des propos du Président, et a demandé au Premier ministre de se rendre devant la représentation nationale afin qu’il puisse s’en expliquer.

Jean Castex n’a, finalement, pas fait le déplacement.

Par la suite, de nombreux autres rappels au règlement et suspensions de séance de la part des oppositions ont continué de jalonner le débat tout au long de la soirée, jusqu’au moment où, vers 2h du matin, le président de séance Marc Le Fur (vice-président LR de l’Assemblée nationale) a jugé que « les conditions d’un travail serein [n’étaient] pas réunies ».

L’opposition a conspué unanimement les propos présidentiels. Mme Pécresse s’est dite « indignée » sur CNEWS tandis que Jean-Luc Mélenchon a jugé la saillie du président « consternante ».

Les marcheurs, quant à eux, ont tenté de défendre leur chef, autant que faire se peut, en expliquant que si ses mots pouvaient paraître brutaux, l’attitude des non-vaccinés l’était d’autant plus.

Autrement dit, M. Macron dit tout haut ce que vaccinés et soignants pensent tout bas, selon la macronie.

Le débat autour du passe vaccinal a malgré tout permis d’adopter de manière quasi-unanime un amendement porté par la socialiste Cécile Untermaier (et sous-amendé par le gouvernement), qui prévoit d’en exempter les 12-15 ans pour les activités sportives et les loisirs – ces jeunes devront toutefois présenter un passe sanitaire, comme c’était le cas jusque-là.

Couac à l'Assemblée nationale après la suspension de l'examen du futur passe vaccinal

Les députés de l’opposition ont voté une suspension de séance dans la nuit du 3 au 4 janvier, mettant la majorité présidentielle en difficulté dans sa volonté d’aller vite vers l’adoption du passe vaccinale.

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