Enfants sans bras: un 8ème cas dans l’Ain

Agnès Buzyn a relancé une enquête. [Mutualité française/Flickr]

Un petit garçon est né sans bras en 2012 dans le même périmètre que les sept autres cas déjà révélés dans l’Ain. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Une pierre de plus dans le jardin de Santé publique France (SpF). L’existence d’un huitième bébé souffrant d’agénésie transverse du membre supérieur a été révélé ce 29 octobre par le registre des malformations congénitales en Rhône-Alpes (Remera). Des informations dont ne disposaient pas jusqu’à présent l’Agence régionale de santé et SpF. Le petit garçon serait né en 2012 dans une maternité du Rhône n’étant pas équipée de dossier médical informatisé, ce qui explique que ce cas n’avait pas été recensé.

« C’est la mère de famille qui m’a spontanément contactée, en fin de semaine dernière, pour s’assurer que son fils avait bien été comptabilisé dans les sept cas recensés dans la zone », explique au journal Le Monde Emmanuelle Amar, directrice du Remera. « Après vérification, son nom était inconnu du registre. L’enfant est né en 2012 et le lieu de résidence est proche du cœur du cluster [agrégat de cas]. »

Trouble épidémiologie

Deux autres séries de bébés nés sans bras ont été mises à jour, l’une de quatre cas dans le Morbihan, l’autre de trois cas en Loire-Atlantique. Début octobre, SpF publiait trois études sur ces ‘clusters’. Verdict: il existe un excès de risque significatif pour ceux de Loire-Atlantique et du Morbihan, mais rien qui dévie significativement de la moyenne nationale dans l’Ain.

Une conclusion sévèrement critiquée par trois épidémiologistes dans Le Monde, qui pointaient des erreurs « grossières » et « indignes ». Fait frappant, cette enquête, la seule des trois à ne pas être signée, n’avait analysé les sept cas que commune par commune (ce qui laisse toute sa chance au hasard), puis les avait ramenés à l’échelle du département (ce qui engendre une dilution statistique).

Des médecins sonnent l'alerte sur les perturbateurs endocriniens

Les gynécologues-obstétriciens sont vent debout contre les perturbateurs endocriniens : jeudi 1er octobre, leur fédération internationale a publié un premier appel en ce sens, où ils conseillent notamment aux femmes enceintes de manger bio. En France, les médecins peinent à s’y mettre.

Retourner voir les cas

Aucune analyse n’a été menée au niveau de la zone touchée, à savoir par groupement des sept communes concernées, ce qui aurait été plus judicieux d’un point de vue statistique. De plus, aucune des trois études n’a mis en évidence une possible origine à ces cas. Chacune de ces trois séries est survenue en zone agricole, un fait qui soulève la possibilité d’une toxicité liée aux pesticides.

Là aussi, Santé publique France n’a identifié aucun élément confortant cette piste. «J’ai relancé une enquête avec deux agences [SpF et l’Anses] », a déclaré Agnès Buzyn aujourd’hui. « L’idée est de retourner voir tous les cas. »

Licenciement suspendu

Le licenciement d’Emmanuelle Amar, et de cinq de ses collègues, du Remera a été suspendu en début de semaine. La scientifique voit cette décision sans «aucune autre information» comme une « épée de Damoclès au-dessus de leur tête ».

Agnès Buzyn avait assuré quelques jours plus tôt qu’il était « hors de question d’arrêter la subvention des registres ». « Quand on a un registre qui fonctionne, il ne faut surtout pas l’arrêter. »

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