L’environnement doit faire partie intégrante de la lutte contre la précarité menstruelle

Mardi (24 novembre), l’Écosse a adopté une loi visant à garantir la gratuité des protections hygiéniques et à mettre un terme à la précarité menstruelle. [m.p.3. / Flickr]

Mardi (24 novembre), l’Écosse a adopté une loi visant à garantir la gratuité des protections hygiéniques et à mettre un terme à la précarité menstruelle. Néanmoins, les répercussions des produits jetables sur l’environnement et la santé doivent encore être abordées.

En moyenne, les femmes utilisent entre 11 000 et 12 000 de produits menstruels jetables au cours de leur vie, ce qui représente entre 1 500 € et 7 500 € en fonction de l’État membre.

Ces produits contiennent parfois jusqu’à 90 % de pétrole brut, sans oublier des traces de pesticides et de perturbateurs endocriniens.

Ils produisent environ 590 000 tonnes de déchets annuellement au sein du navire européen et font partie du top 5 des produits plastiques jetables qui polluent nos océans, avec 340 000 tonnes rejetées en Écosse, d’après Zero Waste Scotland, une organisation spécialisée dans l’environnement.

« Ces produits ont une empreinte environnementale énorme. Beaucoup sont composés de plastique, dont la décomposition et désintégration sont particulièrement difficiles », a indiqué Catherine Bozec, gestionnaire des campagnes consommateurs chez Zero Waste Scotland.

Il faut davantage sensibiliser la population aux répercussions environnementales et sanitaires des produits jetables, a déclaré Tatiana Zorina, responsable des projets liés à la précarité menstruelle au Dundee & Angus College.

« Même aujourd’hui, je parlais à une étudiante et je lui ai dit : “Sais-tu que toutes ces serviettes contiennent jusqu’à 90 % de plastique, des pesticides, des agents chimiques et même de l’eau de javel ?” », a-t-elle poursuivi, ajoutant que la jeune femme ne s’en était pas rendu compte et avait décidé d’arrêter de les utiliser directement.

« C’est un exemple parfait qui illustre le manque de sensibilisation au sujet des protections hygiéniques et de leur empreinte non seulement sur notre environnement, mais également sur notre santé […] Il faudra attendre des années avant que chacun se tourne vers les produits réutilisables, mais nous y parviendrons. Étant donné que ces produits ont l’avantage d’être réutilisables, vous ne vous retrouverez plus jamais en situation de précarité menstruelle« , a-t-elle renchéri.

La Commission européenne croise le fer avec les perturbateurs endocriniens

Après son étude sur la législation actuelle concernant les perturbateurs endocriniens (PE), la Commission européenne propose désormais un nouveau train de mesures visant à en étoffer le cadre juridique.

La loi écossaise permettra le versement de contributions financières aux universités afin d’y distribuer des produits réutilisables gratuits, comme des coupes et culottes menstruelles.

Bien que la composition des produits jetables en fasse sourciller plus d’un, leurs fabricants ne sont pas juridiquement contraints d’y apposer les composants, car ceux-ci sont considérés comme du matériel médical.

En 2018, l’Agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a appelé à davantage de restrictions, conformément à la directive REACH, après la découverte de pesticides interdits à l’échelle européenne dans des protections hygiéniques.

Des traces de dioxine hautement toxique, de perturbateurs endocriniens, d’agents cancérigènes, de parfum, d’hydrocarbones polycycliques aromatiques avaient également été décelées.

Le niveau d’éducation à la gestion de l’hygiène menstruelle varie à travers l’UE. Les femmes adeptes de la religion orthodoxe ne sont d’ailleurs toujours pas autorisées à participer à la messe lors de leur cycle menstruel.

L’Europe devrait désormais suivre l’exemple de l’Écosse en adoptant des lois visant à mettre fin à la précarité menstruelle et à améliorer les actions de sensibilisation, d’après Mme Zorina.

En 2018, Zero Waste Europe a exprimé plusieurs critiques envers la proposition de la Commission européenne pour une directive sur la réduction de l’utilisation des plastiques à usage unique, arguant que Bruxelles avait échoué à saisir l’occasion pour s’atteler à la baisse de la précarité menstruelle et réduire l’exposition des femmes aux produits chimiques nocifs. « S’assurer que les protections hygiéniques réutilisables et non toxiques sont rendues disponibles partout à travers le bloc devrait être une priorité de cette proposition« , avait maintenu l’ONG.

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