Athènes et Copenhague se disputent l’Agence des médicaments

L'agence européenne des médicaments doit déménager de Londres. [Steven Depolo/Flickr]

Les critères de relocalisation de l’Agence européenne des médicaments après le Brexit ne devraient pas être politiques, estiment des représentants danois et grecs.

L’Agence européenne des médicaments (EMA), l’autorité européenne qui assure la sûreté et la pertinence des médicaments offerts aux 500 millions de citoyens européens, est actuellement située à Londres. Mais le Brexit va forcer l’agence à déménager dans une autre ville.

Selon les informations d’Euractiv, la procédure de relocalisation de l’EMA sera lancée dès que l’article 50 sera activé. Le Conseil devra s’accorder sur la ville d’accueil, qui devrait tirer des bénéfices économiques grâce aux 900 emplois rémunérés par l’UE.

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La procédure de relocalisation n’a pas encore officiellement commencé, mais la discussion sur les critères à considérer dans le choix du prochain pays d’accueil a déjà été entamée. Parmi les pays européens ayant déjà exprimé leur intérêt pour l’agence des médicaments, on retrouve l’Allemagne, la Croatie, le Danemark, la France, la Grèce, l’Italie, l’Irlande et la Suède.

Le Danemark veut des critères apolitiques

Copenhague accueille déjà le Bureau régional de l’Europe de l’Organisation mondiale de la santé. Nombre d’observateurs estiment qu’il s’agit là d’un atout. Dans une interview avec Euractiv, Lars Rebien Sørensen, envoyé du Danemark auprès de l’EMA, a déclaré que son but était de créer une coalition afin d’assurer que l’agence s’installe dans une ville attrayante pour son personnel, ses nouvelles recrues et tous ses collaborateurs.

« Selon nous, l’environnement de Copenhague, qui a un bon niveau académique et une tradition de bonne gouvernance, permettra à l’EMA de continuer à fonctionner aussi bien qu’elle le fait à Londres », a-t-il indiqué.

Le représentant ne se laisse pas démonter par les questions sur le coût de la vie dans la capitale danoise. « Le problème est que le personnel de l’EMA est composé de professionnels qualifiés internationaux. Je pense que l’agence aurait des difficultés à garder ce profil type dans un environnement qui n’offre pas les mêmes normes internationales.

« Ce n’est cependant que mon avis, il s’agit de trouver un équilibre entre la fonctionnalité et l’attractivité pour le personnel actuel et futur », a-t-il ajouté, avant de souligner que l’agence ne devrait pas être utilisée comme un outil de négociation dans les discussions sur le développement régional. « Nous espérons que la Commission européenne se montrera assez courageuse, avec le Conseil, pour définir des critères relativement stricts. »

Le représentant danois déconseille également toute « politisation » du processus, estimant qu’il s’agirait là du pire scénario possible.

« Bien sûr, je suis conscient que la décision risque bien de l’être. Au final, ce sont les ministres qui devront prendre une décision, et leurs prises de décision sont toujours politiques. Au plus nous pouvons dépolitiser le processus, au mieux », insiste-t-il.

La Grèce refuse tout marchandage

La Grèce, durement touchée par la crise et qui abrite l’Agence de l’Union européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l’information (ENISA), brigue également l’honneur d’accueillir l’EMA.

 

« La Grèce est intéressée par l’accueil de l’agence, à la fois pour des raisons nationales, mais aussi parce qu’en tant que membre de l’Union, nous voulons assurer le bon fonctionnement de ses opérations », a indiqué à Euractiv le ministre délégué des Affaires étrangères, Georgios Katrougalos.

La liste des raisons qui poussent Athènes à se proposer pour accueillir l’agence comprend le fait que les médicaments sont l’un des principaux produits d’exportation du pays, fait remarquer Georgios Katrougalos.

« C’est un secteur qui a survécu pendant la crise », a-t-il insisté, soulignant que son gouvernement considérait les médicaments comme des « biens sociaux » et que « nous estimons que cette attitude est importante pour l’Europe en général ».

« C’est important pour la Grèce en ce qui concerne la croissance […] étant donné la crise qu’a affrontée le pays, la présence d’une telle agence européenne contribuerait de manière significative à la croissance », assure-t-il.

 

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