L’UE assouplit sa position sur les OGM dans la course au vaccin contre le COVID-19

La Commission européenne propose d’assouplir temporairement les règles strictes de l’UE sur les OGM, afin d’accélérer la recherche d’un vaccin et de traitements contre le COVID-19.

Bruxelles est prête à assouplir sa position sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), afin d’éviter les goulets d’étranglement qui pourraient survenir dans le cadre d’essais cliniques effectués dans plusieurs pays pour un vaccin contre le coronavirus.

La législation actuelle sur les OGM ne prévoit pas les situations d’urgence, ce qui se traduit par des procédures très complexes et chronophages, affirme la Commission. Elle précise en outre que « les exigences et les procédures nationales d’application des directives sur les OGM varient considérablement d’un État membre à l’autre ».

Les vaccins potentiels développés actuellement par des sociétés pharmaceutiques telles qu’Astra Zeneca et Johnson & Johnson contiennent des OGM ou en sont constitués.

L'épidémie de COVID-19 fait évoluer le débat sur la vaccination

La pandémie de coronavirus démontre que l’importance des vaccinations de routine, fait valoir Hans Kluge, directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Europe.

La dérogation proposée, qui doit encore être votée par le Parlement européen et le Conseil des ministres de l’UE, restera en vigueur aussi longtemps que le COVID-19 sera considéré comme une urgence de santé publique, indique la Commission.

Les règles assouplies s’appliqueront non seulement aux essais cliniques sur les vaccins contre le COVID-19, mais aussi aux traitements, stipule le communiqué de la Commission. Le respect des bonnes pratiques de fabrication (BPF) continuera cependant à être contrôlé, et une évaluation des risques environnementaux des produits sera elle aussi toujours effectuée avant l’octroi de l’autorisation de mise sur le marché.

La Commission appelle ses colégislateurs européens à adopter rapidement la proposition, afin que des essais cliniques puissent être mis en place en Europe aussi vite que possible.

L’eurodéputé allemand Peter Liese, qui est le porte-parole du Parti populaire européen (PPE) pour la santé, se joint à la Commission pour appeler à une adoption aussi rapide que possible de la dérogation. Selon lui, cela doit avoir lieu avant la pause estivale.

« C’est un défi de faire cela en trois semaines, mais au Parlement, nous avons suivi des procédures accélérées pour des questions moins cruciales par le passé », relève-t-il.

Macron et Merkel appellent l'UE à mieux se préparer aux crises sanitaires

Emmanuel Macron, Angela Merkel et les dirigeants de quatre autres pays européens appellent l’UE à constituer des stocks de médicaments, d’équipements médicaux et à développer en commun des vaccins et des traitements pour mieux résister aux prochaines crises sanitaires.

Bien que les OGM soient controversés, Peter Liese souligne que la modification législative temporaire qui est proposée est « limitée » ainsi que « très ciblée et visant à effectuer une évaluation européenne du risque lié aux OGM ».

Un premier débat sur la proposition est inscrit à l’ordre du jour de la commission de l’environnement et de la santé du Parlement européen (ENVI) lundi 22 juin, avec la participation de la commissaire à la santé, Stella Kyriakides.

L’exécutif européen a également proposé d’adopter une approche plus flexible pour d’autres processus réglementaires, comme une procédure accélérée pour l’autorisation de mise sur le marché, l’étiquetage et les exigences en matière d’emballage des médicaments.

Exemple : en raccourcissant la période de consultation des États membres et en permettant la traduction des documents dans l’ensemble des langues de l’UE après l’octroi de l’autorisation plutôt qu’avant, la procédure d’autorisation de la Commission passerait de neuf à une semaine, note l’exécutif.

L’appel à une flexibilisation du cadre réglementaire européen s’insère dans la stratégie de la Commission en matière de vaccins. Dévoilée mercredi 17 juin, celle-ci vise à accélérer le développement, la fabrication et la distribution des vaccins contre le COVID-19.

Dans le cadre de cette stratégie, la Commission a proposé un instrument d’aide d’urgence doté de 2,7 milliards d’euros. Il doit permettre l’achat anticipé de vaccins contre le COVID-19, en recourant à des contrats d’achat préventifs et en concluant des accords avec des producteurs de vaccins individuels au nom des États membres.

La mise au point d’un vaccin contre le coronavirus pourrait prendre 1 an

Le développement d’un vaccin efficace contre le COVID-19 pourrait prendre une année, selon un document qu’Euractiv.com a pu consulter. Le document souligne que l’Europe « devra vivre avec le virus », jusqu’à la découverte d’un tel vaccin ou d’un traitement.

Cette décision fait suite à l’initiative prise par quatre États membres de conclure un accord avec le fabricant de médicaments Astra Zeneca pour garantir qu’ils se verront fournir un vaccin contre le COVID-19, qui en est encore au stade expérimental.

L’initiative, menée par la France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas, a été critiquée par certains autres États membres lors du Conseil de l’UE sur la santé qui a eu lieu le 12 juin, car ils auraient préféré une approche plus européenne.

La Commission a proposé de gérer un processus d’approvisionnement centralisé, en élargissant la coalition des quatre pays pour couvrir l’ensemble de l’UE.

« Travailler ensemble augmentera nos chances de garantir l’accès à un vaccin sûr et efficace à l’échelle dont nous avons besoin et le plus rapidement possible », a souligné Stella Kyriakides, la commissaire à la santé.

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