Covid-19: des difficultés de communication persistent entre Bruxelles et les États membres

La Commission européenne peine à recevoir suffisamment d’informations des États membres concernant l’évolution du virus sur leur territoire. De ce fait, la mise en place d’une approche unifiée pour endiguer la deuxième vague de contamination se complique. [Shutterstock / Luca Ponti]

La Commission européenne peine à recevoir suffisamment d’informations des États membres concernant l’évolution du virus sur leur territoire. De ce fait, la mise en place d’une approche unifiée pour endiguer la deuxième vague de contamination se complique.

« Nous regrettons que les États membres ne fournissent pas davantage d’informations sur l’évolution du virus au sein de leur territoire. C’est pourquoi nous les invitons à nous tenir au courant de la situation et nous les appelons à nous demander de l’aide, si nécessaire », a indiqué une source européenne.

Au cours de la première vague de Covid-19 en Europe, le manque d’informations sur les besoins réels de certains États membres, associé aux actions isolées menées par d’autres avaient débouché sur un véritable capharnaüm.

De nombreux observateurs relèvent que la pandémie a pris tout le monde par surprise, il était donc logique que les pays européens n’y aient pas été préparés. Toutefois, après la déferlante de la première vague, ces derniers devraient se montrer plus avisés.

Bien que la Commission européenne ait salué les progrès visant à élaborer une approche commune en matière de dépistage, elle ne dispose toujours pas d’un aperçu général des actions lancées par les États membres dans ce domaine, de leurs dispositifs de traçage et des capacités de leurs hôpitaux.

« Nous ne pouvons pas insister davantage sur la nécessité pour les États membres de maintenir et de renforcer leurs capacités, notamment sur le plan du dépistage et du traçage », a indiqué une source européenne proche du dossier, en soulignant parallèlement l’importance de disposer stratégies de communication efficaces et ciblées.

« Les citoyens – et notamment les plus jeunes qui représentent désormais une part accrue des cas de Covid-19 – doivent comprendre que la pandémie n’est pas derrière nous ».

Pandémie : l'Union européenne durcit les restrictions, contestations en France

L’Union européenne a appelé ce jeudi 24 septembre les Etats membres à durcir leurs mesures de contrôle « immédiatement » face aux nouveaux foyers d’épidémie de Covid-19, au lendemain de l’annonce de nouvelles restrictions en France qui voit le nombre de contaminations battre des records.

La semaine dernière, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) en a fait sourciller plus d’un en publiant une évaluation des risques assez sombre pour sept pays du navire européen : Espagne, Roumanie, Bulgarie, Croatie, Hongrie, République tchèque et Malte.

À ce propos, la commissaire européenne chargée de la Santé, Stella Kyriakides, a appelé les États membres à se tenir prêts.

« C’est peut-être notre dernière chance pour éviter une deuxième vague », a-t-elle déclaré.

Au cours d’un entretien avec Euractiv en avril, le commissaire européen à la gestion des crises, Janez Lenarčič, avait maintenu que certains États membres se targuaient, à tort, d’avoir fait le nécessaire pour lutter contre le virus.

« Personne ne s’attendait ou n’aurait pu s’attendre à ce que le nouveau coronavirus prenne une telle ampleur en Europe », avait-il indiqué, ajoutant que l’exécutif européen avait appelé les États membres à se préparer dès le début du mois de janvier.

Plans d’urgence 

D’après les analystes, la gestion d’une deuxième vague sera encore plus difficile, si les États membres n’informent pas suffisamment la Commission européenne, sachant que l’option d’un deuxième confinement généralisé n’est pas envisagée.

« Nous ne possédons pas d’aperçu général sur les plans d’urgence des États membres. Même pour les pays qui semblent préparés, nous ne savons pas si les plans élaborés seront suffisants pour traverser la crise sans devoir imposer un deuxième confinement général », a prévenu une autre source du bloc.

Le 17 juin, la Commission européenne a lancé des procédures d’achats communs concernant les équipements de protection individuelle, les respirateurs et les médicaments destinés aux unités de soins intensifs notamment les médicaments anesthésiques, sédatifs, relaxants musculaires, antibiotiques.

Les analyses de ces procédures sont désormais terminées et la décision définitive visant à garantir l’approvisionnement de médicaments pour les cas plus graves de coronavirus a été signée le 17 septembre.

« Nous devons désormais informer les sociétés pharmaceutiques des résultats et espérons signer les premiers contrats d’ici à la fin du mois de septembre », a conclu un représentant européen, ajoutant que d’autres procédures d’achats communs pouvaient être lancées si cela s’avérait nécessaire.

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La Commission européenne a présenté un plan visant à faire progresser l’intégration des marchés des capitaux dans l’UE, une tâche en suspens depuis longtemps, mais qui gagne en urgence en raison de la pandémie et du Brexit. Un article d’Euroefe.

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