L’UE devrait adopter les normes allemandes en matière de cannabis médicinal

Tilray_Harvest_2 [TILRAY]

L’approche réglementaire allemande sur le cannabis médicinal devrait être adoptée dans le reste de l’Europe, selon l’Association européenne pour le cannabis médicinal (EUMCA).

L’EUMCA est un groupe de lobbying qui a récemment vu le jour et fait ses premiers pas sur la scène européenne. Il prône un cadre législatif paneuropéen pour la marijuana thérapeutique.

Alors que le marché du cannabis médicinal est déjà bien développé dans certains États membres de l’UE, seule des normes européennes peuvent en assurer l’accès à travers le bloc.

Un cadre juridique différent pour chaque État concernant la prescription De médicaments à base de cannabis médicinal pourrait entraver l’accès des patients à leur traitement lorsqu’ils voyagent, a déclaré l’EUMCA.

« Notre objectif premier est d’informer les institutions nationales et européennes des opportunités qu’offre ce traitement », a affirmé Sita Schubert, Secrétaire générale de l’association.

Le manque d’essais cliniques constitue la cause principale De la réticence des médecins. Mais, selon Sita Schubert, la profession médicale et les législateurs sont encore souvent peu familiarisés avec ce type de remède.

« L’utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques a été interdite pendant des années en raison des lois sur les stupéfiants très strictes qui étaient en vigueur. Autrement dit, Il n’a jamais été possible d’étudier davantage les effets thérapeutiques du cannabis », a-t-elle enchéri.

Le modèle allemand

Aux yeux de Mme Schubert néanmoins, l’exemple positif que renvoie l’Allemagne pourrait changer les opinions lors des débats sur la mise en place d’un cadre législatif européen pour le cannabis médicinal.

Pour cette dernière, l’approche allemande a permis de développer à travers le pays un marché de qualité et sécurisé pour les produits médicaux à base de cannabis.

En janvier 2017, le Bundestag a adopté une réforme de la loi nationale sur les stupéfiants, ouvrant ainsi un meilleur accès aux médicaments contenant du cannabis.

Avant que ladite loi ne soit révisée, seuls 1 000 patients pouvaient consommer du cannabis médical sous ordonnance. En 2018, les médecins ont prescrit quelque 142 000 ordonnances pour de la marijuana thérapeutique seulement.

D’après les estimations de l’association allemande pour le cannabis (Deutscher Hanfverband, DHV), entre 50 000 et 60 000 patients bénéficiant de lassurance maladie se voient administrer du cannabis médicinal, faisant de l’Allemagne le troisième marché le plus important en la matière après l’Amérique du Nord.

Nombre de pays ont décidé de suivre l’exemple d’outre-Rhin en établissant des mesures permettant un accès plus simple à la marijuana à des fins médicales. C’est notamment le cas de la République tchèque, de l’Italie, de Malte, des Pays-Bas et du Royaume-Uni.

Accès et qualité

Étant donné que le nombre d’ordonnances a augmenté à vitesse grand v, les recettes de l’industrie sont également montées en flèche. Les assurances de soins de santé reconnues ont ainsi évoqué un chiffre d’affaire avoisinant les 70 millions d’euros en 2018.

Mais en l’absence d’un cadre légal paneuropéen, nombreuses sont les demandes qui ne pourraient pas être satisfaites, argue l’EUMCA, avançant que le médicament ne change pas seulement des vies, il en sauve parfois.

Ces vingt dernières années ont connu une véritable recrudescence du nombre de patients s’intéressant aux cannabinoïdes pour soigner diverses pathologies, indique l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (l’OEDT), comme les douleurs chroniques et cancéreuses, la dépression, l’anxiété, les troubles du sommeil et neurologiques.

La marijuana est utilisée dans le traitement du glaucome et il semble aussi qu’elle apaise les douleurs des malades de Parkinson, mais davantage d’essais cliniques doivent être effectués dans ce domaine.

Les patients qui n’ont pas accès au cannabis thérapeutique pourraient, finalement, se tourner vers le marché noir, là où rien ne peut attester de la qualité et de la sécurité des produits, a fait remarquer l’EUMCA.

Les produits médicaux brevetés sont certifiés selon les « bonnes pratiques de fabrications » de l’UE (GMP), une série de normes que les producteurs de médicaments doivent respecter.

L’Agence européenne des médicaments (EMA) veille au respect de ces normes GMP en procédant à des inspections relatives à la qualité des produits et à leur pertinence.

Néanmoins, avant d’entrer sur le marché, le cannabis médicinal doit d’abord répondre aux bonnes pratiques de fabrication (GMP) et de distribution (GDP) de l’UE.

La porte est ouverte

L’EUCMA souhaite travailler en collaboration avec d’autres entreprises de toutes tailles pour mettre le cannabis médicinal sur le devant de la scène européenne.

L’Association allemande de l’industrie pharmaceutique (BPI), qui représente 250 sociétés pharmaceutiques, est membre de l’EUMCA, comme de grandes compagnies telles que Tilray, Panaxia, et Materia ventures. Mais d’autres, plus petites, notamment Cannaflos, y figurent également.

« Il est crucial que les sociétés professent une seule et même voix éthique », a déclaré Sita Schubert.

« L’avenir de la marijuana s’écrit à l’heure où nous parlons et cela serait une très bonne chose que ceux qui prônent une approche éthique et médicale rejoignent notre association », a-t-elle conclu.

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