L’UE et le Royaume-Uni soutiennent la distribution de vaccins dans les pays en développement

Des leaders du monde entier se sont engagés à investir plus de 7,5 milliards de dollars dans la distribution de vaccins aux pays les plus pauvres. [EPA-EFE/MONIRUL ALAM]

Lors du sommet mondial sur la vaccination organisé le 4 juin, des acteurs des secteurs privé et public ont promis de débloquer plus de 7,5 milliards de dollars pour financer des vaccins contre les maladies infectieuses dans les pays pauvres.

Jeudi 4 juin, sur un fond d’isolationnisme américain croissant dans le domaine de la santé mondiale, 35 chefs d’État, mais aussi des dirigeants d’organisations du secteur privé et de la société civile, se sont réunis à l’occasion d’un sommet international sur la vaccination organisé en ligne par le Royaume-Uni.

Les participants à la conférence virtuelle se sont engagés à soutenir Gavi, l’Alliance du vaccin, une organisation fondée par Bill Gates pour faciliter la mise à disposition de vaccins dans les pays pauvres. Depuis sa création il y a 20 ans, Gavi a aidé plus de 760 millions d’enfants.

« Nous ne pouvons tous être à l’abri [des maladies] si certains ne le sont pas », a déclaré Seth Berkley, le directeur de Gavi, en amont du sommet. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a quant à lui demandé que la réunion soit « un moment [de rassemblement] pour unir l’humanité dans la lutte contre la maladie ».

Afin d’atteindre l’objectif des 7,4 milliards de dollars qui seront utilisés par l’organisation entre 2021 et 2025 pour mener à bien ses projets, le Royaume-Uni a promis de faire don de 1,65 milliard de livres sterling. La Commission européenne s’est engagée à débloquer 300 millions d’euros, et les États-Unis, 1,2 milliard de dollars sur trois ans.

À cause de la pandémie, les services de vaccination systématique contre d’autres maladies que le COVID-19 ont été paralysés. Le mois dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’UNICEF et Gavi ont signalé que les perturbations de la chaîne d’approvisionnement avaient touché environ 80 millions d’enfants de moins d’un an.

D’après un fonctionnaire britannique, si nous ne parvenons pas à renforcer la capacité d’adaptabilité des pays en développement lors de catastrophes comme le COVID-19, et si nous ne soutenons pas les innovations actuelles dans le domaine de la santé, nous risquons de mettre à mal les infrastructures sanitaires en ne prêtant attention qu’à un seul problème.

D’autres représentants jugent aussi primordial de mettre rapidement le futur vaccin contre le coronavirus à la disposition des personnes les plus vulnérables dans le monde.

Le mois dernier, lors d’un appel aux dons en ligne organisé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, les dirigeants mondiaux ont juré d’investir 7,4 milliards d’euros dans le développement d’un vaccin et de traitements contre le COVID-19.

7,5 milliards d’euros de promesses de don en Europe contre la pandémie

Lundi 4 mai, l’UE a lancé un appel international aux dons pour lever 7,5 milliards d’euros, dans le but de financer la recherche médicale contre le coronavirus. Parallèlement, les États membres commencent peu à peu à se déconfiner.

Sur ces 7,4 milliards d’euros, 1,5 milliard sera destiné à Gavi, ce qui inclut 488 millions d’euros pour déployer un vaccin contre le coronavirus.

La pléthore de sommets organisés ces derniers temps — dont notamment celui du mouvement mondial Global Citizen, qui aura lieu le 27 juin — a suscité l’inquiétude de fonctionnaires, qui craignent une lassitude des donateurs et une confusion quant à la destination de l’argent.

« Nous avions peur [que tous les efforts menés contre le COVID-19 lassent les donateurs], mais il est tout à fait clair que cela n’a pas freiné le financement de Gavi », a déclaré le représentant d’un pays donateur lors du sommet de la semaine dernière.

Toutefois, alors que la plupart des membres de la communauté internationale soutiennent les dispositions de l’OMS et coordonnent leurs plans de développement d’un vaccin — avec l’UE, le Royaume-Uni, le Japon et le Canada en premier plan —, le président américain, Donald Trump, a assuré fin mai que les États-Unis quitteraient l’organisation et a laissé entendre qu’ils achèteraient leurs propres vaccins.

Après la déclaration de Donald Trump, la Chine a agi rapidement en annonçant offrir aux pays africains 30 millions de kits de dépistage du coronavirus par mois, ainsi que 10 000 respirateurs et 80 millions de masques.

Par cette démarche peu subtile, mais sans doute efficace, Pékin cherche à récupérer le capital politique et diplomatique perdu par les États-Unis lorsque le président a décidé de ne pas assumer son rôle de leader mondial dans la lutte contre la pandémie.

L’administration Trump a confirmé son retrait après avoir tenté en vain de persuader les diplomates africains membres de l’OMS de se retourner contre le directeur de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, ancien ministre éthiopien de la Santé.

Le chef de la diplomatie européenne ne veut pas voir la Russie revenir au G7

Josep Borrell, le diplomate en chef de l’UE, a rejeté l’idée lancée par la Maison Blanche de réinviter la Russie à la réunion du G7 dès cette année. Les conditions pour un retour ne sont pas réunies, a-t-il indiqué.

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