La Commission compare la cigarette électronique à du poison

Vytenis Andriukaitis: « Nous ne pouvons pas nier la réalité. Nous ne pouvons pas continuer à prétendre que les cigarettes électroniques servent à arrêter de fumer quand autant de jeunes commencent à fumer avec ce produit ». [Shutterstock]

Selon un haut-fonctionnaire européen, la Commission européenne serait peu disposée à discuter des cigarettes électroniques avec l’industrie du tabac.

Les cigarettes électroniques sont peut-être moins dangereuses, mais elles restent un « poison », a déclaré Arūnas Vinčiūnas, chef du cabinet du commissaire européen à la santé Vytenis Andriukaitis. Le haut-fonctionnaire s’est exprimé lors d’un évènement organisé par Euractiv la semaine dernière à l’occasion duquel de nombreux participants ont appelé à un dialogue ouvert avec les décideurs politiques sur des sujets de santé délicats comme celui de la consommation de tabac.

À une question portant sur la tendance de la Commission à systématiquement refuser de rencontrer l’industrie du tabac, Arūnas Vinčiūnas a répondu : « il y a une certaine réticence et une attitude spécifique à l’égard de l’industrie du tabac », qui n’existe pas avec d’autres secteurs. « Nous nous efforçons de travailler ensemble pour discuter de problématiques simples, mais certaines personnes peuvent se montrer très obstinées », a-t-il ajouté.

Moins dangereuse mais toujours un poison

Arūnas Vinčiūnas a réitéré que de la Commission s’opposait à considérer les cigarettes électroniques et autres nouveautés de l’industrie comme des produits sains. « Certains rapports scientifiques concluent que les cigarettes électroniques sont moins nocives que les cigarettes, mais c’est toujours du tabac. Ce serait comme dire qu’on boit du poison mais qu’on en boit moins », a-t-il ajouté. « Il y a une solution bien plus simple que la cigarette électronique, qui est d’arrêter de fumer. »

L’industrie du tabac prétend que la cigarette électronique doit être encouragée en ce sens qu’elle est une bonne façon de remplacer la cigarette avant d’arrêter complètement. La Commission européenne et l’OMS répondent qu’il existe des traitements pour arrêter de fumer et que les nouveaux produits de l’industrie du tabac ne devraient pas être recommandés par les professionnels de la santé.

Après l’évènement, Arūnas Vinčiūnas a expliqué que la législature actuelle (qui se terminera au mois de mai) n’avait aucun projet relatif aux nouveaux produits de l’industrie du tabac. « Un rapport sur la cigarette électronique devrait être écrit d’ici 2021, comme prévu par la directive sur le tabac », a-t-il ajouté en spécifiant que de nombreux aspects dépendront de ce rapport.

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Le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, se montre également sceptique à l’égard de la cigarette électronique. Lors d’un discours tenu à Athènes plus tôt dans la semaine, il a fustigé le nouveau produit et exprimé sa crainte que celui-ci n’attire un nombre croissant de jeunes européens. « Nous ne pouvons pas nier la réalité. Nous ne pouvons pas continuer à prétendre que les cigarettes électroniques servent à arrêter de fumer quand autant de jeunes commencent à fumer avec ce produit », a déduit le commissaire.

Lors de sa visite à Athènes, celui-ci a également critiqué l’incapacité du gouvernement grec instaurer une loi anti-cigarette. Selon l’OMS, le pays ne respecterait pas vraiment la convention-cadre pour la lutte antitabac. Votée en 2008, la loi visant à interdire le tabac dans les lieux publics n’a jamais été adoptée. Plus de 80% des Grecs ont exprimé leur mécontentement et considèrent que la position du gouvernement par rapport au tabac est une dégradation culturelle du pays.

Toujours pendant son discours, Vytenis Andriukaitis a montré une photo du vice-premier ministre grec de la santé, Pavlos Polakis, en train de fumer dans un lieu public. « C’est déplorable », a commenté Anriukaitis, arguant que le parlement grec devait traiter ce problème de toute urgence.

« Ce n’est pas une question de volonté propre : fumer dans un lieu public est une atteinte aux droits de l’Homme. », a conclu le commissaire à la santé.

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