Face aux retards dans la livraison des vaccins, l’UE entend se montrer ferme

EPA-EFE/CRISTOBAL HERRERA-ULASHKEVICH

L’UE laisse la porte ouverte à d’éventuelles actions en justice contre les entreprises pharmaceutiques qui ont retardé de manière inattendue la livraison des vaccins contre la Covid-19, a déclaré Charles Michel, Président du Conseil européen.

« Tous les moyens juridiques seront utilisés » pour obtenir de la transparence des laboratoires pharmaceutiques, prévient Charles Michel sur l’antenne d’Europe 1. « Nous entendons faire respecter les contrats signés par l’industrie pharmaceutique », a-t-il ajouté.

De nombreux dirigeants de l’ensemble du bloc ont réagi avec force aux retards, tandis que Paris tente de trouver des solutions de rechange jusqu’à ce que la production de vaccins revienne à la normale.

Pfizer-BioNTech a annoncé la semaine dernière un retard d’un mois pour ses livraisons en Europe, déclarant que son usine de Puurs, en Belgique, devait être modernisée afin d’augmenter sa capacité de production à moyen terme. De même, le laboratoire pharmaceutique britannique AstraZeneca, dont le vaccin doit être approuvé dans l’UE le 29 janvier, a fait savoir qu’il enverrait un nombre réduit de premières doses en Europe par rapport au plan initial.

Les programmes de vaccination des États membres de l’UE ont donc déraillé et l’industrie pharmaceutique a suscité les courroux de nombreuses capitales européennes.

La Belgique devrait maintenant recevoir moins de la moitié des vaccins AstraZeneca attendus, tandis que le gouvernement a reporté les vaccinations du personnel hospitalier en raison d’une pénurie de livraisons du fabricant de vaccins Pfizer la semaine dernière.

Le plat pays ne recevra que 650 000 doses du nouveau vaccin AstraZeneca au cours du premier trimestre de 2021, au lieu des 1,5 millions de doses prévues par le contrat, a déclaré le ministre belge de la santé Frank Vandenbroucke à la RTBF, ajoutant qu’il s’agissait là d’une « très mauvaise nouvelle ».

« Sur le marché, ils ont un monopole et nous sommes totalement dépendants […] La Commission européenne a un grand rôle à jouer et doit prendre des positions fortes vis-à-vis de l’industrie pour réclamer ce qui a été promis. Ces incertitudes rendent l’organisation de la campagne très difficile », a-t-il renchéri.

En Italie, le Premier ministre italien Giuseppe Conte a indiqué que son pays était prêt à prendre des « contre-mesures » car ces retards « inacceptables » causent d’énormes dommages à l’Italie et à d’autres pays. Pfizer a cependant annoncé dimanche (24 janvier) qu’à partir de cette semaine, les livraisons de vaccins à l’Italie reviendront aux niveaux convenus.

Entre-temps, en France, la Haute Autorité de Santé (HAS), le principal organe consultatif français en matière de santé, a soutenu qu’une solution au retard des livraisons de vaccins pourrait être de doubler le temps entre la première et la deuxième dose.

Actuellement, la deuxième dose est injectée trois semaines après la première, un laps de temps que Paris envisage désormais de porter à six semaines. De cette façon, un nombre accru de personnes pourront être vaccinées avec la première dose.

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