Face aux soignants, Emmanuel Macron annonce le lancement d’une « mission flash »

En pleine campagne des législatives, Emmanuel Macron a promis aux soignants à Cherbourg « un changement de logique complet », reconnaissant que cela ne résoudrait pas pour autant le « problème structurel » de la pénurie de soignants. [STEPHANIE LECOCQ/EPA]

En déplacement au centre hospitalier de Cherbourg mardi (31 mai), Emmanuel Macron, accompagné par la ministre de la Santé Brigitte Bourguignon, a annoncé la mise en place d’une « mission d’information flash » d’un mois sur les services des urgences au sein des hôpitaux.

La mission vise à identifier d’ici au 28 juin « de premières solutions opérationnelles pour faciliter l’accès aux soins urgents et non programmés, partout en France », précise le ministère de la Santé.

Elle sera confiée à François Braun, président de Samu-Urgences de France (SUdF) et chef des urgences au CHR de Metz-Thionville.

Plus de 120 services d’urgence en France ont dû fermer ou réduire leur capacité d’accueil en raison du manque de personnel, selon SUdF.

La crise que traversent les urgences et plus largement l’hôpital public n’est certes pas nouvelle, mais la Covid a fortement fragilisé le système de santé et a mis à rude épreuve la santé et le moral des soignants qui souffraient déjà de leurs conditions de travail.

« A la jonction d’une médecine de ville fortement sollicitée et d’un hôpital pris en étau entre le renforcement des parcours programmés et le retour complexe à un fonctionnement normal à l’issue de la crise, les urgences cumulent les difficultés du système », note le cabinet de Brigitte Bourguignon.

En pleine campagne législative, Emmanuel Macron a promis aux soignants à Cherbourg « un changement de logique complet », reconnaissant que cela ne résoudrait pas pour autant le « problème structurel » de la pénurie de soignants.

« A partir de juillet, j’aimerais lancer une conférence des parties prenantes sur la santé comme sur l’éducation. », a-t-il également déclaré aux membres du personnel de l’hôpital.

Le président souhaite aussi donner plus de liberté aux personnes travaillant « sur le terrain » quant à l’organisation des soins, arguant que « les solutions sont différentes selon les bassins de vie ».

Crise de l’hôpital : la France n’est pas un cas isolé en Europe

Emmanuel Macron se rend aujourd’hui au centre hospitalier de Cherbourg où il évoquera la crise de l’hôpital public. Ailleurs en Europe, d’autres systèmes de santé sont en crise, soufflés par deux années de pandémie.

L’été de tous les dangers

A l’hôpital tous les voyants sont au rouge et à l’approche de l’été la tension monte encore d’un cran. En pleine saison, été comme hiver, les services d’urgence des hôpitaux voient systématiquement le nombre d’admissions augmenter.

Dans un entretien avec EURACTIV, Christophe Prudhomme, médecin urgentiste à l’hôpital Avicennes de Bobigny (93), prévient que « la situation va être catastrophique. Il faut établir des mesures immédiatement. ».

Avant d’ajouter : « S’il n’y a pas un choc d’attractivité avec des perspectives dans les mois à venir, cet été il y aura des morts et l’hiver prochain cela va être une catastrophe ».

« Le temps des visites est terminé. On perd notre temps. Il est temps d’agir », a également réagi hier sur BFMTV Marion Malphettes, médecin hématologue à l’hôpital Saint Louis à Paris.

Alors que les élections législatives approchent (12 et 19 juin), M. Prudhomme appelle à élire « un véritable contre-pouvoir ». 

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