Les pays européens inégaux devant l’obésité infantile

L'étude a constaté que les taux d'enfants obèses ou en surpoids variaient considérablement d'une région à l'autre de l'Europe. [Gaulsstin / Flickr]

D’après un récent rapport, les familles ne sont pas en mesure de lutter contre l’obésité sans l’aide du gouvernement dans les pays européens.

Après avoir analysé pendant cinq ans les conditions de santé de plus de 16 000 enfants dans huit États européens, l’étude « I.Family », financée par l’Union européenne et publiée le 9 février 2017, conclut que « les interventions du gouvernement sont essentielles » pour lutter contre l’obésité.

L’étude a notamment constaté que les taux d’enfants obèses ou en surpoids variaient considérablement d’une région à l’autre de l’Europe, de 40 % des enfants de 2 à 10 ans dans le Sud de l’Italie à moins de 10 % en Belgique. La situation socio-économique a eu un impact non négligeable sur ces taux.

« Les résultats de notre étude montrent clairement que les enfants provenant de familles défavorisées sont souvent plus enclins à être en surpoids ou avoir des problèmes d’obésité que ceux qui sont issus des couches aisées de la population. Il est donc indispensable d’aider ces familles par le biais de politiques audacieuses visant à leur apporter le soutien dont elles ont besoin », a insisté Dr Wolfgang Ahrens, responsable de l’étude.

Au cours de l’enquête, les chercheurs ont également constaté qu’en six ans, deux fois plus d’enfants provenant des classes moyennes ou basses ont rencontré des problèmes de surpoids ou d’obésité que les enfants issus de familles aisées.

L’obésité est responsable d’un certain nombre de maladies non transmissibles, dont 50 % des cas de diabètes de type 2 et 60 % des  maladies cardiovasculaires. Les enfants obèses ont plus de probabilités de développer de telles maladies à l’âge adulte et de subir des complications médicales pendant leur jeunesse.

>> Lire : La lutte contre les maladies cardiovasculaires freinée par l’obésité et le diabète

Malte en première ligne pour lutter contre l’obésité infantile

L’obésité infantile en Europe est en hausse : en 2010, près d’un enfant sur trois âgé de six à neuf ans était en surpoids ou obèse, contre seulement un sur quatre en 2008.

Dans une interview avec EURACTIV, le ministre maltais de la Santé, Chris Fearne, a reconnu avoir placé la lutte contre l’obésité infantile parmi les principales priorités de la présidence de son pays au Conseil de l’UE.

>> Lire : « Le système actuel permet d’imposer des prix élevés pour les médicaments »

« Malte compte un grand pourcentage d’enfants obèses. Nous estimons que 10 % de notre budget à la santé sert à pallier les conséquences directes de l’obésité, à laquelle 17 % des décès évitables sont liés », a regretté le ministre. « L’obésité représente donc une lourde charge pour le secteur de la santé dans notre pays […] Bien évidemment, nous ne sommes pas le seul pays concerné en Europe », a-t-il ajouté.

D’après le plan d’action européen 2014-2020 contre l’obésité infantile, « 7 % des budgets nationaux en matière de santé dans l’UE sont consacrés chaque année à la lutte contre des maladies liées à l’obésité », qui cause indirectement quelque 2,8 millions de décès par an.

La direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la commission a commandé un rapport sur la mise en œuvre à moyen terme du plan d’action.

Le rapport fournira un aperçu (indicateurs, politiques et activités) de la situation dans les différents États membres. Le projet sera quant à lui examiné au cours d’une réunion d’experts les 22 et 23 février 2017 à Malte.

Prochaines étapes

  • 22 et 23 février 2017: réunion d'experts sur l'obésité à Malte.

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