Geneviève Fioraso appelle les entreprises à participer à la recherche européenne en matière de santé

Le programme européen Horizon 2020 bénéficie d'un financement de 80 milliards d'euros (Credit: [naito8]/Shutterstock)

La secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche regrette le peu d’engagement de la France dans les programmes de recherche européens. La recherche reste trop segmentée en Europe, selon elle.

La France est en cinquième position mondiale dans le domaine de la recherche en santé. Une place qui montre « la qualité de la recherche en biologie et en santé », selon la secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, Geneviève Fioraso. Elle participait à une rencontre de l’association G5 santé qui rassemble les principales entreprises françaises dans le domaine de la santé et des sciences du vivant.

Si la France est un pays attractif pour les acteurs privés dans le domaine de la recherche fondamentale et de la recherche clinique, il faut maintenir et amplifier la recherche d’excellence, estime Geneviève Fioraso. Un effort possible grâce à la sanctuarisation du budget de la recherche publique annoncée en avril dernier par François Hollande. Le gouvernement veut ainsi montrer que l’innovation en matière de recherche est au cœur de ses priorités.

Selon la secrétaire d’État, sur les 16 milliards d’investissement public l’État, en 2013, près de 2,5 milliards d’euros total sont consacrés à la recherche dans le domaine de la science de la vie et de la santé. A cela s’ajoute également les actions du plan d’investissement d’avenir. « 190 projets concernent le domaine de la biologie ont été retenus pour un montant total de 1,9 milliard d’euros sur les dix années à venir », précise la membre du gouvernement.

« Un système français et européen encore trop segmenté »

Selon la secrétaire d’État, le système français et européen de recherche et de transfert vers l’industrie manque de flexibilité. « Il est encore trop segmenté même si dans le domaine de la santé ces échanges sont plus fluides que dans d’autres secteurs ». Elle appelle ainsi au décloisonnement du système de formation et de recherche en mettant l’accent sur l’interdisciplinarité et les échanges entre entreprises de toutes tailles. L’idée n’est pas nouvelle puisque Valérie Pécresse l’a également promue en 2008.

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« On doit retrouver en Europe l’audace de la découverte et de l’initiative, en nous engageant en toute transparence dans les domaines porteurs d’avenir au sein d’équipes pluridisciplinaires qui intègrent les sciences humaines et sociale », estime la secrétaire d’État.

En effet, pour Geneviève Fioraso, il faut garantir l’accès des patients à l’innovation devient dans notre société un défi en particulier quand les traitements concernent des maladies fréquentes. « La maîtrise des coûts de l’innovation nécessite de trouver de nouveaux modèles économiques pour que l’innovation puisse bénéficier au plus grand nombre », ajoute la secrétaire d’État. Elle considère ainsi qu’il faut faire en sorte de mieux répondre aux besoins des patients et des usagers du système.

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De faibles taux de participation au programme Horizon 2020

Geneviève Fioraso regrette par ailleurs la trop faible participation de la France aux projets européens. « Elle gagnerait pourtant en visibilité », affirme la secrétaire d’État. Elle souhaite ainsi d’avantage d’implication française dans le programme Horizon 2020 auxquels les Français participent trop peu pour l’heure.

Une déclaration nuancée par Ruxandra Draghia-Akli, directrice de la santé de la DG Recherche de la Commission européenne, aux vus de la place de la France dans le classement mondial. « Le problème c’est principalement qu’il y a peu de candidature française aux appels d’offre de la Commission », précise-t-elle

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La secrétaire d’État  encourage donc la science et l’industrie à se mobiliser pour une meilleure participation française au niveau européen. « Si nous avions un retour (11%) égal à notre contribution (16,8%), nous gagnerions 700 millions d’euros par an et également un réseau européen plus solide et une force plus importante en termes de préconisation et une meilleure visibilité à l’international », explique-t-elle.

Horizon 2020 est l'un des principaux piliers de l'Union de l'innovation, une initiative phare de la stratégie « Europe 2020 » qui vise à renforcer la compétitivité de l'Europe sur les marchés mondiaux. Si l'Union européenne est le leader mondial pour un bon nombre de technologies, elle est confrontée à une concurrence croissante des puissances traditionnelles aussi bien que des économies émergentes.

Avec près de 80 milliards d'euros sur sept ans, Horizon 2020 est le cadre financier pluriannuel le plus important de l'histoire de l'UE dans le domaine de la recherche et de l'innovation. 

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