Comment Heinsberg, le « Wuhan allemand » est devenu un modèle de gestion du COVID-19

Un employé livre des produits pharmaceutiques en Allemagne, le 3 avril. [EPA-EFE/SASCHA STEINBACH]

Début mars, la petite bourgade d’Heinsberg, dans l’est de l’Allemagne, est rapidement devenue le foyer de la pandémie dans le pays. La ville de quelque 255 000 habitants recensait alors un tiers des cas de coronavirus confirmés sur le territoire allemand.

L’Institut Robert Koch (RKI) avait alors identifié Heinsberg comme étant une « zone particulièrement touchée par le coronavirus ». Mais la situation a bien changé depuis, puisque le nombre de personnes atteintes du COVID-19 n’a cessé de baisser de façon constante depuis la fin du mois de mars. Selon les derniers chiffres, 1711 cas positifs ont été enregistrés dans la région et 1374 personnes ont été guéries.

« Les mesures de confinement que nous avons mises en place portent bien leurs fruits », a indiqué le maire de la ville, Wolfgang Dieder, à Euractiv Allemagne.

Le premier cas de coronavirus de la région de Rhénanie-du-Nord–Westphalie, traité dans l’un des trois hôpitaux d’Heinsberg, a été recensé le 25 février. La façon dont cette personne a contracté le virus reste encore floue.

L’administration du district a réagi rapidement. Le soir même, le comité de crise local a invité les habitants à rester chez eux et a convenu de fermer les crèches et les écoles le lendemain. « Nous avons informé les directions des écoles et des jardins d’enfants dans la soirée, et tout s’est bien passé », déclare Wolfgang Dieder.

Le maire affirme que pratiquement personne ne s’est opposé aux dispositions. « Ce qui différencie les gens ici, c’est qu’ils reconnaissent la nécessité [des mesures] et agissent en conséquence », explique-t-il.

La transparence comme moyen d’acceptation

Dans un message vidéo diffusé le 26 février, Stephan Pusch (CDU), l’administrateur du district, a promis de tenir les citoyens informés des dernières évolutions de l’épidémie.

« L’instauration de mesures dans la soirée nous a obligés d’informer les citoyens de façon rapide et transparente », soutient Wolfgang Dieder.

Le comité d’experts a accepté implicitement de confier à Stephan Pusch le rôle de porte-parole des équipes de gestion de la crise et des autorités. « Une tâche qu’il a brillamment menée », note le maire.

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Depuis, Stephan Pusch publie régulièrement de courtes vidéos sur les réseaux sociaux, dans lesquelles il explique les mesures actuelles et le contexte du processus décisionnel, partage ses inquiétudes et invite les citoyens à rester calme.

L’administration locale partage aussi quotidiennement des informations sur les mesures adoptées et le nombre de cas confirmés.

Cette transparence a permis aux autorités locales de gagner le soutien et la confiance des citoyens. « Tout le monde fait de son mieux pour gérer la situation », assure Wolfgang Dieder.

Coopération, flexibilité et cabinets mobiles

Dès le début de la pandémie, les maires des différents arrondissements du district ont convenu de procéder de façon uniforme. Chaque ville a formé sa propre équipe de gestion de la crise, les maires servant de lien entre les comités de gestion des villes et du district.

Mais ces comités n’avaient pas de modèle pour guider leurs choix. L’Allemagne tout entière a donc réfléchi aux façons de gérer la crise, a expliqué Stephan Pusch dans l’une de ses vidéos du 27 février.

La première mission consistait à retracer les contacts des personnes contaminées pour briser la chaîne d’infection. Les districts ont également mis en place des lignes téléphoniques d’urgence et consultaient régulièrement les établissements médicaux.

Par la suite, avec l’augmentation du nombre de malades, les cellules de crise se sont concentrées sur le renforcement des moyens médicaux. L’un des arrondissements a installé un cabinet médical mobile avec l’aide de la Croix-Rouge allemande et a appelé le Ministère de la Santé de la région à mobiliser davantage de personnel de santé.

Lorsque le matériel de protection a commencé à manquer, le chef du district a sollicité le soutien des forces armées allemandes, puis de la Chine dans une lettre ouverte. Wolfgang Dieder admet toutefois que, même si un besoin en combinaisons de protection se faisait sentir, les réserves en désinfectant et en masques étaient suffisantes.

Alors que le virus continuait à se propager, de plus en plus de docteurs indiquaient avoir été en contact avec des patients contaminés. Afin que les médecins puissent continuer à pratiquer, le comité de gestion a décidé d’adopter les mesures de l’Office de la santé en dépit des recommandations du RKI.

Ces lignes de conduite autorisent le personnel des cliniques et les médecins généralistes entrés en contact avec des personnes infectées à continuer de travailler tout en suivant des mesures de protection strictes. « Si toutes les personnes entrées en contact [avec des malades] avaient été placées en quarantaine, l’équipe de gestion de la crise n’aurait plus su travailler », a soutenu Stephan Pusch dans l’une de ses vidéos.

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