Le processus de déconfinement prévu par Boris Johnson « manque de clarté »

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson. [EPA-EFE/ANDREW PARSONS/HANDOUT]

Les Britanniques se déconfinent progressivement. Dimanche 10 mai, le Premier ministre, Boris Johnson, a encouragé les citoyens à retourner au travail et a autorisé l’exercice physique à l’extérieur sans limite de temps.

Les leaders de l’opposition ont rapidement critiqué les mesures annoncées par le Premier ministre qui, selon eux, « manquent de clarté ».

Boris Johnson a annoncé le processus de déconfinement lors d’un discours télévisé le 10 mai, dans lequel il a invité les ouvriers du bâtiment et de l’industrie manufacturière à reprendre le travail, tout en demandant aux autres Britanniques de continuer à télétravailler, si possible. Il a par ailleurs déconseillé d’utiliser les transports en commun, dont seuls 10 % roulent pour l’instant.

« Nous n’allons pas tout simplement mettre fin au confinement cette semaine. Nous allons plutôt entamer prudemment la première étape de modification des mesures », a-t-il indiqué.

Le gouvernement britannique prévoit de rouvrir les commerces et les écoles primaires à partir du 1er juin. Le secteur de l’hôtellerie et les autres lieux publics pourront reprendre du service dès le 1er juillet, « si les chiffres le permettent », a affirmé Boris Johnson.

Le Premier ministre a souligné que ce plan « conditionnel » dépendrait du taux d’infection et d’une série d’autres facteurs — comme la baisse constante et durable des décès, les tests effectués, ou la disponibilité des services de soins intensifs.

« Nous n’hésiterons pas à mettre un frein [au déconfinement]. […] Il est souvent plus difficile de descendre de la montagne que de la gravir ».

Le Royaume-Uni est le pays d’Europe qui compte le plus grand nombre de décès liés au coronavirus. Et la lenteur du gouvernement britannique pour imposer des mesures ou augmenter le nombre de tests a suscité des critiques, tout comme sa difficulté à fournir des équipements de protection au personnel de santé.

Boris Johnson a déclaré que le nombre de morts était « tragique » et une source d’« immenses souffrances », mais a ajouté que le confinement avait permis au Royaume-Uni d’éviter « de courir à une catastrophe […] qui aurait aisément pu faire 500 000 [victimes] ».

« Ce serait de la folie que de risquer [de provoquer] un second pic d’épidémie maintenant », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a été mis sous pression pour annoncer des plans de reprise graduelle des activités économiques, paralysées par la crise sanitaire.

Après un long week-end férié où les plages et les parcs ont été envahis par les Britanniques, Boris Johnson a annoncé que les sports d’extérieur individuels et l’activité physique sans limite de temps pourraient reprendre à partir de mercredi 13 mai. Il n’a toutefois pas précisé quand les sports d’équipe pourraient être à nouveau pratiqués.

Les mesures seront présentées en détail aux législateurs du pays ce lundi soir.

Divergences entre Ecosse, Pays de Galles et Irlande du Nord

Même si Boris Johnson a assuré que les quatre nations du Royaume-Uni étaient parvenues à un « vrai consensus », des divergences apparaissent.

Les autorités de l’Écosse et du pays de Galles, qui définissent leurs propres mesures de confinement, ont indiqué que leurs citoyens resteraient chez eux. L’Irlande du Nord réétudiera quant à elle ses mesures ce lundi.

Sir Keir Starmer, le chef du parti travailliste, a soutenu que le discours de Boris Johnson manquait de « clarté et [d’un] consensus » et soulevait « autant de questions que [le nombre] de réponses [apportées] ».

« Il semblerait bien que le Premier ministre demande à des millions de gens de retourner travailler sans [présenter de réelles mesures] de sécurité ou de dispositions claires sur la façon de se rendre au travail sans transports publics. Ce que le pays voulait ce soir, c’était de la clarté et un consensus, mais aucun des deux n’a été apporté », a-t-il ajouté.

Parallèlement, le Royaume-Uni compte imposer des mesures de quarantaine aux personnes qui entrent sur le territoire — mais Boris Johnson et le président français, Emmanuel Macron, ont rapidement confirmé que ces dispositions ne s’appliqueraient pas aux personnes qui voyagent entre les deux pays.

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