Boris Johnson fait volte-face et met le Royaume-Uni à l’isolement

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson.

Dans un revirement spectaculaire, le Premier ministre britannique a déclaré l’état d’urgence au Royaume-Uni, afin de freiner la propagation du coronavirus. Il abandonne ainsi son approche controversée de l’« immunité collective » et emboîte le pas à l’Europe continentale.

Le Royaume-Uni s’approche désormais du moment où « la courbe ascendante affiche une croissance rapide » des cas de coronavirus, a déclaré le Premier ministre Boris Johnson dans un discours public spectaculaire, le 16 mars. Cet événement devrait constituer l’amorce d’une série de conférences de presse quotidiennes sur la pandémie de coronavirus. Boris Johnson a dit à tous les Britanniques de travailler depuis chez eux, d’éviter les rassemblements publics et d’éviter tout voyage non essentiel.

Il a cependant refusé une nouvelle fois de fermer les écoles, bien qu’un grand nombre de parents aient pris les devants et gardent déjà spontanément leurs enfants à la maison.

Parmi les autres mesures qu’il a annoncées, en les qualifiant de « très draconiennes », Boris Johnson a indiqué que les gens devraient éviter « les pubs, les clubs, les théâtres et les autres espaces de rencontre ». Quant aux ménages qui présentent des symptômes du coronavirus, ils devraient s’imposer un isolement de 14 jours.

L’essentiel de ses déclarations a toutefois porté sur la protection des personnes âgées. Le Premier ministre a souligné que les personnes présentant les problèmes de santé les plus graves devaient être « largement protégées des contacts sociaux pendant environ 12 semaines ».

Le Royaume-Uni envisage de confiner les personnes âgées

Le gouvernement britannique, critiqué pour sa réponse attentiste face au nouveau coronavirus, a défendu, dimanche 15 mars, sa politique et envisage des mesures de confinement des personnes âgées. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Le nombre de cas confirmés au Royaume-Uni s’élevait à 1 543 lundi 16 mars, avec un bilan de 55 décès, concernant pour la plupart des personnes de plus de 65 ans.

Les responsables britanniques estiment que l’île a environ trois semaines de décalage par rapport à l’Italie, le pays européen le plus touché par le virus à ce jour.

« Nous sommes en guerre contre un tueur invisible », a déclaré le ministre de la Santé, Matt Hancock, ajoutant qu’une législation d’urgence pour lutter contre le virus serait présentée au Parlement jeudi 19 mars. Ces mesures incluront probablement des fonds et des mesures de soutien supplémentaires pour le Service national de santé (NHS), y compris la réquisition des hôtels pour en faire des hôpitaux de fortune.

« Il semble que nous arrivions au moment où la courbe décolle, ou que nous soyons sur le point d’y arriver. C’est la raison pour laquelle nous voulons instaurer ces mesures assez rapidement », a déclaré Sir Patrick Vallance, le conseiller scientifique en chef du gouvernement.

La semaine dernière, le gouvernement britannique a été vivement critiqué pour avoir apparemment encouragé l’« immunité collective », qui s’obtient lorsqu’une grande partie de la population a contracté le virus, et pour ne pas avoir effectué suffisamment de tests sur les cas potentiels.

Pendant ce temps, la semaine dernière, la plupart des gouvernements européens ont interdit les rassemblements publics, fermé les écoles et sommé leurs citoyens de rester chez eux en évitant les voyages non essentiels.

Emmanuel Macron annonce des mesures drastiques contre le coronavirus

Le président a annoncé jeudi soir des mesures sans précédent pour lutter contre la propagation du virus, dont la fermeture des écoles jusqu’à nouvel ordre. Et affirmé que le combat devait aussi se mener à l’échelon européen.

« On ne peut pas combattre le feu avec les yeux bandés. Et nous ne pourrons pas arrêter cette pandémie si nous ne savons pas qui est infecté. Nous adressons un message simple à tous les pays : testez, testez, testez », a martelé le chef de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse le 16 mars.

Un rapport de l’agence de santé publique anglaise, Public Health England, qui a fait l’objet d’une fuite, suggère que jusqu’à 7,9 millions de Britanniques pourraient être infectés d’ici au printemps 2021, et la stratégie du gouvernement semblait jusqu’à maintenant viser à élargir le pic de cas, afin de donner au NHS la possibilité de faire face à la situation.

Sans surprise, Londres constitue l’épicentre des cas de coronavirus au Royaume-Uni et a plusieurs semaines d’avance sur les autres régions du pays, souligne le gouvernement.

Les pays de la zone euro mobilisent 120 milliards d'euros contre le coronavirus

Les pays de la zone euro vont consacrer environ 1 % de leur PIB (120 milliards d’euros) à la lutte contre l’impact économique du coronavirus. Mais ils restent divisés sur la question d’un programme de relance budgétaire commun.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
CONTRIBUER