La recherche sur les maladies rénales mise sur les nouvelles technologies novatrices

Selon Mme Kyriakides, l’ambitieux dossier de l’Union européenne en matière de santé présenté à la fin de 2020 vise à placer les systèmes de santé et les citoyens au centre de l’élaboration des politiques de l’Union européenne. [OLSON/SHUTTERSTOCK]

Les nouvelles technologies de traitement de l’insuffisance rénale chronique offrent la possibilité d’améliorer la qualité de vie des patients. L’Union européenne s’est engagée à augmenter le financement de la santé et les initiatives de recherche à la suite de la pandémie de Covid-19.

Il n’y a pas eu beaucoup d’avancées substantielles dans le domaine du traitement de l’insuffisance rénale chronique depuis la diffusion massive des unités de dialyse dans les années 1970, la lenteur des progrès au cours des dernières décennies étant en partie attribuée à un manque de financement et d’incitations à la recherche.

Toutefois, des programmes de recherche efficaces et bien financés dans ce domaine pourraient constituer une épreuve de force pour l’ambition renouvelée de l’UE en matière de santé, qui est devenue une priorité essentielle alors que l’Europe se remet de la pandémie de Covid-19.

« Nous allons prendre des mesures ambitieuses dans le domaine de la santé et également en ce qui concerne la recherche sur Horizon [le programme d’innovation de l’UE] », a estimé Stella Kyriakides, commissaire à la santé, lors du Forum européen annuel du rein, le 18 juin.

Elle a rappelé que la Commission européenne a déjà financé 40 projets pour un montant de 64 millions d’euros portant sur les maladies rénales chroniques, et 24 projets pour un montant de 47 millions d’euros liés à la transplantation rénale.

Une priorité essentielle identifiée par les professionnels de la santé pour le traitement des maladies rénales est le développement de systèmes de dialyse plus simples, moins chers et plus facilement transportables.

D’autres innovations potentielles peuvent provenir du traitement de la fibrose rénale afin d’arrêter la progression de la maladie rénale, ainsi que de la médecine régénérative, avec la possibilité de développer la greffe d’un rein fonctionnel à partir des propres cellules souches de l’hôte, réduisant ainsi les risques de rejet.

L’innovation pourrait également rendre la dialyse plus efficace et plus respectueuse de l’environnement, en réduisant l’utilisation d’eau, les déchets plastiques et la consommation d’énergie, afin de rendre le traitement plus conforme aux objectifs généraux de la politique environnementale phare de l’UE, le Pacte vert.

Selon Mme Kyriakides, l’ambitieux dossier de l’Union européenne en matière de santé présenté à la fin de 2020 vise à placer les systèmes de santé et les citoyens au centre de l’élaboration des politiques de l’Union européenne.

« Nous continuerons à soutenir la recherche nécessaire et la mise en commun des connaissances pour améliorer la qualité et l’espérance de vie des patients atteints de maladies chroniques », a-t-elle insisté.

Des technologies novatrices

Selon l’eurodéputé espagnol Manuel Pizarro, également coprésident du groupe du Parlement européen pour la santé rénale, le cadre de l’Union européenne pour la santé et le programme Horizon Europe marquent un nouvel élan dans les efforts visant à améliorer la vie des patients atteints de maladies rénales.

« J’ai déjà constaté une avancée positive grâce à ce programme, puisqu’il a récemment publié un appel sur les technologies et les dispositifs médicaux qui faisait spécifiquement référence à la dialyse entièrement portable », a-t-il expliqué.

Il a ajouté qu’il espérait que les futurs appels suivraient les innovations révolutionnaires dans ce domaine, notamment pour prévenir la progression des maladies rénales.

Le programme Horizon 2020 financera l’essai contrôlé aléatoire de phase II du TTV GUIDE TX, qui vise à optimiser les médicaments immunosuppresseurs, une étape cruciale pour minimiser le risque d’infection et de rejet et prolonger ainsi la survie des patients et des greffons.

Le projet, coordonné par l’Université de Vienne, a débuté en mai et durera encore cinq ans, avec un budget total de 6,1 millions d’euros.

Un autre projet en cours financé par l’UE, baptisé EU-Train, a pour objectif ambitieux de fournir aux professionnels de la santé des outils innovants et accessibles pour la prédiction précoce du risque individuel de rejet d’allogreffe et de perte de greffe.

Le projet Nephstrom, doté de 6 millions d’euros et mené par l’université de Galway, est maintenant dans sa dernière ligne droite et se concentre sur la thérapie prometteuse à base de cellules stromales pour la maladie rénale diabétique. Entre-temps, le projet SCOPE, dirigé par l’Italie, sur les programmes de dépistage et de prévention chez les personnes âgées, a été récemment achevé.

Plusieurs autres projets ont été financés par l’instrument PME. Parmi eux figure la Renaparin, un composé pharmaceutique utilisé pour recouvrir la paroi des vaisseaux sanguins des reins avant la transplantation.

D’autres projets axés sur le rein

Presque tous les projets mentionnés font partie de la rubrique budgétaire « Défi sociétal 1 » d’Horizon 2020, qui est l’un des programmes finançant ce domaine de recherche.

Plus de 100 projets sont répertoriés dans Cordis, la base de données des résultats de la recherche de l’UE, classés sous le mot clé « rein ».

Mais selon le président de l’ONG Alliance européenne pour la santé rénale (European Kidney Health Alliance – EKHA), sise à Bruxelles, Raymond Vanholder, ces projets Horizon ne sont pas toujours directement axés sur le rein.

« Nous avons besoin d’une plus grande sensibilisation au problème [de l’insuffisance rénale chronique], puis cela doit être soutenu par un appui financier et un accompagnement de la recherche », a-t-il défendu lors du forum européen du rein.

M. Vanholder a appelé à la mise en place d’un mécanisme qui permettrait de comparer les dépenses de recherche pour différentes maladies et de voir quels investissements ont été réalisés.

« Ce serait très bien, car nous savons, grâce au Royaume-Uni et aux États-Unis, que les maladies rénales ne bénéficient pas d’un soutien suffisant par rapport aux autres maladies chroniques », a-t-il indiqué.

En effet, une étude récente réalisée par CenterWatch a montré que les investissements dans la recherche des National Institutes of Health (NIH) américains s’élevaient à 11,1 milliards de dollars pour le cancer, mais seulement à 680 millions de dollars pour les maladies rénales.

L’autonomie des patients et l’éducation doivent être des priorités pour lutter contre les maladies rénales

Face à l’augmentation prévue de l’incidence des maladies rénales, les acteurs du secteur appellent à redoubler d’efforts pour garantir l’autonomie des patients et à investir dans la formation.

[Post-édité par Anne Damiani]

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