L’aspartame sans danger pour les consommateurs selon l’EFSA

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L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) juge que l'aspartame ne présente aucun risque pour la population. Elle demande à la Commission de rassurer les consommateurs sur le caractère bénin de cet additif alimentaire.

Après l'examen de centaines d'études, l'EFSA a conclu que « l'aspartame et ses produits de dégradation sont sûrs pour la consommation », a annoncé Alicja Mortensen, la présidente du panel sur les additifs alimentaires le 10 décembre.

La quantité qu'une personne peut ingérer par jour, la « dose journalière acceptable » (DJA), s’élève actuellement à 40 milligrammes par kilo de nourriture. « Il n'existe aucune raison de revoir cette DJA », affirme l'EFSA.

L'agence indique que les personnes atteintes de phénylcétonurie ne sont pas concernées par cette recommandation : ces patients ne parviennent pas à métaboliser un certain type d'acide aminé présent dans l'aspartame. L'autorité européenne conseille à cette catégorie de personnes « d'éviter tous les aliments contenant de l'aspartame ». 

L'aspartame est avant tout connu pour être un édulcorant artificiel utilisé comme substitut du sucre dans de nombreuses boissons non alcoolisées et dans les produits « allégés » vendus sur le marché européen. Cet édulcorant a fait l'objet de six évaluations depuis son autorisation à l'échelle européenne en 1994.

L'EFSA ajoute que la Commission européenne peut dorénavant rassurer les consommateurs européens par rapport aux produits contenant de l'aspartame.

Inquiétudes des citoyens

En 2010, la méfiance de l'opinion publique était montée en flèche à la suite de la publication de deux études. Elles révélaient que l'aspartame était associé au développement de cancers chez les souris et provoquait des naissances prématurées. L'exécutif européen avait par conséquent demandé à l'EFSA d'accélérer la réévaluation de l'aspartame, initialement prévue à l’horizon 2020.

L'avis de l'autorité aurait dû être publié en mai dernier, mais elle a reçu plus de 200 commentaires à la suite du lancement de la consultation publique en janvier. Les ONG, les acteurs de l'industrie alimentaire et les journalistes sont les principaux auteurs de ces commentaires.

« Nous voulions prendre le temps de répondre à toutes les critiques », explique Alicja Mortensen, tout en reconnaissant que le premier brouillon de l'avis nécessitait des clarifications sur bon nombre de points importants.

D'après le document, une étude plus récente a jeté le discrédit sur les études de 2010 : les niveaux d'aspartame détectés dans le sang au cours d'essais similaires sont restés bas et par conséquent ne sont aucunement alarmants.

>> Lire : Consultation publique de l’EFSA avant la publication d’un avis sur l’aspartame

Les ONG critiquent souvent l'Autorité européenne de sécurité des aliments pour le phénomène de « pantouflage ». En d'autres termes, certains experts présents dans les panels et dans les organismes de prise de décision viennent souvent de l'industrie alimentaire ou y retournent après leur départ de l'EFSA. Ce qui crée des conflits d'intérêts.

Au début du processus de réévaluation de l'aspartame, deux membres du panel ont démissionné de leur propre gré, car ils ont accepté un emploi dans des entreprises commerciales actives dans la vente de produits contenant de l'aspartame.

« Ces personnes ont seulement participé à la première réunion d'introduction [du panel] », ils n'ont reçu les offres d'emploi qu'après cette réunion, selon Georges Kass, chercheur senior à l'unité sur les ingrédients alimentaires. Il rejette ainsi toute allégation quant à d'éventuels conflits d'intérêts.

L'aspartame est un édulcorant peu calorique. La poudre blanche inodore a un pouvoir sucrant environ 200 fois supérieur à celui du sucre.  Elle est utilisée dans des denrées alimentaires, comme dans un certain nombre de denrées alimentaires hypocaloriques comme les boissons, les desserts, les confiseries, les produits laitiers, les chewing-gums et les produits amaigrissants.

Dans un produit, la présence d'aspartame est signalée grâce aux indications « E951 », « contient une source de phénylalanine » ou « avec édulcorant ». Dans l'UE, l'aspartame a été autorisé par la législation en 1994 en tant qu'additif alimentaire, et ce, dans 33 catégories d'aliments différentes.

Après plusieurs réévaluations depuis son autorisation, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a décidé qu'en vertu des preuves scientifiques disponibles, l'aspartame ne présentait pas de danger. Elle a ajouté qu'il n'existait pas de bases scientifiques justifiant une remise en question de son utilisation dans les aliments.

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