L’automédication progresse en Europe mais pas en France

(Credit: [Minerva Studio /Shutterstock])

Le recours aux médicaments sans ordonnance pour soigner les maladies bénignes reste marginal en France. A l’inverse, dans le reste de l’Europe, l’automédication progresse, notamment grâce à la vente en ligne.

L’automédication ne fait pas recette en France. Dans le 2e Observatoire européen, publié le 24 juin par l’Association des industriels des médicaments d’automédication, le marché de l’automédication apparait en recul dans l’Hexagone en 2013.

L’étude réalisée par Celtipharm pour l’Afipa dresse un état des lieux des marchés des médicaments en vente libre, comme le paracétamol ou l’ibuprofène, dans 8 pays européens –Espagne, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Suède, Italie, Royaume-Uni, France.  

La France à la traîne 

Et la France accuse un véritable retard dans ce secteur. La part de marché en volume a même légèrement reculé, passant de 15,9% en 2012 à 15,7% en 2013.  Une tendance qui s’inscrit à contre-courant des autres pays européens, où la part de marché en nette progression, passant de 23,5% en 2012 à 25,7 % en 2013. Elle s’élève même à 42,2 % en Suède, 39,7 % en Allemagne et 39 % au Royaume-Uni.

« La France a un fort potentiel de développement, pourtant la timidité des autorités françaises dans ce domaine et la faible responsabilité des patients sont de réels freins au développement de l’automédication » explique Pascal Brossard, président de l’Afipa.

En 2013, les dépenses par habitant des Français en automédication étaient parmi les plus faibles d’Europe. En moyenne, les Français ont dépensé 32,40 euros pour l’année 2013, soit moins de 3 euros par mois. Parmi les huit pays européens étudiés, l’Allemagne est le pays où les dépenses par habitant consacrées aux médicaments en vente libre étaient les plus élevées. Elles représentaient 70,50 euros pour l’année 2013.

Source d’économie et d’efficacité des soins

Pourtant, l’automédication présente  divers avantages en termes d’économie et d’efficacité des soins,  selon l’Afipa.

« Il existe un potentiel de développement considérable en France. L’automédication pourrait éviter les visites inutiles chez le médecin et favoriser d’importantes économies » explique Pascal Brossard.

L’association des industriels des médicaments d’automédication plaide pour la mise en vente libre d’un certain nombre de médicaments pour soigner un certain nombre de maladies mineures, comme la rhinite allergique, la conjonctivite allergique, l’acné mixte, ou encore le mal des transports. 

Vente en ligne

La vente en ligne pourrait permettre au marché de l’automédication de se développer. Le ministère des Affaires sociales et de la Santé le précise sur son site internet. « Les mesures d’encadrement et de formation qui accompagnent l’automédication permettent de renforcer l’autonomie du patient dans sa prise en charge de pathologies bénignes. La vente sur internet récemment autorisée devrait voir ce marché progresser », indique le ministère.

Néanmoins, la vente en ligne des produits d’automédication reste très peu développée en France selon le rapport, puisque 100 % des produits sont vendus en pharmacie. À l’inverse, aux Pays-Bas, 80 % des médicaments sans ordonnance sont vendus sur le net.

Mais l’automédication a des limites, et ne convient pas à des pathologies sévères telles les maladies cardiovasculaires. Et pourtant, certains malades préfèrent utiliser des compléments alimentaires en vente libre sur le net, telle la levure de riz rouge et le guggul plutôt que les statines pour se soigner.

Pour le Pr Jean Ferrières, ce succès s’explique par l’aspect naturel de ces produits. L’étude insiste d’ailleurs sur le rôle clef du pharmacien en tant qu’accompagnateur dans le cadre de l’automédication, pour que le patient fasse les bons choix.

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En 2012, l’automédication représentait 7,6% du marché pharmaceutique global selon le Ministère des Affaires social et de la Santé. Cette pratique, qui vise pour le patient à se soigner à partir de médicaments en vente libre, confirme le pharmacien d’officine dans son rôle de professionnel de santé de proximité selon le Ministère. L’automédication permet aux patients de soigner des symptômes bénins sans l’intervention du médecin, pour une durée limitée.

La vente sur internet de ces médicaments sans ordonnance est très encadrée, notamment depuis le 2 janvier 2013. Seuls les sites adossés à une officine physique sont autorisés à vendre des médicaments en ligne en France. 

Association des industriels des médicaments d'automédication

 

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