L’hypercholestérolémie menace aussi les jeunes

(Credit:[kryzhov/Shutterstock])

Sur 100 000 accidents cardiovasculaires annuels, près de 20 000 touchent des individus de moins de 45 ans. Pourtant dans l’inconscient collectif les maladies cardiovasculaires et l’hypercholestérolémie ne concernent pas les jeunes.

Spontanément, les jeunes ne sont pas associés aux maladies cardiovasculaires, et pourtant leurs comportements alimentaires les exposent à l’hypercholestérolémie. Plus préoccupant encore, leur consommation précoce de tabac, associé à un taux de cholestérol élevé,  peut entrainer un accident vasculaire cérébral (AVC)  ou un infarctus.

Sous-diagnostiquée

L’hypercholestérolémie est un facteur de risque des maladies cardiovasculaires. En 2008, les maladies cardiovasculaires étaient responsables de près de 28 % des décès, selon la Fédération Française de Cardiologie. C’est une maladie silencieuse, qui ne peut être détectée que par une prise de sang. C’est pourquoi dès 2005, l’Académie de médecine appelait à effectuer un dépistage de l’hypercholestérolémie des jeunes.

« Près de 50 % des jeunes adultes victimes d’infarctus myocardique précoces, trop souvent mortels n’avaient pas été l’objet d’un dépistage préalable, qui eut permis la mise en œuvre de mesures urgentes et indispensables de prévention cardiovasculaire primaire » estimait l’Académie de médecine dans une recommandation de 2005.

Il faut distinguer l’hypercholestérolémie familiale qui est génétique, et irréversible, de l’hypercholestérolémie polygénique, liée aux facteurs nutritionnels, qui elle est réversible.

Manque de prévention

« L’hypercholestérolémie familiale est présente dans 1 naissance sur 500, tandis que l’hypercholestérolémie polygénique concerne 1 enfant sur 50 », explique le Pr Lecerf de l’Institut Pasteur de Lille.

Pour le Pr Ferrières de la FFC, il faut mieux prévenir l’hypercholestérolémie des jeunes. Selon lui, la prévention en France n’est pas suffisante.

 « Le drame de la société Française est qu’elle se concentre sur le curatif, et non sur le préventif. Concernant l’hypercholestérolémie, les pédiatres pourraient faire de la prévention, mais ils n’ont pas le temps. Ils sont débordés par les maladies saisonnières » explique-t-il

Et pourtant, la prise en charge précoce de l’hypercholestérolémie peut réduire les risques d’AVC ou d’infarctus.

« Plus la prise en charge de l’hypercholestérolémie est précoce, mieux c’est. Dans le cas de l’hypercholestérolémie familiale, cela permet de limiter le risque de complication artérielle. Les enfants peuvent ainsi être pris en charge dès l’âge de 7 ou 8 ans » assure le Pr Lecerf

Tabac et mauvaises habitudes alimentaires

La consommation précoce de tabac augmente les risques de complications pour les jeunes atteints d’hypercholestérolémie.  D’autant que les jeunes fument désormais de plus en plus tôt. Une étude de la Commission européenne, menée dans l’ensemble des pays membres de l’UE, montre qu’à 13 ans, 5 % des enfants interrogés fument de manière hebdomadaire. Ce chiffre s’élève à 8 %, en République tchèque, en Estonie, en Lettonie, en Roumanie et en Slovaquie.

Pour les jeunes fumeurs atteints d’hypercholestérolémie, les conséquences peuvent être graves, allant de l’AVC, à l’infarctus à 25 ans.

 « L’hypercholestérolémie, associé au tabac est un cocktail déconseillé. Surtout pour les jeunes femmes qui prennent la pilule. Ce cocktail entraine de graves complications cardiovasculaires » explique le Pr Jean-Michel Lecerf, de l’Institut Pasteur de Lille.

Par ailleurs, ce sont les habitudes alimentaires qu’il faut revoir pour limiter l’hypercholestérolémie des jeunes. En effet, le cholestérol présent dans certains aliments trop gras favorise l’augmentation du taux de cholestérol chez les jeunes.

« Notre nourriture est trop riche en graisses et en protéines. Il faudrait manger moins de viande et plus de fruits et légumes, pour réduire le taux de cholestérol » explique le Pr Ferrières.

Dans une étude sur la santé des Européens, datant de 2012, la Commission européenne rappelle l’importance de l’enfance dans l’adoption d’un régime alimentaire équilibré.

« L’enfance est une période clef pour prendre de bonnes habitudes alimentaires. Les actions de prévention menées localement sur les enfants de 12 ans peuvent être efficaces dans le changement des habitudes alimentaires, et l’adoption d’une alimentation plus saine » détaille l’étude.

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Environ 4 millions d'Européens et 1,5 million de citoyens de l'UE décèdent à la suite de maladies cardiovasculaires chaque année, selon le Réseau européen du cœur et la Société européenne de cardiologie.  Les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont les formes les plus répandues des maladies cardiaques.

En France, les maladies cardiovasculaires étaient responsables de près de 28 % des décès en 2008, selon la Fédération Française de Cardiologie (FFC).

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