L’UE devrait se concentrer sur la prévention pour lutter contre l’obésité

Measuring obesity [Shutterstock]

Afin de lutter contre l’obésité, l’Union européenne doit non seulement coopérer avec les gouvernements et les universités, mais également avec différents secteurs du domaine de la prévention, selon un expert américain en matière d’obésité. « La leçon la plus importante que vous pouvez tirer des [Américains], c’est ce qu’il ne faut pas faire », a-t-il déclaré à EURACTIV lors d’un entretien.

Plus de la moitié de la population adulte de l'UE (52 %) est en surpoids ou obèse selon des statistiques de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La Hongrie et le Royaume-Uni enregistrent les taux les plus élevés.

À un âge plus élevé, l'obésité constitue l'un des facteurs principaux de risque à l'origine de maladies non contagieuses, dont le diabète de type 2, le cancer et les maladies cardiovasculaires et des voies respiratoires.

Alors que davantage de personnes devraient souffrir d’obésité en Europe, que peut faire l'UE pour inverser la tendance ?

Le professeur James O. Hill, qui a récemment participé au Congrès européen sur l'obésité 2013, a déclaré à EURACTIV lors d'un entretien que l'Europe devrait commencer à aborder la question en s'engageant dans la recherche.

« En fin de compte, nous devons fonder nos interventions sur une bonne démarche scientifique, dont nous avons besoin en ce qui concerne les changements de comportement, la prévention et le traitement », a-t-il indiqué.

L'UE devrait cependant réunir tout le monde sur ce sujet, en particulier des experts universitaires. Il a ajouté : « nous avons besoin de personnes du gouvernement et […] du secteur. »

« De nombreux secteurs gagnent de l'argent parce que la population est sédentaire. Ils vous vendent de grands écrans télévisés, des voitures, et tout le reste. Je pense que nous devons collaborer avec eux, non les accuser, mais les inclure dans la solution », a précisé le professeur.

M. Hill a ajouté qu'il était possible d'élaborer le meilleur programme qui soit grâce aux universités, mais le soutien de différents secteurs privés serait nécessaire.

« Nous avons besoin d'eux pour commercialiser des modes de vie et des produits sains pour la population. »

Apprendre des Américains

La crise de la dette dans la zone euro a contraint certains gouvernements à réduire considérablement leur budget de santé publique pour limiter les déficits, surtout dans le domaine de la prévention. Ce n'est cependant pas la marche à suivre, a mis en évidence le professeur Hill.

« Je pense que c'est tout simplement la mauvaise façon de s’y prendre. Vous savez, aux États-Unis, nous avons attendu que la population commence à connaître toutes les conséquences de l'obésité et ensuite, nous avons payé leurs soins de santé. En fait, si nous avions investi de l'argent pour que la population reste en bonne santé, les citoyens n'auraient pas connu ces conditions et nous aurions économisé beaucoup d'argent », a-t-il expliqué.

M. Hill a ajouté qu'à un certain moment, le monde occidental devait se réveiller et se rendre compte de la situation. La gestion de ce problème passe par le maintien de modes de vie sains et non par l’autorisation de l'obésité.

« La leçon la plus importante que vous pouvez tirer des [Américains], c’est ce qu’il ne faut pas faire.  Tout d'abord, les restrictions alimentaires, ça ne marche pas. Nous avons promu des restrictions alimentaires pendant des décennies. Cela ne fonctionne pas. Les gens sauteront des repas, ensuite ils auront faim et recommenceront à manger. Les restrictions alimentaires ne constituent donc pas une solution à long terme », a-t-il expliqué.

Comment perdre du poids ?

De nombreuses solutions faciles et des livres de régime peuvent permettre de perdre du poids, mais le vrai problème, c'est le maintien de cette perte. Pour cela, faire de l'exercice devient indispensable.

« Vous ne devez pas faire d'exercice pour perdre du poids. Vous pouvez en perdre assez facilement sans aucun exercice. Mais si vous voulez maintenir votre perte de poids, l'exercice devient le facteur clé », a déclaré M. Hill.

Dans le même temps, il faudrait manger plus intelligemment au lieu de manger moins. Les personnes qui parviennent à maintenir leur poids surveillent ce qu'elles mangent, utilisent des édulcorants au lieu du sucre et choisissent des aliments faibles en graisses.

Elles sont également méthodiques et pratiquent leurs exercices tous les jours, font quotidiennement attention à leur alimentation, prennent leur petit déjeuner et inscrivent leurs progrès de manière périodique.

Cette solution est beaucoup plus réalisable, car les changements s'opèrent petit à petit de manière efficace. Et de nombreux petits changements peuvent faire la différence.

L'obésité est l'état d'un individu dont la masse corporelle est largement supérieure à ce qui est souhaitable ou acceptable au point de nuire à la santé, de réduire l'espérance de vie et/ou d'accroître les problèmes de santé.

Une personne est obèse lorsque son indice de masse corporelle (IMC) dépasse 30 kg/m2. L'IMC se calcule en divisant le poids d'une personne en kilogrammes par sa taille en mètres au carré.

L'obésité accentue la probabilité de nombreuses maladies, surtout des maladies cardiaques, des diabètes de type 2, l'apnée obstructive du sommeil, certains types de cancer et l'arthrose.

Un mélange d'apport excessif en calories, de manque d'activité physique et de sensibilité génétique est souvent à l'origine de l'obésité. Dans quelques cas, elle est provoquée par des gènes, des troubles endocriniens, des médicaments ou des maladies psychiatriques.

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