La France « dans l’attente des grands laboratoires pour disposer d’un vaccin »

"Nous sommes dans une démarche européenne (...) qui travaille avec tous les grands laboratoires pour faire en sorte que nous ayons accès à un vaccin" [EPA-EFE/RONALD WITTEK]

Le ministre français de la santé Olivier Véran a souligné mardi 11 aout que la France et les Européens sont « dans l’attente de grands laboratoires pour disposer d’un vaccin », alors que la Russie affirme avoir développé le « premier vaccin » contre le coronavirus.

« Nous sommes dans une démarche européenne (…) qui travaille avec tous les grands laboratoires pour faire en sorte que nous ayons accès à un vaccin », a-t-il insisté lors d’un déplacement dans la station balnéaire de la Grande-Motte, dans le Sud de la France.

« Pour l’instant, de ce que j’ai à connaitre des études scientifiques qui sont parues, nous sommes dans l’attente de grands laboratoires pour disposer d’un vaccin. J’espère évidemment qu’il arrivera le plus tôt possible. Certains nous parlent d’automne, d’autres nous parlent du premier semestre 2021 », a-t-il ajouté.

« L’ensemble des pays européens, sous l’égide de la commission européenne, travaillent avec tous les laboratoires pour que dès qu’un laboratoire aura un vaccin qui aura fait ses preuves, nous puissions immédiatement en faire bénéficier non seulement la population française, mais aussi la population européenne, ainsi que les pays n’ayant « pas forcément accès au marché des vaccins », a encore souligné M. Véran.

« Je n’ai pas à donner ma confiance à ce vaccin russe »

Le ministre français de la Santé s’est exprimé le jour où la Russie a annoncé avoir développé le « premier » vaccin contre le Covid-19, baptisé Spoutnik V. De fait, Moscou entend se positionner en tête de cette compétition planétaire aux enjeux financiers considérables.

Le ministère de la Santé russe affirme que son vaccin permet « de former une immunité longue », estimant qu’elle pouvait durer « deux ans ». Problème: les données sur lesquelles reposent ces affirmations n’ont pas été publiées.

« Cette déclaration est prématurée puisqu’on ne sait pas encore si ce vaccin (ou aucun autre) va protéger contre le Covid-19 », ni « quelle sera la durée de l’immunité. En effet, le recul après les premières immunisations chez l’homme n’est que de quelques mois/semaines », a souligné auprès de l’AFP la virologue française Marie-Paule Kieny ancienne directrice générale adjointe à l’OMS.

Commentant l’annonce russe, Olivier Véran a déclaré qu’il n’a « pas à donner (sa) confiance à ce vaccin russe » alors que le ministère allemand de la Santé a émis des doutes sur « la qualité, l’efficacité et la sécurité » du vaccin contre le nouveau coronavirus annoncé par Vladimir Poutine.

Combien de vaccins dans le monde?

Dans son dernier point daté du 31 juillet, l’OMS recense 26 « candidats vaccins » dans le monde évalués dans des essais cliniques sur l’homme (contre 11 à la mi-juin).

La plupart de ces essais en sont encore au stade de « phase 1 » (qui vise avant tout à évaluer la sécurité du produit), ou de « phase 2 » (où on explore déjà la question de l’efficacité).

Seuls cinq sont au stade le plus avancé de « phase 3 », où l’efficacité est mesurée sur des milliers de volontaires: celui développé par l’Allemand BioNTech et l’Américain Pfizer, ceux de la biotech américaine Moderna, des laboratoires chinois Sinopharm et Sinovac, et le projet mené par l’Université d’Oxford en coopération avec le Britannique AstraZeneca.

Le vaccin russe, développé par le Centre de recherches en épidémiologie et microbiologie Nikolaï Gamaleïa, avec le ministère russe de la Défense, est listé en phase 1 dans la base de données de l’OMS.

Pourtant le fonds souverain russe impliqué dans son développement assure que la phase 3 des essais cliniques commencera dès mercredi. Et selon les autorités médicales russes, enseignants et personnels médicaux commenceront à être vaccinés dès le mois d’août, avant une mise en circulation le 1er janvier 2021 dans la population.

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