La France lance sa stratégie nationale de lutte contre l’endométriose

En France, deux millions de femmes sont atteintes d'endométriose. [Shutterstock/nuiza11]

Mardi 11 janvier, l’eurodéputée et gynécologue Chysoula Zacharopoulou (Renew Europe) a remis au président de la République un rapport présentant une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose, un fléau qui touche environ deux millions de femmes en France. 

C’est à travers une vidéo publiée mardi soir sur ses réseaux sociaux qu’Emmanuel Macron a annoncé le lancement d’une stratégie nationale pour lutter contre l’endométriose, une maladie chronique encore trop souvent passée sous silence, qui se traduit par des règles très douloureuses.

« L’endométriose. Ce n’est pas un problème de femmes, c’est un problème de société », selon les mots du président. 

En France, l’endométriose est la première cause d’infertilité et touche plus de deux millions de femmes, soit une femme sur dix. Dans le monde, 180 millions de femmes sont atteintes de la maladie.

Chysoula Zacharopoulou a présenté les conclusions du rapport qui lui a été confié au printemps dernier par Olivier Véran. 

« Les règles restent un tabou dans toutes les sociétés, et les patientes atteintes d’endométriose, maladie liée aux règles, en payent le prix fort ! Cette pathologie féminine est victime des stéréotypes, des clichés autour d’un processus naturel : les menstruations », déplore Mme Zacharopoulou dans son rapport. 

Parmi les propositions de la gynécologue et eurodéputée, trois objectifs : mieux faire connaitre la maladie, mieux la dépister et la prendre en charge, et développer la recherche. Aujourd’hui, en France, la durée moyenne pour diagnostiquer l’endométriose est de sept ans. 

L’Élysée confirme et dit vouloir une « égalité d’accès aux soins » pour toutes les femmes, tout en luttant contre les disparités selon les régions dans la « qualité du diagnostic ». 

Pour cela, grâce à un financement national, les Agences régionales de santé (ARS) vont très prochainement lancer des appels à projets pour définir des lieux de diagnostic et de traitement. 

« Il faut nous appuyer sur les associations, les médecins spécialisés, afin que dans chaque région, il y ait au moins un centre de recours et d’expertise sur l’endométriose », précise l’entourage du président. 

Mais pour l’heure, aucun calendrier ni aucun budget n’a été fixé. 

Une lutte annoncée en 2017 

La lutte contre l’endométriose était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron en 2017. En mars 2019, Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, promettait un plan ambitieux qui permettrait « un diagnostic précoce » de l’endométriose, « parce que souvent les femmes souffrent pendant des années pendant leurs règles, sans que quelqu’un identifie leur problème ». 

Deux ans plus tard, en mars 2021, Olivier Véran lançait les travaux pour l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose afin de « reconnaître pleinement les conséquences de l’endométriose » et que « les femmes qui en souffrent soient mieux accompagnées ». 

En juillet 2021, le Président avait réitéré son engagement dans les pages du magazine Elle. 

Si en ce début d’année 2022 le plan de lutte contre l’endométriose semble se préciser, pour le moment pas de calendrier défini ou de budget précis. Seul indice : l’installation d’un comité national de pilotage pour coordonner la stratégie nationale. Problème ? Selon l’Élysée ce comité ne peut se réunir qu’en présentiel, chose impossible à l’heure actuelle au vu de la situation sanitaire.

Enfin la non-reconnaissance de l’endométriose comme maladie ALD 30 devrait faire grincer des dents les patientes. ALD 30 correspond aux 30 affections de longue durée qui sont prises en charge à 100 % pour toutes les patientes.

À noter que le 13 janvier prochain, la députée insoumise Clémentine Autain proposera la reconnaissance de l’endométriose comme une ALD lors d’une journée de niche parlementaire. 

Subscribe to our newsletters

Subscribe