La Grèce met les fumeurs à contribution pour financer le système de santé

[Shutterstock]

Dans une volte-face inattendue, le gouvernement grec vient de décider d'annuler les très controversés frais hospitaliers. À la place, il opte pour une taxe sur les produits du tabac.

La Grèce tente désespérément de renflouer ses caisses en vue d'éviter un troisième plan de sauvetage. Au départ, les autorités souhaitaient introduire des frais hospitaliers de 25 euros aux patients dont le salaire dépassait 11 000 euros par an. Elles ont finalement préféré taxer les fumeurs.

Selon le Fonds monétaire international, Athènes est confrontée à un déficit de financement de près de 11 milliards d'euros pour la période 2014-2015.

Les produits du tabac augmenteront de 5 cents, ce qui générera 40 millions d'euros par an, selon le journal grec Ekathimerini.

L'annonce est tombée alors que le Collège des commissaires s'est réuni à Athènes le 8 janvier pour inaugurer la présidence grecque du Conseil de l'UE.

Son partenaire de coalition et les partis d'opposition ont vivement critiqué le ministre grec de la Santé, Adonis Georgiadis, pour avoir imposé de nouveaux frais hospitaliers.

La presse grecque a révélé qu'un patient atteint de cancer non assuré est décédé le 3 janvier, faute d'hôpital public acceptant de le prendre en charge gratuitement. Un erreur récupérée « à des fins politiques », selon le ministre grec.

Adonis Georgiadis a déclaré le 7 janvier que le ministère de la Santé souhaitait abroger les frais de 25 euros à condition de trouver d'autres mesures de financement conformes aux objectifs du gouvernement.

Les représentants de l'industrie du tabac ont déjà vivement réagi à la nouvelle hausse de prix sur leurs produits.

« Il s'agit de la pire évolution possible pour le secteur, car cette décision va faire exploser le marché noir du tabac », indique Nikos Nechamas, président de l'Association hellénique des entreprises européennes du tabac.

Le système de santé grec fait l'objet d'énormes pressions depuis le début de la crise financière mondiale en 2007.

En novembre, les cliniques grecques privées ont menacé de ne plus accepter les patients assurés auprès de l’Organisation nationale des services de santé (l'EOPYY), la principale assurance santé du pays. Les cliniques privées estiment que l'EOPYY leur est redevable de 800 millions d'euros.

Selon les estimations, six millions de Grecs ne sont pas assurés et n'ont pas accès à des soins médicaux.

Depuis le 8 janvier, une autre mesure d'austérité impose aux Grecs assurés auprès de l'EOPYY le paiement d'un euro supplémentaire par prescription. Cependant, la mesure ne s'appliquera pas aux patients de longue durée, selon la directive du ministère de la Santé.

La crise de la dette dans la zone euro a contraint certains gouvernements à réduire considérablement leur budget de santé publique pour limiter les déficits.

La Grèce est l'un des pays qui a pris les mesures les plus sévères, mais l'Espagne et d'autres États comme la France et la République tchèque ont adopté des mesures semblables.

>> Lire le LinksDossier d'EURACTIV : Austérité : les systèmes de santé en péril

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.