La lutte contre le sida marque le pas

HIV-Schnelltest in Äthiopien. [UNICEF Ethiopia/Flickr]

Pour la première fois, moins d’un million de personnes sont décédées de maladies liées au sida, souligne le rapport d’ONUSIDA. Mais les progrès demeurent trop lents pour endiguer l’épidémie d’ici à 2020.

La baisse du nombre de décès liés au sida dans le monde – qui est passé pour la première fois en 2017 sous le million – ne suffit pas à faire de la lutte contre la pandémie un succès.

Le constat établi par le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida à moins d’une semaine de la 22e conférence internationale sur le sida, qui se tiendra à Amsterdam du 23 au 27 juillet, est alarmant.

Dans un rapport intitulé « Un long chemin reste à parcourir », publié mercredi 18 juillet, l’ONUSIDA dresse un portrait en demi-teinte de la lutte contre la grande pandémie du XXème siècle.

Certains succès sont au rendez-vous. Ainsi, trois personnes sur quatre vivant avec le VIH connaissent aujourd’hui leur statut. Le nombre de personnes sous traitement atteint désormais le chiffre record de 21,7 millions, soit une augmentation nette de 2,3 millions de personnes depuis fin 2016.

Dans certains pays très exposés à la pandémie, la mise sous traitement des personnes atteintes du sida a connu des avancées remarquables. Ainsi, en Afrique du Sud, où seulement une centaine de personnes étaient sous traitement en 2001, « elles sont 4,3 millions aujourd’hui », a rappelé Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA, lors d’une interview sur France Info.

A Madagascar, l’épidémie du sida s’étend en silence

Les populations à risques, dont les homosexuels, sont fortement touchés par l’épidémie. Une réalité que les statistiques ne reflètent pas, faute de dépistage.

En Afrique de l’Est et Australe, une région qui compte plus de la moitié (53%) des 36,9 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde, la réduction du nombre de décès dus aux maladies liées au sida a atteint 42% entre 2010 et 2017. La réduction des nouvelles infections a également chuté de manière spectaculaire, avec une baisse de 30% sur la même période.

Pourtant, ces succès non-négligeables ne sont pas suffisants pour mettre le monde sur le chemin des objectifs de 2020 fixés par les Nations unies.

Statut sérologique

D’ici 2020, l’ONUSIDA espère faire baisse le nombre de décès liés au sida à 500 000 par an. L’autre pilier du plan d’attaque onusien cible la connaissance du statut sérologique, l’accès au traitement antirétroviral et la suppression de la charge virale, qui induit un risque réduit de transmission.

Pour ces trois objectifs, l’ONUSIDA espère atteindre 90% des personnes vivant avec le VIH.

Depuis 2010 et au niveau mondial, les nouvelles infections ont diminué de 16 %. Mais pour espérer atteindre les objectifs de 2020, cette baisse devrait être de 75 %.

« Les succès, certes remarquables – mais encore limités- que nous avons connus en termes de vies sauvées et d’arrêt de nouvelles infections par le VIH sont en train d’ouvrir dangereusement la voie à une certaine forme de complaisance », a prévenu Michel Sidibé, Directeur exécutif de l’ONUSIDA.

Le sida recule en Afrique subsaharienne

Alors que le Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose doit finaliser sa reconstitution, un rapport de l’ONG One montre que 16 pays d’Afrique subsaharienne se rapprochent du « début de la fin du sida ».

Crise de la prévention

« Nous sommes confrontés à une crise de la prévention. […] Le nombre de nouvelles infections ne diminue pas assez vite », a soutenu Michel Sidibé. Ainsi, le chiffre des nouvelles infections identifiées en 2017 atteint toujours des sommets, puisque 1,8 million de personnes ont découvert leur séropositivité, soit près de 5 000 cas par jour  en moyenne.

Selon le rapport, les services de prévention ne sont pas fournis dans les proportions adéquates permettant d’atteindre les personnes qui en ont le plus besoin.

Autre difficulté, le financement de la lutte contre le sida, qui dans un nombre important de pays dépend des bailleurs internationaux.

« Nous sommes confrontés à une crise de financement. Je suis particulièrement heureux que les ressources allouées à la lutte contre le sida aient augmenté en 2017. Mais nous ne devons cependant pas oublier qu’il y a encore un déficit de 20% à combler entre les ressources nécessaires et les ressources disponibles », a mis en garde Michel Sidibé.

« Les nouveaux traitements contre le sida sont accessibles en 2 ou 3 ans en Afrique »

L’accès aux nouveaux traitements contre les grandes pandémies s’est amélioré en Afrique, grâce à une baisse des prix des traitements et à l’ouverture des brevets, explique Philippe Duneton, directeur exécutif adjoint d’UNITAID.

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