La mauvaise hygiène de vie des Européens favorise l’obésité

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Une nouvelle étude montre que l’obésité se répand rapidement en France et en Europe. En cause, les mauvaises habitudes alimentaires, le stress et le manque d’exercice physique. 

L’obésité est une véritable épidémie, selon une étude de la MGEN (Mutuelle Générale de l’Education Nationale) et de l’institut de sondage Opinion Way. Réalisée entre janvier et février 2014 auprès de 2 339 personnes, l'étude relève que 16 % de la population française est obèse. 

Au niveau européen, les problème de poids atteignent des niveaux notablement plus élevés, puisque 52 % des Européens sont en surpoids ou obèses, selon la Commission européenne. Ce qui représente un adulte sur deux et près d’un enfant sur trois. 

Bien plus qu’une simple question d’esthétique, l’obésité pose de sérieux problèmes de santé comme le diabète, les maladies cardiovasculaires et/ou respiratoires.

« L’obésité est une maladie complexe, difficilement réversible et plurifactorielle » explique Karim Ould-Kaci, médecin responsable du département innovation et développement sanitaire et social de la MGEN.

Une mauvaise alimentation

Plusieurs facteurs sont responsables de cette épidémie, au premier rang desquels l’alimentation. En effet, d’après l’étude plus de 46 % des Français fréquentent les fast-foods et pourtant « 86 % des Français jugent qu’ils ont une « bonne alimentation ». Pire encore, « seuls 20 % des obèses considèrent leur alimentation « plutôt mauvaise ».

Le docteur Ould-Kaci souligne aussi l’importance des comportements individuels dans le développement de l’obésité. « La prise individuelle des repas peut favoriser le développement du surpoids et plus largement de l’obésité. Tandis que la prise des repas en commun en réduit le risque » précise-t-il.

Précarité et obésité

Même si l’obésité affecte l’ensemble de la population, ce sont les catégories sociales les plus démunies qui sont les plus touchées. 

Les plus défavorisés consomment des produits alimentaires moins coûteux. Trop gras et de mauvaise qualité, ces produits sont en partie responsables de l’obésité chez les plus démunis selon le docteur Ould-Kaci.

« Les produits bon marché sont les plus gras, les plus sucrés et comportent plus de sucres rapides que les autres. C’est donc l’un des facteurs responsables de l’obésité » explique le médecin.

« Quatre régions françaises sont particulièrement touchées par l’obésité, à savoir le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie, la Haute-Normandie, et la Champagne Ardenne. Sachant que dans le Nord-Pas-de-Calais, la prévalence de l’obésité est 40 % plus élevée que la moyenne nationale » précise-t-il à EURACTIV.

A la différence des hommes, davantage touchés par l’obésité lorsqu’ils sont favorisés sur plan économique,l'obésité chez les femmes est plus répandue dans les classes sociales défavorisées.

« Les femmes les plus précaires ont tendance à être obèses, alors que l’on observe l’inverse chez les hommes appartenant aux classes sociales les plus élevées » explique l'expert. 

Les conditions de travail et le stress sont également pointés du doigt par le docteur Ould-Kaci comme étant un risque supplémentaire dans le développement de l’obésité.

Manque de sommeil

Selon l’étude, le sommeil est aussi l’une des causes de l’épidémie d’obésité, puisque « 49 % des obèses souffrent de troubles du sommeil, tandis que 70 % des individus de corpulence normale sont exemptés ».

« Il existe une association entre sommeil court et développement de l’obésité. Selon une étude récente dormir moins de 6h par nuit multiplie par quatre le risque, par rapport à quelqu’un qui dort plus de 7 h par nuit. Et une augmentation d’une heure de la durée de sommeil réduirait le risque de 10 % » précise le docteur Ould-Kaci.

Pour limiter les risques d’obésité, le docteur n’a pas de remède miracle : « il faut faire au cas par cas, et pour ce faire consulter un médecin, et /ou une diététicienne  » confie-t-il à EURACTIV.

Le plan Obésité français se terminait en décembre 2013, et il semble difficile de mesurer maintenant son impact. Pourtant, l’obésité reste en France et Europe une préoccupation sanitaire majeure. En effet, selon le docteur Ould-Kaci, l’obésité morbide (c’est-à-dire lorsque l’IMC est supérieur à 40) est passée de 0,3 % en 1997 à 1,2 % en 2012. L’ensemble de la population est touchée par ce fléau, et plus particulièrement les plus démunis. En France, quatre régions sont particulièrement touchées : Le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie, la Champagne Ardenne, et la Haute-Normandie.

  • 2011-2015 : Programme National Nutrition Santé
  • 2014-2020: Troisième programme européen de la Santé

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