La mauvaise hygiène de vie favorise les maladies non transmissibles

(Credit: [Bangkokhappiness/Shutterstock])

Le rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à la santé appelle la communauté internationale à se mobiliser pour limiter le développement de l’obésité. Il montre du doigt les industriels.

Véritables épidémies, l’obésité et le surpoids touchent 2,1 milliards de personnes selon le rapporteur spécial de l’ONU (Organisation des Nations Unies) sur le droit à la santé, Anand Grover. Depuis 1980, l’OMS estime que les cas d’obésité ont doublé.

Anand Grover a présenté son rapport final au conseil des droits de l’homme de l’ONU, le 11  juin dernier. Il a alerté sur cette épidémie silencieuse, qui tue 2,8 millions de personnes chaque année.

La malbouffe en cause

Le rapporteur spécial de l’ONU pointe du doigt la malbouffe, qui n’est pas un simple problème de santé publique, mais une habitude alimentaire nouvelle qui transforme les sociétés en profondeur.

« Le coupable est la malbouffe. Particulièrement les aliments contenants des quantités élevées de sucre, de sel, ou des acides gras et des graisses saturées. Malheureusement, la malbouffe a gagné du terrain et a remplacé les régimes alimentaires plus sains » déplore Anand Grover.

Responsable de l’augmentation des maladies non transmissibles comme le diabète, le cholestérol, la malbouffe est encouragée par les industries alimentaires, selon le rapporteur. L’impact de la publicité, le poids des chaînes de supermarchés, et la consolidation d’entreprises alimentaires internationales ont favorisé une évolution des modes de vie.

La malbouffe est aussi responsable de l’augmentation des décès. Selon le rapporteur spécial de l’ONU, près de 2,8 milliards de personnes meurt chaque année de maladies cardiovasculaires causée par la malbouffe.

Les États doivent agir

Pour inverser la tendance, Anand Grover, appelle les États à agir en amont et en aval.

« Les États doivent favoriser les aliments de qualité, à forte valeur nutritive, et dans le même temps enclencher un combat contre les maladies liées à la « malbouffe » ».

Le rapporteur de l’ONU recommande aux États de formuler une politique multisectorielle, afin de promouvoir la disponibilité et l’accessibilité à l’alimentation saine et équilibrée, et pour mieux informer les citoyens sur les régimes alimentaires existants. Anand Grover encourage aussi les États à limiter les publicités sur les aliments à faible valeur nutritive, et de forte teneur en graisse et sucre. Il préconise un étiquetage précis sur les valeurs nutritives des aliments à destination des consommateurs. Enfin, il invite les États à mettre en place des mesures incitatives sur le principe du « pollueur-payeur », afin de pénaliser les aliments trop gras, trop sucrés ou trop salés.

Régime méditerranéen et fruits à coques

Le régime méditerranéen est le meilleur régime alimentaire pour limiter le développement des maladies cardiovasculaires.

« Le régime méditerranéen est pauvre en graisses saturées, il est aussi composé de peu de féculents, c’est pourquoi il est idéal pour les diabétiques » explique le cardiologue, Patrick Henry de l’hôpital Lariboisière.

Il faut aussi privilégier les pistaches, amandes et autres fruits à coques pour limiter le développement des maladies non transmissibles. Selon une étude du journal of New England, manger une poignée par jour de noix, amandes et pistache aide à vivre plus longtemps. L’étude souligne les vertus antioxydantes des noix de pécan, qui aide à protéger le cœur. La pistache, est elle aussi vanté pour son action sur la glycémie et le cholestérol. Consommer des pistaches permet en effet de diminuer sa glycémie et son cholestérol, détaille l’étude.

Le plan Obésité français se terminait en décembre 2013, et il semble difficile de mesurer maintenant son impact. Pourtant, l’obésité reste en France et Europe une préoccupation sanitaire majeure.

En France, l’obésité concernait 15 % des adultes en 2012, contre seulement 6,1 % en 1980, selon l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

L’ensemble de la population est touché par ce fléau, et plus particulièrement les plus démunis. En France, quatre régions sont particulièrement touchées : Le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie, la Champagne Ardenne, et la Haute-Normandie.

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