La médecine personnalisée améliore l’efficacité des traitements

La médecine personnalisée est centrée sur la génétique interne des tumeurs (Credit: [everithing possible]/Shutterstock]

La médecine personnalisée permet de mettre en place une approche préventive dans le domaine du traitement du cancer ou des maladies cardiovasculaires. Un évolution des modes de traitement dans laquelle l’UE investit.

Les scientifiques fondent de nombreux espoirs sur la médecine personnalisée. Grâce aux progrès de la recherche, elle devrait permettre de mieux soigner les patients et d’offrir un accès plus large aux traitements. On retrouve le plus souvent cette approche personnalisée dans le traitement des cancers. En effet, la médecine personnalisée consiste à traiter chaque patient individuellement en fonction des spécificités génétiques et biologiques de sa tumeur.

Lorsqu’un patient résiste à un traitement ou bien est en rechute, des tests sont effectués pour déterminer les anomalies moléculaires de sa tumeur. Le médecin peut alors prescrire des médicaments qui ciblent ces anomalies et bloquent l’activité enzymatique de la tumeur. Par ailleurs, une même anomalie moléculaire peut se retrouver dans plusieurs cancers. Ainsi, un même médicament peut être efficace sur plusieurs tumeurs. Ainsi la même molécule peut être prescrite pour soigner un cancer du poumon et un cancer colorectal.

« La médecine personnalisée a une approche centrée sur la génétique interne à la tumeur du patient et non pas centrée sur la personne » a expliqué le Pr Agnès Buzyn, présidente du CA de l’Institut National du Cancer (INCA), lors d’un atelier à l’université d’été du Medef.

Cette médecine tient également compte de l’environnement ou encore du mode de vie des patients. En effet, l’ensemble de ces facteurs a un impact sur l’évolution de la maladie et l’efficacité du traitement.

Profilage des risques pour les maladies cardiovasculaires

La médecine personnalisée s’applique également aux maladies cardiovasculaires puisqu’elle permet l’analyse du séquençage et du génotypage de l’ADN.

Grâce au séquençage du génome d’un patient, il est possible de calculer le risque que cette personne développe un jour une maladie. Ainsi en cardiologie, en analysant le niveau de concentration d’une certaine protéine dans le sang, on peut évaluer avec précision le risque pour un patient de développer un accident cardio-vasculaire dans les mois ou les années à venir.

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Le profilage du risque est très important pour la médecine personnalisée, car il permet au médecin et au patient d’avoir également une démarche préventive. Médecin et patient peuvent donc intervenir en amont pour traiter plus rapidement et efficacement le patient.

Les industries pharmaceutiques mises à contribution

Pour Philippe Monteyne, vice-président Sanofi R&D France, l’industrie pharmaceutique doit « revoir son modèle de recherche et développement  « pour rapprocher la recherche en laboratoire du lit du patient ». Selon lui, il est primordial de « mieux comprendre les maladies sur lesquelles on travaille, de mieux comprendre les malades avant d’investir des fortunes dans des études onéreuses.

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Il estime également que la médecine personnalisée s’inscrit dans une prise en charge globale au côté des médecines préventive (recherche sur la nutrition, l’activité physique), prédictive (s’attaquer très tôt aux pathologies) et participative (besoin de la participation du patient en lui donnant des moyens de mesure). Il s’agit donc d’un système qui  considère l’individu dans sa globalité.

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L’UE investit dans la recherche

De son côté, la Commission européenne a publié en 2013 un rapport intitulé « L’utilisation des technologies « -omiques » dans le développement de la médecine personnalisée ». Dans ce document, la Commission estime que la médecine personnalisée peut offrir de nouvelles possibilités de traitements pour les patients, y compris un meilleur traitement ciblé, en évitant les erreurs médicales tout en réduisant les effets indésirables des médicaments.

Par ailleurs, la Commission a accordé des fonds à plusieurs approches en médecine personnalisée liées au cancer, aux maladies cardiovasculaires ou encore aux maladies du système nerveux. 

Ainsi dans le domaine des maladies cardiovasculaire, des projets ont porté sur l’exploitation des biomarqueurs existant et émergeant ainsi que des mécanismes liés à ceux-ci pour améliorer l’identification, l’évaluation des risques, la prise de décision et les résultats cliniques tout en contribuant au développement de la médecine personnalisée et prédictive.

Environ 4 millions d'Européens et 1,9 million de citoyens de l'UE décèdent chaque année de maladies cardiovasculaires, selon la Société européenne de cardiologie. Les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont les formes les plus répandues des maladies cardiaques.

Les États membres de l'UE ont convenu de s'attaquer aux facteurs sous-jacents dans le programme d'action dans le domaine de la santé 2003-2008. Objectif : réduire le nombre de décès provoqués par les maladies cardiovasculaires.

Un élément important dans la lutte contre les maladies cardiovasculaires est de s'attaquer à ses causes, dont le tabagisme, l'obésité, une mauvaise alimentation, le manque d'activité physique et une tension sanguine élevée.

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