La nouvelle loi sur l’étiquetage des aliments fait débat

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Les aliments vendu dans les pays de l'Est sont parfois de moindre qualité qu'à l'Ouest. [epSos.de/Flickr]

La nouvelle loi européenne sur l’étiquetage des aliments est entrée en vigueur le samedi 13 décembre. Conçue pour apporter des informations plus claires, elle a aussi supprimé certains informations.

Adoptée en 2013, la nouvelle loi sur l’étiquetage des aliments en Europe devrait introduire une foule de changement dans le secteur alimentaire. Ainsi, les restaurants et cafés doivent mentionner 14 allergènes dans leur menu, comme par exemple les fruits à coque, le gluten, le lactose, le soja ou le lait. Jusqu’ici, l’obligation de mentionner les produits allergènes n’existait que pour les aliments préemballés.

Les nano-ingrédients doivent aussi être indiqués comme tels, tout comme l’origine des huiles (de tournesol, de palme ou d’olive).

L’origine de la viande fraiche de porc, de chèvre, de mouton ou la volaille doit également être mentionnée. Les caractères de cette mention ne peuvent pas être plus petits que 1,2 millimètre.

Vytenis Andriukaitis, commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire, explique que ces règles sont conçues pour le confort des citoyens, tout en restant relativement faciles à appliquer pour les producteurs.

Des délais contraignants

Les organisations de l’industrie européenne des aliments et des boissons ont déclaré que les entreprises du secteur avaient fait beaucoup d’efforts ces dernières années afin d’appliquer ces règles dans les délais.

« Bien qu’il reste des imprécisions quant à l’interprétation de certains passages de la nouvelles législation, nos membres sont déterminés à fournir les informations nécessaires da façon claire et compréhensible, afin que les consommateurs puissent faire un choix éclairé », affirmait dans un communiqué Mella Frewen, directrice générale de FoodDrinkEurope. Elle ajoutait en outre que l’industrie surveillerait de près l’application de la loi au niveau national, afin que l’ouverture du marché unique européen ne soit pas entravée.

Selon le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), la clarification des informations relatives aux aliments était devenue nécessaire après le scandale de la viande de cheval, qui avait ébranlé la confiance des acheteurs.

>> Lire : Le scandale britannique sur la viande de cheval prend une tournure « criminelle »

« Les consommateurs sont souvent pressés au moment de faire leurs courses et il n’ont souvent pas le temps de se lancer dans une chasse à l’information au dos des emballages. Les informations les plus importantes doivent bien sûr être mises en avant. Toutefois, les producteurs sont toujours libres de définir les quantités des portions. Pour certains aliments, comme un yaourt ou une pizza surgelée, la notion de portion est évidente, mais ce n’est pas le cas pour d’autres, comme les céréales ou la soupe. Des portions irréalistes servent parfois à masquer la présence trop forte de certains ingrédients qui ne sont pas sains et les législateurs devraient donc aussi définir les portions », estime Monique Goyens, directrice générale du BEUC.

Suppression du pays de naissance de l’animal

Il n’est cependant pas certain que ces nouvelles mesures suffiront à éviter un autre scandale comme celui de la viande de cheval. « L’origine de la viande fraiche est plus claire grâce à cette nouvelle loi. Les pays dans lesquels l’animal est élevé et abattu sont enfin indiqués, mais nous ne comprenons pas pourquoi le pays de naissance a été enlevé des indications obligatoires. Les consommateurs doivent avoir toute l’origine des produits, et pas une information partielle », indique-t-elle.

En France, le secteur de la boucherie s’est particulièrement irrité des nouvelles classifications proposées, qui supposent de supprimer les dénominations habituelles des morceaux de viande. Une série d’étoiles devrait désormais qualifier les morceaux de viande en catégories plus ou moins nobles ; les termes techniques comme araignée, poire ou paleron étant en revanche abandonnés, comme le regrette le boucher Christian Le Lann dans le journal Libération. « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde» explique le spécialiste en citant Albert Camus.

Les exploitants du secteur alimentaire ont bénéficié d’une période de transition de trois ans avant d’être obligé d’appliquer la loi le 13 décembre 2014.

L’indication des valeurs nutritives, comme la teneur en calories, lipides, acides gras saturés, glucides, sucres, protéines ou sel, d’un paquet de 100 grammes ou 100 millilitres ne sera quant à elle obligatoire qu’à partir du 13 décembre 2016.

Les attentes des consommateurs et les pratiques de vente ont fort évolué depuis la dernière législation sur l’étiquetage des aliments en général, qui datait de 1978.

Les règles concernant les valeurs nutritives ont été adoptées en 1990. Leur modification ne sera appliquée qu’en 2016.

Après plus de trois ans de préparation, la nouvelle législation a été conçue dans le but d’aider les Européens à prendre des décisions éclairées et à faire des choixplus sains.

  • 13 décembre 2014 : Entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l’étiquetage des aliments.
  • 13 décembre 2016 : Entrée en vigueur de nouvelles règles sur les valeurs nutritives.

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