La pandémie de COVID a causé des « décès évitables » de mères et de bébés selon un rapport

Selon les chercheurs, les femmes et les bébés ont vu leur état de santé se dégrader en raison des bouleversements causés par la pandémie. [SHUTTERSTOCK]

Selon une nouvelle étude du Lancet publiée mercredi (31 mars), la situation des mères et des bébés s’est détériorée pendant la pandémie de COVID-19. Les chercheurs appellent désormais à accorder une plus grande priorité aux soins de maternité pendant la crise sanitaire.

L’étude, qui a passé en revue les données de 40 études menées dans 17 pays, dont plusieurs pays de l’UE, et portant sur plus de six millions de grossesses, fournit une « indication claire » que les femmes et les bébés ont vu leur santé se dégrader en raison des bouleversements causés par la pandémie, expliquent les chercheurs.

Ils ont conclu que les risques de mortinatalité ont augmenté de plus d’un quart par rapport aux cas antérieurs à la pandémie, et que la pandémie a également entraîné une augmentation des taux de mortalité maternelle.

Le nombre de femmes nécessitant une intervention chirurgicale pour une grossesse extra-utérine a également été multiplié par six pendant la pandémie.

Étant donné que les grossesses extra-utérines peuvent généralement être traitées par des médicaments si elles sont découvertes à un stade précoce, cela pourrait indiquer que les femmes ont retardé le recours aux soins médicaux par crainte d’une infection, ou que l’offre de services de maternité a été réduite, suggère l’étude.

Elle souligne également que les résultats en matière de santé mentale se sont aggravés pendant la pandémie, six des dix études incluses dans l’analyse et portant sur la santé mentale des mères ayant signalé une augmentation de la dépression postnatale, de l’anxiété maternelle ou des deux.

Les chercheurs affirment maintenant qu’une action immédiate est nécessaire pour préserver des soins maternels sûrs dans le monde entier, en particulier pendant la crise mondiale, soulignant la nécessité de donner la priorité à des soins maternels sûrs, accessibles et équitables dans le cadre de la réponse stratégique à cette pandémie et dans les futures crises sanitaires.

Asma Khalil, l’auteur principal de l’étude, de l’Université St George de Londres, a déclaré que les perturbations causées par la pandémie ont « conduit à des décès évitables de mères et de bébés, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ».

« Nous demandons instamment aux décideurs politiques et aux responsables des soins de santé de donner la priorité à des soins de maternité sûrs, accessibles et équitables dans le cadre de la réponse stratégique à la pandémie et à ses conséquences, afin de réduire les résultats négatifs des grossesses dans le monde entier », a-t-elle ajouté.

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Erkan Kalafat, co-auteur de l’étude à l’Université de Koc, en Turquie, a souligné que les leçons de la pandémie de COVID-19 doivent être tirées pour planifier l’avenir des soins de maternité dans le monde entier.

Soulignant la nécessité d’approfondir les résultats, il a déclaré que cette opportunité d’apprentissage consistera à « étudier les mécanismes qui sous-tendent la réduction apparente des naissances prématurées observée dans les pays à revenu élevé pendant la pandémie ».

De cette manière, de nouvelles interventions préventives pourraient être identifiées et bénéficier aux femmes du monde entier, a-t-il ajouté.

Dans l’ensemble, les résultats étaient moins bons dans les pays à revenu faible ou intermédiaire que dans les pays à revenu élevé, bien que plusieurs pays de l’UE aient également enregistré des résultats moins bons.

Par exemple, l’étude a révélé une augmentation statistiquement significative, pendant la pandémie, des cas de mortinatalité, de déclenchement du travail, de rupture de grossesse extra-utérine ayant nécessité une intervention chirurgicale et de dépression dépression postpartum dans des études monocentriques menées en Italie.

Une étude nationale au Danemark a également montré une augmentation statistiquement significative des naissances prématurées avant 28 semaines de gestation.

Il est à noter que les risques de naissance prématurée ont diminué aux Pays-Bas et en Italie pendant la pandémie. La recherche suggère qu’une baisse du nombre de naissances prématurées spontanées explique la diminution du nombre de cas de naissances prématurées.

Les chercheurs concluent qu’il est probable que ce phénomène ait été provoqué par des changements dans la prestation des soins de santé et dans les comportements de la population, ce qui peut également offrir des indications précieuses pour comprendre les mécanismes sous-jacents aux naissances prématurées.

[édité par Anne Damiani]

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