La pollution atmosphérique, un danger pour la santé de milliards de personnes dans le monde selon l’OMS

Une minorité des polluants présents dans l’air provient de phénomènes d’origine naturelle comme les vents de sable du Sahara ou les éruptions volcaniques, mais la majorité provient des activités humaines : transports, chauffage, agriculture, industrie. [D.Bond/Shutterstock]

99 % de la population mondiale vit dans un endroit où les seuils préconisés par l’OMS pour la qualité de l’air ne sont pas respectés, ce qui menace leur santé. C’est ce qu’indique une nouvelle étude de l’agence des Nations Unies dans un rapport publié lundi 4 avril.

Le rapport se base sur les données recueillies par plus de 6 000 villes dans 117 pays pour contrôler la qualité de l’air. Les résultats ont montré que les citoyens vivant dans ces villes respirent quotidiennement un air contenant des niveaux élevés de particules fines et de dioxyde d’azote, en fonction des lignes directrices établies par l’OMS.

« Après avoir survécu à une pandémie, il est inacceptable de compter encore 7 millions de décès évitables et d’innombrables années de bonne santé perdues à cause de la pollution atmosphérique », a déclaré le Dr Maria Neira, directrice du département Environnement, changement climatique et santé de l’OMS.

La version actualisée de l’évaluation de la qualité de l’air de l’OMS comprend des mesures au sol des concentrations moyennes annuelles de dioxyde d’azote (NO2) et des mesures de particules d’un diamètre inférieur ou égal à 10 μm (PM10) ou à 2,5 μm (PM2,5).

Une minorité des polluants présents dans l’air provient de phénomènes d’origine naturelle comme les vents de sable du Sahara ou les éruptions volcaniques, mais la majorité provient des activités humaines : transports, chauffage, agriculture, industrie.

La santé des citoyens en danger

Respirer un ou plusieurs de ces polluants a des conséquences à court terme sur la santé comme des irritations des yeux, du nez et de la gorge mais aussi des risques à long terme sur le système cardiovasculaire ou sur le système respiratoire comme le risque de développer des cancers du poumon.

Les particules, en particulier les PM2,5, sont capables de pénétrer profondément dans les poumons et de pénétrer dans la circulation sanguine, provoquant des effets cardiovasculaires, cérébrovasculaires (accidents vasculaires cérébraux) et respiratoires. Le rapport de l’OMS met en garde contre le fait que les particules ont également un impact sur d’autres organes et provoquent aussi d’autres maladies.

La qualité de l’air étant notamment liée à notre dépendance à l’égard des combustibles fossiles, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, appelle à « accélérer la transition vers des systèmes énergétiques plus propres et plus sains ».

« Les prix élevés des combustibles fossiles, la sécurité énergétique et l’urgence de relever le double défi sanitaire de la pollution atmosphérique et du changement climatique soulignent la nécessité impérieuse d’aller plus vite vers un monde beaucoup moins dépendant des combustibles fossiles », a-t-il déclaré dans un communiqué de presse en ligne.

Les pays à faible revenu sont plus exposés

Le rapport souligne que les pays à faible revenu sont plus exposés à la mauvaise qualité de l’air en raison d’une plus forte exposition aux particules de type PM10 ou PM2,5. Dans moins de 1 % de ces pays seulement, la qualité de l’air est conforme aux lignes directrices de l’OMS.

Les habitants des pays situés en Asie du Sud-Est et en Méditerranée orientale sont parmi les plus exposés au monde, car ces régions reçoivent de grandes quantités de particules de poussière provenant du désert.

En ce qui concerne le dioxyde d’azote, les résultats montrent que l’exposition est plus homogène entre les 117 pays qui ont contrôlé la qualité de leur air.

La pandémie de Covid-19 aurait été aggravée par la pollution atmosphérique

Alors que les scientifiques établissent de plus en plus de liens entre la pollution de l’air et les effets de la Covid-19, la pression se fait de plus en plus forte sur la Commission européenne pour qu’elle fixe des ambitions élevées.

 

Le plan d’action européen « zéro pollution »

Selon l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), en 2019 en Europe, 307 000 décès prématurés ont été attribués à une exposition chronique aux particules fines et 40 400 à une exposition chronique au dioxyde d’azote.

Cependant, par rapport à 2005, les chiffres des décès prématurés causés par l’air pollué ont diminué de 33 % dans l’UE. Si ce taux de réduction des décès prématurés se maintient, l’UE devrait atteindre l’objectif du plan d’action « zéro pollution » », a estimé l’AEE dans un communiqué de presse.

Le 12 mai 2021, la Commission a présenté le plan d’action pour une pollution zéro, qui fait partie du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal), visant à lutter contre la pollution de l’air, du sol et de l’eau. L’objectif final est qu’en 2050, la pollution de l’air, de l’eau et du sol soit réduite à des niveaux qui ne sont plus considérés comme dangereux pour la santé des citoyens et les écosystèmes naturels.

Pour atteindre cet objectif, la Commission a déclaré qu’elle réduirait d’abord le nombre de décès prématurés dus à la pollution atmosphérique de 55 % en 2030.

« [La] Commission proposera une stratégie transversale pour protéger la santé des citoyens contre la dégradation de l’environnement et la pollution », avait déclaré Ursula von der Leyen en mai 2021.

Renforcer la surveillance de la pollution atmosphérique

La Commission européenne et l’OMS ont fait une série de recommandations aux gouvernements pour s’attaquer au problème de la pollution atmosphérique. « Pourtant, trop d’investissements sont encore réalisés [et contribuent à] un environnement pollué plutôt [qu’à] un air propre et sain », a déclaré le Dr Maria Neira.

L’une des mesures clés, outre la réduction du recours aux combustibles fossiles, consiste pour les gouvernements à surveiller davantage la pollution atmosphérique dans leur pays.

« L’Europe et, dans une certaine mesure, l’Amérique du Nord, restent les régions qui disposent des données les plus complètes sur la qualité de l’air. Dans de nombreux pays à faible et moyen revenu, on ne dispose toujours pas de données sur les PM2, 5 », indique le rapport de l’OMS.

Les experts de l’OMS recommandent également aux gouvernements de mettre en place des normes nationales de qualité de l’air fondées sur les dernières directives de l’OMS en la matière.

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, qui a lieu ce jeudi 7 avril, l’OMS estime que 13 millions de décès par an sont dus à des facteurs environnementaux qui pourraient être évités dans le monde.

1,8 million de décès dans le monde seraient liés à la pollution atmosphérique

En 2019, quelque 1,8 million de décès et près de deux millions de cas d’asthme ont été attribués à la pollution atmosphérique dans le monde.

Subscribe to our newsletters

Subscribe