La prévention en matière de santé très insuffisante en Europe

Entre vieillissement de la population et multiplication des maladies chroniques, les systèmes de santé des pays européens sont mis à rude épreuve. Vaccins, antibiotiques, alcool et obésité représentent de vrais enjeux pour la santé en France.

Si les Européens bénéficient globalement de systèmes de soins de qualité, la prévention demeure le parent pauvre des budgets santé européen, en dépit de son importance, souligne un rapport de la Commission européenne.

Dans cette nouvelle étude sur l’état de la santé en Europe, la Commission européenne a évalué les profils de santé pour chacun des 28 Etats membres, en partenariat avec l’OCDE. Et si les systèmes de santé diffèrent d’un pays à l’autre, la faiblesse des budgets consacrés à la prévention

Obésité et consommation d’alcool

« L’Europe n’est pas bonne élève dans la prévention de ces risques », souligne le rapport, pointant par exemple que 20% des jeunes de moins de 15 ans est en surpoids ou en situation d’obésité. Autre faiblesse, l’Europe est la région avec la consommation d’alcool la plus élevée du monde.

Pourtant, 80% de frais de santé sont occasionnés par des maladies non-transmissibles, dont les facteurs de risques sont les mêmes : tabagisme, consommation d’‘alcool, mauvaise alimentation et manque d’activité physique.

Alcool, tabac et obésité minent les progrès de la santé en Europe

L’Europe détient toujours le record mondial de consommation d’alcool et de tabac, pointe un rapport de l’Organisation mondiale de la santé. Ce qui pourrait faire baisser l’espérance de vie de la prochaine génération. 

Selon les estimations faites dans le cadre de l’étude, sur l’ensemble des 28 pays européens, 30% des maladies et de leurs conséquences seraient évitées si on supprime les facteurs de risque. Fondamentale, l’action de prévention contre ces facteurs de risque est pourtant insuffisante dans une grande majorité des pays européens, dont la France.

Prévenir ou guérir

En effet, seul 3% du budget consacré à la santé est dédié à la prévention dans les pays Européens. La France fait d’ailleurs particulièrement figure de mauvais élève en la matière, avec un budget prévention de 1,9% du budget global santé. « Un changement est nécessaire, de manière d’autant plus urgente que la population européenne est en train de vieillir », souligne le rapport.

La faiblesse de l’action politique en matière de prévention en France a des conséquences directes, relève le profil du pays dressé par la Commission. Sur la couverture vaccinale par exemple, l’Hexagone fait figure de mauvais élève. « Le taux de vaccination non-obligatoire en France est particulièrement bas », explique Sylvain Giraud de la DG Santé de la Commission européenne.

Le taux de couverture vaccinale pour la rubéole et la rougeole se situe par exemple à 30%, et celui de la grippe chez les personnes de plus de 65 ans de 51%, alors que l’Organisation internationale de la santé préconise une couverture minimum de 75%.

Le manque de prévention dans le système de santé français interroge l'OCDE

Pour l’OCDE, aucun pays n’est « premier » en termes de santé, même pas la France. Lors de la présentation de son panorama de la santé 2015, l’organisation a montré les forces et les faiblesses du système de santé français. 

Autre faiblesse de l’action française en matière de prévention, la lutte contre le tabagisme et la consommation d’alcool, où la France demeure un élève médiocre au sein de l’UE. Chez les jeunes, la France est particulièrement à la traine par rapport à ses voisins européens en matière de lutte contre le tabagisme et la pratique d’une activité physique. Chez les adultes, c’est la consommation d’alcool qui pêche.

Les antibiotiques toujours automatiques

L’exemple de la surconsommation d’antibiotique en France reflète également la faiblesse de l’action de prévention de la part des pouvoirs publics en France.

Selon l’étude de la Commission, la France est le quatrième pays le plus consommateur d’antibiotiques, derrière la Grèce, la Roumanie et Chypre. En moyenne, la consommation des Français s’avère 50% plus élevée que la moyenne européenne. Dans la foulée de la campagne de prévention « Les antibiotiques, c’est pas automatique » lancé en 2002 en France, la consommation avait décrue. Avant de remonter.

« Il faut relancer en France des campagnes de sensibilisation, car le message sur les antibiotique est passé, mais il n’est pas resté » reconnait Sylvain Giraud. La surconsommation d’antibiotique chez les humains et chez les animaux a eu pour effet le développement de souches bactériennes résistantes, qui rendent les médicaments moins efficaces.  Cette résistance anti-microbienne cause d’ores et déjà 25 000 décès tous les ans dans l’UE.

La résistance antimicrobienne fera autant de dégâts que le cancer

La résistance antimicrobienne est une véritable bombe à retardement médicale et économique. À l’approche de la journée européenne d’information sur les antibiotiques, UE et acteurs de la santé tentent de sensibiliser le public.

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