La suspension du vaccin Johnson & Johnson changera-t-elle quelque chose à la vaccination en France ?

Les autorités sanitaires américaines ont recommandé, mardi (13 avril), « une pause » dans les injections de ce vaccin, en raison de cas de caillots sanguins rares mais sévères. Tout en affirmant que cela n’aurait « pas d’impact important » sur la campagne de vaccination dans le pays. [EPA-EFE/Szilard Koszticsak HUNGARY]

La campagne de vaccination mondiale contre le Covid-19 connaît un nouveau revers, avec la suspension mardi (13 avril) du vaccin de Johnson & Johnson aux États-Unis, après de rares cas de caillots sanguins sévères. Dans l’UE, son déploiement est retardé, dans l’attente d’une décision de l’Agence européenne des médicaments. Quelles pourraient être les conséquences sur la vaccination en France ? Un article de notre partenaire Ouest-France.

Le vaccin contre le Covid-19 de Johnson & Johnson (connu sous le nom « Janssen » en Europe) est à son tour dans la tourmente.

Les autorités sanitaires américaines ont recommandé, mardi (13 avril), « une pause » dans les injections de ce vaccin, en raison de cas de caillots sanguins rares mais sévères. Tout en affirmant que cela n’aurait « pas d’impact important » sur la campagne de vaccination dans le pays. Ces doses représentent en effet moins de 5 % de celles administrées aux États-Unis jusqu’à présent.

Déploiement retardé en Europe

De son côté, Johnson & Johnson (J & J) a annoncé mardi « retarder le déploiement » de son vaccin unidose en Europe, tandis que l’Agence européenne des médicaments (EMA) devrait donner « la semaine prochaine » ses recommandations sur ce vaccin.

L’Union européenne (UE) a déjà reçu les premières doses fournies par J & J mais n’a pas encore commencé à les administrer. Le contrat de l’UE avec Janssen porte sur une commande ferme de 200 millions de doses, à laquelle s’ajoute une option pour 200 millions supplémentaires. Le groupe s’est engagé par ailleurs à bien fournir ces doses d’ici la fin de l’année.

Vaccin. Huit millions de doses de Johnson & Johnson livrées en France d’ici fin juin

Huit millions de doses du vaccin contre le Covid-19 développé par Johnson & Johnson seront livrées à la France, a indiqué le ministère de la Santé mercredi (31 mars).

Un plan de vaccination inchangé ?

Quelles conséquences un retard sur le déploiement du vaccin Janssen pourrait-il avoir sur la campagne de vaccination en France ? 200 000 premières doses sont déjà arrivées lundi (12 avril), « avec une semaine d’avance », comme l’a précisé le ministre de la Santé Olivier Véran.

Au total, près de 600 000 doses sont attendues ce mois-ci, tandis que les premières vaccinations avec J & J devraient débuter le 22 avril. Concernant la mise en place des injections, « nous n’avons pas d’éléments qui nous permettent de dire que quelque chose changerait » le plan initial, avance la Direction générale de la Santé.

À titre de comparaison, la France doit recevoir 17,2 millions de doses de Pfizer-BioNTech, 2,5 millions de Moderna et 7,4 millions d’AstraZeneca en avril, selon le calendrier prévisionnel du gouvernement. Les doses de Johnson & Johnson représentent donc, pour le moment, une part réduite de la stratégie vaccinale.

Un avis du régulateur européen attendu « la semaine prochaine »

Mais ce mercredi matin (14 avril), le secrétaire d’État aux Affaires européennes Clément Beaune a déclaré, sur France 2, avoir demandé « une vérification commune à l’Agence européenne des médicaments […] qui va nous faire part d’éventuelles recommandations » sur le vaccin Janssen. Il a indiqué espérer obtenir cet avis « dans la journée ».

Ce mercredi après-midi, l’EMA a annoncé qu’elle s’exprimerait finalement « la semaine prochaine » sur le vaccin Janssen.

Pour les plus de 55 ans

Clément Beaune a par ailleurs rappelé que les cas de caillots sanguins sévères relevés aux États-Unis concernaient des personnes de moins de 50 ans et que la France avait déjà décidé, « par précaution », d’administrer ce vaccin en priorité aux plus de 55 ans.

Le secrétaire d’État a dit espérer enfin que ces problèmes ne retarderont pas la campagne de vaccination en France. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a précisé quant à lui, ce mercredi après-midi, que le vaccin Janssen serait administré comme prévu aux plus de 55 ans.

Les doses « sont en train d’être acheminées auprès de la médecine de ville et les officines de pharmacie », a souligné Gabriel Attal.

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