La vaccination obligatoire des soignants « risque de déstabiliser les structures », selon un syndicat infirmier

10 % des postes infirmiers sont aujourd’hui vacants dans les hôpitaux. Dans les EHPAD, les effectifs sont encore moins importants, selon Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI). [Spotmatik Ltd/Shutterstock]

Depuis aujourd’hui (mercredi 15 septembre), le personnel des établissements de santé doit présenter un certificat de vaccination pour exercer sa profession. Une menace pour le secteur médical et paramédical, qui souffre déjà du manque de personnel. 

Le 12 juillet dernier, face à la progression du variant Delta, Emmanuel Macron annonçait une série de mesures pour lutter contre la reprise de l’épidémie de Covid-19. Parmi elles, la vaccination obligatoire des professionnels de santé à la rentrée. « Des contrôles seront opérés et des sanctions prises le cas échéant », avait précisé le chef de l’État avant la pause estivale.

« À partir du 15 septembre, si vous êtes soignant et que vous n’êtes pas vacciné, vous ne pourrez plus travailler et vous ne serez plus payé », avait ajouté le ministre de la Santé Olivier Véran le même jour sur la chaîne LCI.

Les soignants, les pompiers, les ambulanciers, les aides à domicile ainsi que tout le personnel travaillant dans les établissements de santé ont l’obligation d’avoir reçu au moins une première dose de vaccin à ce jour (ou présenter un certificat de rétablissement ou un certificat de contre-indication) pour aller travailler. 

Le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) craint que cette mesure ne vienne déstabiliser un secteur qui souffre déjà d’un manque de personnel : « 10 % des postes infirmiers sont aujourd’hui vacants dans les hôpitaux. Dans les EHPAD, les effectifs sont encore moins importants. Il y a peu d’infirmières et peu d’aide-soignants. Cela risque de déstabiliser les structures », alerte Thierry Amouroux, le porte-parole du syndicat, contacté par EURACTIV France. 

« Pour nous, c’est l’arbre qui cache la forêt », résume-t-il. 

Pour l’heure, impossible de savoir combien de professionnels n’iront pas travailler aujourd’hui. Selon Santé Publique France, au 20 mai 2021 91% des soignants étaient vaccinés. Si ce chiffre est plutôt positif, c’est surtout le personnel administratif qui sera plus difficile à convaincre, selon M. Amouroux. 

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« D’autre part, les EHPAD sont des lieux où on est en sous-effectif, il est difficile d’organiser une réunion sur le terrain entre les professionnels de santé et les autres personnels qui n’ont pas eu de formation sur la vaccination ou la santé publique. », explique-t-il. 

Car côté soignants, la vaccination est vue comme un « impératif moral » afin de protéger « les patients les plus fragiles », rappelle le porte-parole du SNPI.

Avant de préciser que cela ne justifie pas l’obligation vaccinale, ni chez les soignants ni dans la population générale. « Nous suivons la logique de l’OMS qui est de convaincre plutôt que de contraindre », affirme M. Amouroux.

En revanche, la communication du gouvernement pour encourager les professionnels de santé à se faire vacciner ne passe pas. «Nous sommes passés de héros à parias. On a eu l’impression d’être un peu instrumentalisés pour faire passer l’idée de la vaccination obligatoire», regrette Thierry Amouroux. 

« Beaucoup de soignants ont été choqués par le discours du gouvernement qui les mettait en accusation, alors que ce n’était pas le reflet de la réalité », ajoute-t-il, rappelant que la majorité des professionnels de santé étaient déjà vaccinés au moment des annonces du président de la République, le 12 juillet dernier. 

« Quand vous êtes soignants, vous n’êtes pas hostile à la vaccination, ou alors il y a une erreur », conclut-il. 

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