L’Allemagne se déconfine en ordre dispersé

[EPA-EFE/SASCHA STEINBACH]

Jusqu’ici considéré comme un modèle dans sa gestion de la crise, le pays se heurte désormais aux décisions tous azimuts des Länder. D’autant plus inquiétant que le taux de contagion repart à la hausse. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Douche froide en Allemagne, où le taux de contagion des porteurs du coronavirus repart à la hausse. En moyenne, chaque malade contamine désormais une autre personne, contre 0,7 individu il y a deux semaines…

Voilà qui n’augure rien de bon, alors que le déconfinement a débuté dans le pays dès le 20 avril. Une levée des restrictions qui se fait toutefois en ordre dispersé selon les régions : droit de visite à des amis, ouverture des écoles et de certains grands commerces, et même distance de sécurité à respecter varient selon les lieux. Deux mètres en Sarre, contre 1,5 dans la grande majorité du pays…

Difficile de s’y retrouver. Cité comme l’un des points forts du pays pour une gestion décentralisée de la crise sanitaire, le fédéralisme allemand apporte désormais son lot de confusion. Cela tient beaucoup à l’écart de propagation du virus observé entre les différents Länder. La Bavière, qui compte 317 cas pour 100 000 habitants, suit une politique bien plus stricte que le Mecklembourg-Poméranie antérieure, qui n’enregistre que quarante-deux cas, en moyenne.

Le même bac pour tous ?

Le cafouillage tient aussi aux compétences très larges des Länder, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. « Berlin, par exemple, a songé à renoncer aux examens du bac », explique Tom Erdmann, président du syndicat enseignant GEW à Berlin. « Mais d’autres régions ont menacé de ne pas reconnaître le baccalauréat berlinois s’il était délivré sans examen. »

Dans la capitale, comme ailleurs, l’incertitude règne dans les écoles : « 30 à 40 % des enseignants sont considérés à risque », par rapport au coronavirus, poursuit Tom Erdmann. « Les cours ont repris cette semaine, avec des classes scindées en deux voire trois groupes. Impossible, dans ces conditions et avec si peu d’enseignants, d’accueillir tous les élèves. »

Même bazar quant à la réouverture des petits magasins. Stefan Hertel, porte-parole de la fédération du commerce HDE, dénonce le « patchwork » de mesures mises en place dans les régions : « Parfois, il est possible de réduire la taille des grands magasins aux 800 m2 maximum autorisés, parfois non. Des magasins de meubles peuvent ouvrir dans des régions, mais pas dans d’autres… Cela génère de la confusion pour les clients. »

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