L’Autriche et le Danemark vont se désolidariser de l’UE pour produire des vaccins avec Israël

Une femme se fait vacciner contre le COVID-19 sur le parking d'un centre commercial près de Tel Aviv, en Israël, le 20 janvier 2021. [EPA-EFE/ABIR SULTAN]

L’Autriche et le Danemark « ne dépendront plus de l’UE à l’avenir » en matière de vaccination et prévoient de coopérer avec Israël pour produire des médicaments destinés à contrer les nouvelles mutations du coronavirus, a annoncé le chancelier autrichien Sebastian Kurz. Un article d’Euroefe.

« Les experts estiment que des vaccins seront nécessaires chaque année pour environ six millions d’Autrichiens. C’est pourquoi nous allons coopérer étroitement avec le Danemark et Israël dans la recherche et la production de vaccins », a tweeté Sebastian Kurz mardi 2 mars.

Selon l’agence de presse APA, le politicien conservateur abordera cette question avec son homologue israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors de sa visite prévue en Israël jeudi 4 mars.

L’Agence européenne des médicaments critiquée

L’accès aux vaccins par l’intermédiaire de l’UE, comme cela a été fait jusqu’à présent, est « en principe correct. Mais l’EMA [Agence européenne des médicaments] est trop lente à approuver les vaccins et il y a des goulets d’étranglement dans l’approvisionnement effectué par les sociétés pharmaceutiques », a déclaré Sebastian Kurz dans un communiqué envoyé à l’agence APA.

AstraZeneca compte produire la moitié des doses de son vaccin hors UE

Le géant pharmaceutique AstraZeneca a annoncé mardi qu’il ne pourrait fabriquer dans l’Union européenne que la moitié des doses qu’il doit fournir à l’UE au deuxième semestre et qu’il produirait ailleurs le reste des doses promises aux Européens.

Dans cette note, le chef du gouvernement annonce « un changement de cap » dans la stratégie de vaccination, non seulement de son pays, mais aussi du Danemark, de la Grèce et de la République tchèque, dans le cadre d’une coopération à laquelle participeraient également l’Australie et la Norvège.

Toutes les nations mentionnées appartiennent à un groupe appelé « First Moves Countries », formé lors de la première vague de la pandémie, lorsqu’ils ont accepté d’échanger leurs expériences après avoir constaté qu’ils avaient plus de succès que d’autres dans la lutte contre le COVID-19.

Futures mutations

« Nous devons nous préparer à d’autres mutations et nous ne devons plus compter uniquement sur l’UE pour la production de vaccins de deuxième génération », a insisté Sebastian Kurz après s’être exprimé sur la prise de position de nombreux scientifiques, qui estiment que la population devra renouveler régulièrement son immunisation dans les années à venir.

Pour faire face à cet avenir, l’Autriche, le Danemark et les membres du groupe des « pionniers » cesseront « de dépendre de l’UE à l’avenir et, avec Israël, produiront des doses de vaccin de deuxième génération contre d’autres mutations du coronavirus dans les prochaines années, tout en recherchant conjointement des options de traitement », a-t-il précisé.

Il a expliqué que l’Autriche, avec une population de 8,9 millions d’habitants, estime qu’elle aura besoin d’au moins 30 millions de doses de vaccin, car selon les experts, les deux tiers de la population devront probablement être vaccinés chaque année dans les années à venir.

Au cours des dernières semaines, Vienne a critiqué à plusieurs reprises l’EMA, l’accusant d’être trop bureaucratique dans ses prises de décision, et s’est déclarée prête à faciliter et à encourager la production de vaccins d’origines diverses, dont le Spoutnik V russe, sur le territoire autrichien.

Bruxelles défend sa stratégie commune

Mardi 2 mars, après que l’Autriche et le Danemark ont annoncé qu’ils coopéreraient avec Israël pour la production de vaccins de deuxième génération adaptés aux variants du COVID-19, la Commission européenne a défendu sa stratégie d’immunisation, consistant à conclure des accords avec des entreprises pharmaceutiques au nom des Vingt-Sept.

Bruxelles va investir 416 millions d’euros dans l’achat de deux nouveaux vaccins

La Commission européenne a décidé d’investir 416 millions d’euros dans des contrats avec les laboratoires Valneva et Novavax pour se procurer leurs vaccins contre le Covid-19, ce qui portera à huit le nombre de vaccins disponibles pour les pays de l’UE. Un article d’Euroefe.

« L’approche conjointe de la stratégie de vaccination, fondée sur la coopération et la coordination des États membres, a toujours bénéficié d’un fort soutien », a déclaré Stefan De Keersmaecker, le porte-parole de l’UE chargé des questions de santé.

Il a défendu la stratégie de l’UE, arguant qu’elle avait permis d’acheter au total 2,5 milliards de doses de vaccins et qu’il était actuellement prévu d’en produire 1,5 milliard, maintenant que les vaccins de Pfizer-BioNTech, Moderna et AstraZeneca avaient été approuvés.

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