Le commerce équitable en quête de renouveau en France

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En cette période de crise, les Français consomment moins de produits issus du commerce équitable que les autres Européens. Ce secteur se tourne de plus en plus vers des producteurs de pays en développement pour trouver une solution de rechange. Un reportage d’EURACTIV France et d’EURACTIV Allemagne.

 

Bien que largement disponibles dans les magasins spécialisés et les grandes surfaces en France, les produits estampillés « commerce équitable » ont subi, ces dernières années, le contrecoup de la crise.

 

La progression des ventes a fortement ralenti depuis 2007 et, avec une consommation par tête de 6,4 euros, l'Hexagone se situe loin derrière d'autres pays européens tels que la Suisse ou le Royaume-Uni, où le consommateur dépense en moyenne plus de 34 euros sur l'année.

 

En Belgique, les ventes de produits du commerce équitable ont augmenté de 12 % en 2012, comparé à l'année précédente. L'organisation belge du commerce équitable Max Havelaar prévoit une croissance de 15 % pour 2013. En Suisse, les ventes de produits issus du commerce équitable ont augmenté de 14,3 % en 2012, comparé à l'année précédente.

 

Ces comparaisons défavorables poussent la France à déplorer le potentiel inexploité de son secteur national. Craignant une baisse supplémentaire, les ministres en charge du développement, Pascal Canfin, et de l'économie sociale et solidaire, Benoît Hamon, ont annoncé le 29 avril un plan de soutien d’environ 7 millions d’euros au secteur en baisse.

 

Circuits de commerce équitable

 

L’aide concerne tant le renforcement des capacités des petits producteurs des pays en développement que les distributeurs déjà présents sur le marché français.

 

La production, et non la demande, pose plutôt problème. Ce projet se concentrera sur la grande et moyenne distribution, où les ventes pourraient davantage progresser, souligne Julie Stoll, de la Plateforme du commerce équitable (PFCE).

 

Du côté des pays en développement, les circuits de commerce équitable sont pourtant devenus une réalité. Les petits cultivateurs de café, de sucre, de cacao, et de coton, des denrées dont les cours sur les marchés conventionnels sont bas, tentent désespérément d'entrer dans ces filières.

 

« Il ne s’agit plus d’une niche », estime Ignace Coussement, de l’alliance Agricord, un réseau d'agences de développement du monde agricole.

 

Les contrats de commerce équitable fixent un prix de vente prenant en compte les différents coûts des petits producteurs. Comme les agriculteurs reçoivent des financements partiels préalables à la production, les contrats leur garantissent un flux régulier de revenus. Dernier pilier de cette pratique, les primes de développement permettent aux organisations de producteurs de soutenir leurs investissements.

 

Intérêts locaux

 

Les contrats contiennent également des clauses sociales et environnementales qui garantissent la protection de ressources naturelles locales.

 

Par exemple, les communautés rurales qui produisent de la quinoa en Bolivie « ont elles-mêmes fait inclure des normes de durabilité auprès des organismes de certification de produits de commerce équitable », a déclaré Thierry Winkel, responsable de la division Environnement à l’Institut de recherche sur le développement (IRD).

 

Ce cas reste toutefois une exception à la règle. Dans la nécessité de vendre afin de conserver leurs moyens de subsistance, les petits producteurs du Sud acceptent des contrats avec des entreprises agroalimentaires qui promettent une distribution à grande échelle, mais qui protègent finalement peu leurs intérêts locaux.

 

« Les petits producteurs manquent de capacités à respecter les standards de commercialisation (hygiène, traçabilité, santé…), pour entrer sur les marchés européens et nord-américains », a déclaré Gaëlle Balineau, économiste du développement du Centre d’études et de recherches sur le développement international (CERDI).

 

Le respect de ces normes constitue un obstacle pour la rentabilité réelle du commerce équitable pour les petits producteurs. Au-delà des prix, « les critères fixés dans les cahiers des charges impliquent davantage d’efforts, voire une réallocation du temps de travail entre les différentes cultures, vivrières ou pérennes », a indiqué Mme Balineau.

 

D'autres conséquences telles que le développement économique et social d’une région investie dans la filière du commerce équitable sont également difficiles à quantifier, a-t-elle ajouté.

 

Sergi Corbalán, directeur général du Bureau de plaidoyer pour le commerce équitable, a déclaré à EURACTIV : « C'est encourageant de constater que, malgré la crise, les citoyens de l'UE choisissent toujours le commerce équitable. Les décideurs politiques de l'UE ne devraient pas fermer les yeux sur les messages évidents et perceptibles en provenance des citoyens de l'Europe. Le commerce équitable, en tant que bonne pratique qui comprend un modèle d'entreprise qui permet aux plus désavantagés de faire du commerce, devrait faire partie du futur cadre réglementaire mondial de développement dès l'expiration des objectifs actuels du Millénaire pour le développement en 2015. » 

 

Les produits issus du commerce équitable offrent aux producteurs locaux des avantages et de meilleures conditions commerciales.

 

Le commerce équitable, fondé sur un partenariat entre producteurs et consommateurs, offre aux clients une manière de réduire la pauvreté à l'étranger grâce à leurs courses quotidiennes.

 

La marque « commerce équitable » signifie que les producteurs et les commerçants ont respecté les normes du commerce équitable conçues pour lutter contre les déséquilibres de pouvoirs dans les relations commerciales, les marchés instables et les injustices du commerce conventionnel.

  • 11 mai : Journée mondiale du commerce équitable (toujours le deuxième samedi du mois de mai)

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