Le diabète engendre des inégalités sociales

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La hausse du nombre de maladies chroniques est source d'inégalités sociales.

Environ 32 millions de citoyens européens souffrent de diabète et ce chiffre ne fait qu'augmenter. Plus de 9 % du budget européen lié à la santé est consacré au traitement du diabète, une maladie chronique associée aux maladies cardiaques et aux accidents vasculaires cérébraux.

Lors d'une conférence organisée par l'European Diabetes Leadership Forum le 4 mars, Tonio Borg, le commissaire européen à la Santé a souligné l'importance de la prévention dans la lutte contre la maladie.

La moitié des Européens sont en surpoids ou obèses, ce taux est de 20 % pour les étudiants, selon Tonio Borg. Il a également sommé les décideurs politiques européens de lutter contre ce phénomène.

Outre les dépenses de santé liées aux traitements, le diabète engendre aussi des coûts indirects à la société. Il provoque par exemple un ralentissement du taux de productivité de la main-d'œuvre, des retraites anticipées et le versement d'allocations sociales.

Il est pourtant possible de prévenir la plupart du temps le diabète de type 2. Le surpoids, l'obésité, un régime alimentaire mauvais pour la santé, un manque d'activités physiques constituent les facteurs de risque.

Selon des experts, promouvoir et favoriser un mode de vie sain peut empêcher ou retarder le développement du diabète de type 2, notamment chez les enfants, les femmes enceintes et les personnes vulnérables.

Conséquences sur le plan social

Le prince Joachim du Danemark, à la tête de l'Association danoise du diabète depuis 1992, a indiqué que le taux de personnes diabétiques augmente rapidement et que les répercussions dépassent même les chiffres absolus.

« Le diabète a également des conséquences très négatives sur les familles et l'environnement social », a-t-il déclaré en ajoutant qu’il faut faire en sorte que ce phénomène s'arrête. « Le coût pour inverser la tendance du chômage sera conséquent, mais un report sera encore plus cher », a-t-il précisé.

Le ministre danois à la Santé, Nick Hækkerup, a expliqué lors d'un entretien à EURACTIV que bon nombre de citoyens européens auront une moins bonne qualité de vie que prévu si la société n'agit pas.

« En outre, il s'agit d'un domaine où nous constatons une grande inégalité sociale. Les personnes des catégories sociales les plus défavorisées représentent généralement la plus grande proportion », a poursuivi le ministre danois.

Le diabète a « des conséquences économiques importantes pour une société si l'on considère l'argent dépensé dans le traitement du diabète ou les diabétiques qui ne peuvent ni travailler ni contribuer à la société dans son ensemble », a-t-il ajouté.

Laurette Onkelinx, ministre fédérale belge en charge des Affaires sociales et de la Santé publique, a déclaré pour sa part que les complications liées au diabète peuvent entraîner un handicap chez certaines personnes. Cette maladie peut provoquer la cécité, l'insuffisance rénale et entre 5 et 10 % des diabétiques peuvent perdre un membre.

« Le diabète nécessite [de prendre] une disposition multidisciplinaire cohérente et de haute qualité », a poursuivi la ministre belge.

Nouveaux partenariats

Jerzy Gruhn, président de la société pharmaceutique Novo Nordisk, a déclaré que les partenariats publics-privés pourraient être l'une des solutions clés afin de garantir que les systèmes de soins de santé soient structurés de manière durable. Ils permettraient aux diabétiques d'avoir accès à un traitement maintenant et à l'avenir, a-t-il ajouté.

Henrik Nedergaard, PDG de l'Association danoise du diabète, a soutenu ce point de vue : des actions conjointes, un leadership européen et des partenariats innovants permettront d'améliorer la vie des patients.

« À mes yeux, il va sans dire que les patients arrivent en première position. Nous devons faire en sorte que les diabétiques puissent vivre pleinement leur vie et nous avons une obligation spéciale de mettre à disposition des informations et les bonnes pratiques que les patients en Europe peuvent utiliser. »

Selon les estimations, 32 millions de citoyens de l'UE entre 20 et 79 ans (soit 8,1 % de la population) souffraient de diabète en 2013, selon l'European Diabetes Leadership Forum.

Quelque 271 300 adultes sont décédés à la suite de maladies liées au diabète de la même année, ce qui équivaut à une personne toutes les deux minutes.

Alors que le diabète est la quatrième cause de mortalité en Europe, la moitié des diabétiques meurent à la suite de maladies cardiovasculaires. Entre 10 et 20 % des Européens meurent d'insuffisance rénale, 10 % développent de graves déficiences visuelles et 50 % souffrent de neuropathie diabétique. 

  • 3-4 avril : sommet européen à Bruxelles consacré aux maladies chroniques

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