Le don de sang ouvert aux homosexuels sans condition dès le mois de mars

En France, à partir du 16 mars prochain, les personnes gays et bisexuelles pourront donner leur sang sans aucune condition préalable.

C’est une avancée considérable : le ministère de la Santé et la Direction générale de la Santé ont annoncé mardi (11 janvier) qu’à partir du 16 mars prochain, les hommes gays et bisexuels pourront donner leur sang sans aucune condition préalable.

Jusqu’à maintenant les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HRH) devaient justifier d’une abstinence de quatre mois s’ils souhaitaient participer à une collecte de sang en tant que donneurs. Cette restriction était notamment justifiée par une circulation plus accrue du virus du sida chez les homosexuels, considérée comme risquée pour les dons.

Dans la pratique cela veut dire qu’ « il n’y aura plus de discriminations liées à l’orientation sexuelle de la personne », s’est réjoui le Pr Jerôme Salomon lors d’une conférence de presse.

« Nous mettons fin à une inégalité qui n’était plus justifiée », s’est félicité de son côté Olivier Véran sur Twitter.

Ce décret a été signé mardi pour officialiser cette décision qui intervient également dans le cadre de la loi bioéthique justifiant la « volonté politique » du ministre de la Santé de rendre le don du sang possible pour tous.

Depuis 2016, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes pouvaient donner leur sang seulement s’ils avaient observé une période d’abstinence d’un an. En 2020, cette période avait été réduite à quatre mois.

Désormais ils devront simplement répondre à un questionnaire au même titre que les hétérosexuels. Le nouveau questionnaire se concentrera ainsi sur les « pratiques sexuelles » des donneurs plutôt que sur leur « orientation sexuelle », souligne le Pr Salomon.

Par exemple, il sera demandé aux donneurs s’ils ont eu des relations sexuelles sous l’emprise de drogues, des relations sexuelles tarifées ou encore des relations sexuelles avec plusieurs personnes.

Cette évolution des conditions d’accès au don du sang est rendue possible grâce à « l’extrême vigilance des autorités », a poursuivi Jérôme Salomon.

Petite nouveauté dans le questionnaire : toute personne ayant pris un traitement pour la prophylaxie pré ou post-exposition (PrEP et PEP) devra le déclarer et attendre quatre mois avant de donner son sang.

La pandémie de Covid-19 a largement impacté les réserves de sang qui sont insuffisantes. « Il y a une tension permanente », a alerté l’Etablissement français du sang (EFS) au cours de la conférence presse, qui dit disposer de 77 000 poches de sang à l’heure actuelle, alors que 100 000 seraient nécessaires.

Avec cette avancée historique pour les droits des personnes LGBTQI+, la France rejoint le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie, la Lituanie, le Portugal, la Pologne, la République tchèque ou encore la Suisse.

Dans d’autres pays comme la Belgique, l’Allemagne ou encore l’Autriche le don du sang par des homosexuels est toujours soumis à certaines conditions.

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