Le lien entre diabète et maladies cardiovasculaires devrait inciter à plus de prévention

(Credit: [ Ververidis Vasilis/Shutterstock])

La Fédération Française des Diabétiques tente d’alerter sur cette maladie silencieuse qui favorise le développement de maladies cardiovasculaires.

Le diabète est un facteur de risque majeur des maladies cardiovasculaires, puisque les diabétiques sont trois à quatre fois plus exposés aux maladies cardiaques.

Depuis 2012, la Fédération Française des Diabétiques et son réseau organisent une semaine de sensibilisation contre le diabète auprès du grand public. Du 2 au 8 juin,  se déroule la 3éme édition de la semaine de prévention contre le diabète.

« On compte près de 4 millions de personnes diabétiques en France et l’on estime que 700 000 Français ignoreraient leur maladie. Le diabète est une épidémie silencieuse en constante évolution et si rien n’est fait d’ici les 10 prochaines années, 8 millions de personnes seront atteintes » assure la fédération.

Il faut distinguer le diabète de type 1 et le diabète de type 2. Le premier concerne davantage les jeunes, et est moins répandu. Le diabète de type 2 est quant à lui plus fréquent. Il touche 2, 7 millions de personnes en France, selon la fédération.  

Le diabète de type 2 peut se caractériser par l’insulinopénie, soit la fabrication trop faible d’insuline par le pancréas, par rapport au taux nécessaire de sucre dans le sang. Il peut aussi se manifester par l’insulinorésistance, lorsque le pancréas fabrique de l’insuline, mais que celle-ci agit mal dans l’organisme.

Maladie sournoise et multifactorielle

Le diabète est une maladie silencieuse, et le développement du diabète de type 2 peut passer inaperçu. La consultation d’un spécialiste est souvent trop tardive, puisqu’elle correspond à l’apparition des premières complications graves. Ce que déplore Patrick Henry, cardiologue à l’hôpital Lariboisière de Paris.

« Le diagnostic du diabète peut être retardé, car il s’agit d’une maladie sournoise. En effet, au départ le taux de sucre dans le sang augmente à peine, de même pour la tension. Il se passe entre 5 et 10  ans entre l’installation des premiers signes (hyperglycémies) et le diagnostic du diabète » regrette-t-il.

Il existe plusieurs risques de complications du diabète de type 2, dont les maladies cardiovasculaires. Surtout si le diabétique est aussi fumeur, atteint d’hypercholestérolémie, d’hypertension artérielle, ou en surpoids.

« L’infarctus du myocarde est un risque majeur pour les diabétiques, qui y sont 3 à 4 fois plus exposés. De plus, un patient diabétique présente les mêmes risques face aux maladies cardiovasculaires, qu’un patient n’étant pas diabétique ayant déjà fait un infarctus, c’est ce qui ressort d’une étude  » alerte le cardiologue» explique le Pr Henry.

>> Lire aussi: Les femmes sont les premières victimes des maladies cardiovasculaires

Maladie de la précarité

Les premières victimes du diabète de type 2, sont aussi les plus démunis. Maladie de la précarité selon le Pr Henry, le diabète est en effet un facteur discriminant à l’échelle nationale.

« Il y a un gradient Nord/ Sud pour le diabète, possiblement parce que l’alimentation est plus grasse dans les régions du Nord. Tandis que le régime méditerranéen propre aux régions du Sud de la France, est également le seul à retenir pour les personnes diabétiques » assure le cardiologue.

Afin de limiter l’expansion du diabète, une seule solution, la prévention. En effet, une prise en charge du diabète dans la phase d’installation de la maladie, permettrait de la vaincre.

«  La tendance peut être renversée pendant la phase d’installation progressive de la maladie soit dans les dix premières années.  Passé cette période, ce n’est plus possible, d’où l’importance de la prévention » explique le Pr Henry.

 

 

Le diabète entraine la mort de 3,4 millions de personnes dans le monde selon l’OMS. Plus de 80 % des décès par diabète se produisent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. En Europe, ce sont les pays de l’Est qui sont les plus touchés. Car cette maladie est celle de la précarité. Alimentation trop grasse, hypercholestérolémie, hypertension, sédentarité favorisent ensuite le développement des maladies cardiovasculaires chez les diabétiques.

En effet, le diabète est un facteur de risque majeur des maladies cardiovasculaires, puisque les diabétiques sont trois à quatre fois plus exposés aux maladies cardiaques.

  • 2-6 juin : Semaine de prévention du diabéte 

Fédération Française des diabétiques

Institut de veille sanitaire 

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