Le mauvais suivi des traitements coûte cher à la sécurité sociale

La sécurité sociale pourrait économiser 9,3 Md d'euros si les patients respectaient davantage leur traitement (Credit: [Image Point Fr]/Shutterstock)

Les patients qui ne suivent pas correctement leur traitement coûtent 9,3 milliards d’euros par an à la sécurité sociale, selon les résultats d’une étude. Ce défaut d’assiduité, assez répandu, peut également entraîner des complications graves.

Les mauvais malades creusent le déficit de la sécurité sociale. Selon le cabinet IMSHealth, la sécurité sociale pourrait économiser chaque année pas moins de 9,3 milliards d’euros en améliorant le suivi des traitements.

Le cabinet a mené son étude en lien avec le CRIP sur 170.000 patients suivis durant un an dans 6400 pharmacies pour six pathologies chroniques différentes.

Ces six maladies (l’hypertension artérielle, l’ostéoporose, le Diabète de type 2, l’insuffisance cardiaque, l’asthme et l’hypercholestérolémie) correspondent environ au quart des dépenses de médicaments en France. Elles comportent également un risque de complication grave si le traitement n’est pas pris assidument.

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Selon l’étude, sur ces six maladies, seuls 13 % à 52 % des patients selon les pathologies peuvent être considérés comme de bons observants. Ce sont les asthmatiques qui observent le moins bien leur traitement suivi des personnes souffrant d’insuffisance cardiaques, ceux suivis pour un diabète de type 2, les individus faisant de l’hypertension artérielle ou de l’hypercholestérolémie. Ces pathologies font partie du groupe des maladies cardiovasculaires. Seule l’ostéoporose atteint un taux supérieur à la moyenne.

En Europe, les maladies cardiovasculaires sont responsables d’environ 4 millions de décès par an, selon la Société européenne de cardiologie. Chaque année, pas moins de 1,9 million de citoyens de l’UE meurent de maladies cardio-vasculaires. Les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont les formes les plus répandues des maladies cardiaques.

Le mauvais suivi, une cause de complication médicale

Selon les normes internationales, le défaut d’assiduité est caractérisé lorsque le patient suit moins de 80% de sa prescription médicale. L’étude insiste ainsi en particulier sur les risques de complication grave qu’encourent les patients s’ils ne suivent pas correctement leur traitement.

Ce sont notamment les personnes souffrant d’hypertension artérielle qui ont le plus de risque de développer des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Le coût de ses complications atteint 4,4 milliards d’euros.

Le coût de la mauvaise prise des traitements qui varie de 207 millions d’euros par an pour l’asthme jusqu’à 4,4 milliards d’euros pour les AVC. De leur côté, les attaques cardiaques dues à l’hypercholestérolémie et l’œdème pulmonaire lié à un mauvais suivi de l’insuffisance cardiaque coûteraient respectivement 1,4 et 1,6 milliard d’euros selon l’étude.

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Comment améliorer l’observance des traitements ?

Selon l’étude d’IMSHealth, ces comportements sont liés à une mauvaise estimation des risques liés à la non observance des traitements, une mauvaise compréhension du traitement ou encore à l’environnement économique et médico-social des patients.

Pour améliorer l’observance, les auteurs de l’étude proposent de mieux informer les patients sur les traitements, former les professionnels de santé à l’information et les soignants ou encore utiliser les nouvelles technologies.

De même, ils suggèrent d’inciter les professionnels de santé à promouvoir le respect des traitements tout en associant l’entourage des patients pour limiter les risques de complications liées aux pathologies.

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Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires et le cancer, sont de loin la principale cause de mortalité dans le monde, représentant 60% des décès.

Environ quatre millions de personnes en Europe et 1,5 millions de personnes dans l'Union européenne meurent chaque année de maladies cardiovasculaires, selon l'European Heart Network (EHN) et la Société européenne de cardiologie (ESC). Les principales formes de maladies cardiaques sont les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux.

Pour réduire le nombre de décès dus aux maladies cardiaques, l'Union européenne a décidé de s'attaquer aux déterminants de la santé sous-jacents derrière la santé cardiovasculaire dans son programme de santé 2014-2020.

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