Le Parlement espagnol adopte le projet de loi controversé sur l’euthanasie

Le projet a été présenté l'année dernière par le PSOE, le parti socialiste au pouvoir du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. [Alexandros Michailidis/Shutterstock]

Le Parlement espagnol a approuvé jeudi (18 mars) à une large majorité un projet de loi visant à réglementer l’euthanasie dans le pays, faisant de l’Espagne le septième pays au monde à rendre la pratique légale.

La loi, qui entrera en vigueur en juin prochain, a été soutenue par 202 députés. 141 autres députés du Partido Popular (PP) de centre-droit et du parti d’extrême droite Vox ont voté contre, tandis que deux se sont abstenus. Avec le vote de jeudi, le dernier obstacle à la légalisation de cette pratique a été franchi, a rapporté EuroEFE, partenaire d’EURACTIV.

L’euthanasie est actuellement légale aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg, en Colombie, au Canada, en Nouvelle-Zélande et maintenant en Espagne.

Le président portugais met son veto à un projet de loi sur l'euthanasie

Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa a imposé son veto au projet de loi parlementaire de dépénalisation de l’euthanasie au motif qu’il était inconstitutionnel. Saisie par le président, la Cour constitutionnelle avait retoqué ladite loi deux heures plus tôt.

Le projet a été présenté l’année dernière par le PSOE, le parti socialiste au pouvoir du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, suite à un débat interne sur le droit de mettre fin à sa vie en cas de souffrance insupportable, sans espoir de guérison ou d’amélioration.

Les députés, issus pour la plupart du PSOE au pouvoir et de son partenaire de coalition de gauche, Unidas Podemos (Unis nous pouvons), ont salué cette loi comme « historique », tandis que d’autres l’ont déplorée.

Les soins palliatifs comme alternative

Les partis qui se sont opposés à la loi, le PP et Vox, ont souligné que les soins palliatifs devraient être la seule alternative à l’euthanasie, faisant écho aux voix de nombreux catholiques pro-vie en Espagne.

À partir de juin prochain, les adultes en Espagne qui souffrent de maladies graves et incurables ou de toute affection chronique grave causant des « souffrances physiques ou psychologiques intolérables » sans possibilité de guérison ou d’amélioration, pourront demander une aide médicale à mourir, qui sera proposée par le système national de santé espagnol (Seguridad Social).

Pour exercer leur droit, les patients doivent confirmer leur volonté de mourir à au moins quatre reprises tout au long du processus, qui peut prendre un peu plus d’un mois à compter de la première demande. Le patient peut retirer ou reporter l’euthanasie à tout moment.

La loi prévoit également le droit à l’objection de conscience des médecins et établit la création d’une commission de garantie et d’évaluation dans chaque région espagnole.

Selon de récents sondages, 80 % des citoyens espagnols sont favorables à la dépénalisation de l’euthanasie.

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