Le Parlement européen revient sur le scandale de la viande des lasagnes

Food

Processed food [JaBB/Flickr]

L’origine de la viande utilisée dans les plats préparés, comme les lasagnes, n’est toujours pas indiquée sur les emballages.

Indiquer le pays d’origine des viandes bovines fraîches est désormais obligatoire, mais ce n’est pas le cas de la viande intégrée aux aliments transformés et aux plats préparés. Les eurodéputés de la commission Environnement estiment que l’exécutif doit proposer de nouvelles règles afin de restaurer la confiance des consommateurs, ébranlée par le scandale de la viande de cheval de 2013, entre autres cas de fraude alimentaire.

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Le vote consultatif de la commission spécialisée (48 pour, 15 contre et 4 abstentions) confirme la position globale du Parlement : la Commission européenne devrait donner suite à un rapport datant de 2013,  et avancer une proposition de loi obligeant les producteurs à indiquer le pays d’origine de la viande utilisée dans les aliments transformés, afin d’assurer plus de transparence et de mieux informer les consommateurs européens.

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Les eurodéputés ont souligné que le rapport rédigé par la Commission elle-même reconnaissait que plus de 90 % des consommateurs ayant répondu à l’enquête trouvent qu’il est important d’indiquer l’origine de la viande sur les étiquettes des produits alimentaires complexes. Il s’agirait d’un des facteurs influençant le comportement des consommateurs.

Les eurodéputés ont par ailleurs fait remarquer que les estimations de la Commission quant aux conséquences probables d’une telle mesure sur les prix des produits divergent nettement de celles d’une recherche réalisée par l’association française Que Choisir. Ils demandent donc une clarification sur ce point et l’organisation d’une évaluation organisée en collaboration avec des associations de consommateurs. Ce qui ne devrait pas retarder la présentation de propositions législatives.

Camille Perrin, conseillère pour les politiques alimentaires au Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC), admet que les coûts sont au cœur de ce débat. « La Commission estime qu’un étiquetage indiquant l’origine augmenterait les prix de 15 à 50 %, mais les résultats français montrent que cela n’ajouterait que 1,5 centime d’euro au prix d’une lasagne préparée. Nous partageons pleinement l’opinion de l’ENVI [commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire]. Cet écart considérable rend une réévaluation des coûts engendrés par l’indication de l’origine nécessaire », déclare-t-elle.

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En ce qui concerne les règles sur l’indication volontaire d’origine, Camille Perrin estime que les consommateurs ont le droit de savoir si le bacon qui se vante d’être britannique est produit à partir de viande de porc provenant d’un autre pays.

« L’indication volontaire, c’est positif, mais nous ne devons pas oublier notre objectif clé, qui est d’obtenir que l’indication de l’origine devienne obligatoire. L’indication volontaire est un premier pas. À présent nous nous concentrons sur le vote du Parlement, qui aura lieu dans quelques semaines. Nous comptons qu’il en résulte une résolution tout aussi ferme, exhortant la Commission à rédiger une proposition », ajoute-t-elle.

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Les eurodéputées françaises du Parti populaire européen (PPE) Françoise Grossetête et Angélique Delahaye ont commenté la position du Parlement : « Nous nous réjouissons du fait que le Parlement européen se soit enfin exprimé clairement en faveur de l'obligation d'indiquer l'origine de la viande dans les plats préparés. Nous attendons des mesures contraignantes. Nous avons présenté des amendements appelant la Commission à faire appliquer les règles déjà en vigueur en matière d'indication de l'origine des ingrédients principaux. Cela améliorerait la transparence et la traçabilité de la chaîne alimentaire, un sujet très important pour les citoyens européens. »

Le 17 décembre 2013, ma Commission européenne a soumis un rapport au Parlement et au Conseil sur les conséquences probables d'une loi obligeant les producteurs à indiquer le pays d'origine ou de provenance de la viande utilisée dans les plats préparés.

Les eurodéputés estiment qu'entre 30 et 50 % de la viande produite dans les pays européens est transformée pour la production de viande hachée et de préparations à base de viande.

  • Février 2015 : La résolution sera discutée lors d'une question orale à la Commission, avant d'être soumise à un vote en séance plénière.

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