Le Parlement réclame la fin du changement d’heure

Le changement d'heure est en vigueur depuis 1976 en Europe. [Donskarpo/Shutterstock]

L’impact négatif du changement d’heure sur la santé humaine justifie la fin de cette pratique, selon une résolution adoptée le 8 février par les eurodéputés.

Les eurodéputés veulent un horaire unique au sein de l’UE. Dans une résolution adoptée le 8 février, les élus européens ont demandé à la Commission de supprimer le changement d’heure en vigueur dans l’UE, qui intervient deux fois par an.

Ce texte adopté à 384 voix pour, 153 contre et 12 abstentions, demande concrètement à Bruxelles de réaliser une évaluation de la directive relative à l’heure d’été, et de la réformer si nécessaire. « Chaque année, ce débat revient inlassablement. Aujourd’hui, le Parlement européen a tranché et demande à la Commission européenne d’engager une sortie du changement d’heure », s’est félicitée la présidente de la commission Transports  du Parlement européen, Karima Delli, affirmant que « la raison d’être du changement d’heure est de moins en moins évidente », notamment concernant les économies d’énergie.

 « Gaspillage de la lumière »

Mis en place en 1976, le changement d’heure  visait alors à rapprocher les horaires de travail avec l’ensoleillement. Un alignement qui devait permettre, dans la foulée du choc pétrolier, de limiter le « gaspillage de lumière » et donc d’économiser l’énergie.

Cette logique énergétique a par la suite été remise en cause, puisque les gains obtenus en matière d’économie d’énergie ne contrebalançaient pas nécessairement les effets négatifs induits notamment sur la santé humaine, l’agriculture ou encore la sécurité routière.

« Aujourd’hui, les études démontrant par exemple un accroissement des accidents de la route ou des troubles du sommeil lors du changement d’heure », a rappelé Karima Delli.

Selon l’eurodéputé tchèque Pavel Svoboda, l’impact avéré sur les rythmes biologiques humains justifie également d’une remise à plat du dispositif. « 20% de la population subie des conséquences du changement d’heure sur la santé », a-t-il expliqué lors du débat en session plénière à Strasbourg, s’appuyant sur une étude du service de recherche du Parlement européen. Parmi les autres conséquences, l’élu a également mentionné l’augmentation de la consommation de tabac, d’alcool, de cas de dépression. « L’ensemble de ces conséquences indirectes auraient un effet financier atteignant environ 1% du PIB européen » a-t-il rappelé.

À l’inverse, les économies d’énergie induite par le changement d’heure seraient anecdotiques. « On avait introduit ce changement d’heure pour réaliser des économies d’énergie, mais on estime aujourd’hui que cette économie tourne autour de 0,1 à 0,5% du PIB, mais il y a toutes les répercussions sur la population », a rappelé l’eurodéputée Gesine Meissner (ALDE).

Après le vote du Parlement, la Commission européenne devrait se pencher sur la question. « Mais si nous décidions de mettre fin au système, il faudrait le faire de manière unifiée et harmonisée dans tous les États membres » a affirmé lors du débat  la commissaire en charge des Transports,  Violeta Bulc.

Les appels à la fin du changement d’heure en Europe se multiplient

Les critiques sur le cout économique du changement d’heure se multiplient à l’approche du 30 octobre. Pour l’eurodéputé autrichien Heinz Becker, la Commission doit mettre fin à cette pratique dommageable. Un article d’EURACTIV Allemagne.

La droite n’est visiblement pas enthousiaste envers cette petite révolution horaire, qu’elle qualifie d’enfantillages.

«En attente d’éléments concluants sur l’impact ou non du changement d’horaire biannuel sur la santé humaine ou l’agriculture, nous ne pensons pas qu’il soit sage d’agir. L’Europe doit intervenir moins et mieux et surtout à bon escient. Le Parlement européen doit se saisir des sujets où il a une compétence et cesser ses enfantillages. Il en va de l’image de l’institution » assure Renaud Muselier, président de la région PACA et eurodéputé LR.