Le recul des dépenses sociales affecte surtout la santé en Europe

(Credit: [Maksim Kabakou]/Shutterstock)

Alors qu’elles pourraient amortir les effets de la crise, les dépenses sociales reculent en Europe. Les dépenses de santé sont les plus affectées. En France, la tendance est inverse.

Après la crise de 2009, la plupart des pays européens ont réduit leurs dépenses de protection sociale. De 2009 à 2012, les dépenses ont diminué  dans la plupart des États membres. En 2011, dernière année disponible pour la comparaison des systèmes de protection sociale, les dépenses de protection sociale représentaient en moyenne 29 % du PIB des pays de l’UE à 27.

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La Direction générale de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS) met en évidence au sein d’un nouveau rapport le recul des dépenses de la protection sociale en Europe.

Une tendance générale en Europe

La Commission européenne avait indiqué qu’en 2010, et 2011, la part des dépenses sociales dans le PIB reculait légèrement, dans un contexte de croissance économique modérée. En 2012, dans un contexte de contraction du PIB réel, la part des dépenses sociales a légèrement augmenté dans l’UE à 27 et la zone euro à 17, où la baisse du PIB réel a été plus forte.

En 2011, la plupart des États membres ont réduit les dépenses en nature et en espèces. Les baisses ont été particulièrement importantes en Grèce, en Lettonie, au Portugal et en Roumanie et étaient inférieurs à 1% dans la plupart des autres États membres.

En 2012, les baisses ont été en général moins prononcées, mais toujours très importante dans quelques États membres comme la Grèce, la Hongrie, le Portugal et la Slovénie, tout en étant supérieur à un point de pourcentage dans d’autres États membres (Chypre, République Tchèque, Espagne, Irlande, Italie, Lituanie, Lettonie).

La France à contre courant

Du côté des dépenses sociales globales, qui peuvent inclure l’assurance chômage, vieillesse, santé ainsi que toutes les aides au logement ou à la famille, laa tendance générale a également été à la baisse dans l’UE et dans la zone euro à l’exception de douze pays.

Parmi eux, la France. Les prestations françaises ont en effet augmenté de 3,3 %, pour atteindre 653 milliards d’euros pour l’année 2012. Cette progression est tout de même à nuancer puisqu’elle a été plus lente en 2012 que durant les années précédentes. En particulier, les rythmes de croissance des dépenses de maladie et de vieillesse ont continué leur ralentissement.

Cette progression des dépenses est venue de trois facteurs. Tout d’abord, les prestations sociales, qui contribuent à elles seules à plus de 70 % à la croissance de l’ensemble de la protection sociale, puis les prestations en nature et les prestations de services sociaux.

La France a vu aussi ses recettes de protection sociale croître. Elles ont ainsi progressé de 3,9 % pour atteindre 691,5 milliards d’euros. La croissance des assiettes d’imposition et de l’augmentation des prélèvements ont favorisé cette augmentation.

Recul des dépenses de santé

En 2011, les dépenses de santé ont atteint 10,6 % du PIB pour les États membres de l’UE à 15. La France se situait un peu au-dessus de la moyenne avec 10,9 % après l’Irlande, les Pays-Bas  et le Danemark qui y ont consacré la part la plus importante de leur PIB. À l’inverse, La Lituanie et Malte ont eu les niveaux de dépenses de santé les plus bas. Le recul des dépenses de santé a été massif en Grèce, où les alertes ne cessent de se multiplier.

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Cette baisse des dépenses de santé s’explique par l’augmentation des rendements de la maîtrise médicalisée, la faible évolution des dépenses hospitalières et un contexte épidémique favorable contribuent à la diminution de la dépense de santé.

Des défis à relever

Un des défis majeurs que doivent combattre les différents pays de l’Union reste le vieillissement de la population. Cela suppose de gérer l’enjeu de la dépendance, tout en assurant le financement des systèmes d’assurance vieillesse et d’assurance maladie. On estime qu’en 2060, le taux de dépendance de personnes âgées sera de 52,6 % au sein l’UE à 27. La France devrait, quant à elle, avoir un des taux les plus faibles de vieillissement avec 47 % prévu à l’instar du Royaume-Uni et de la Suède.

De son côté, la France doit faire face à un autre problème, celui du déficit des régimes d’assurance sociale. Même si l’année 2012 a poursuivi la réduction de cette dette, celle-ci reste tout de même élevée. Le déficit est en effet passé de 6 milliards d’euros à 3,8 milliards entre 2011 et 2012.

Contexte

Au niveau mondial, l’Europe est un modèle en matière de protection sociale. Chaque pays possède sa propre réglementation en matière de protection sociale et de sécurité au travail. Tous les travailleurs et employeurs en exercice dans le pays membre sont soumis sont soumis à la règle du pays.

Même si l’Union européenne ne possède pas de compétence dans le domaine social (article 5 TFUE), le droit européen fixe les conditions minimales que chaque État membre de l'Union européenne doit remplir. Le rôle de l’Union européenne est avant tout de prendre des mesures visant à garantir que les États membres coordonnent leurs politiques.

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